Le cercle des trapézistes disparus s’en est allé .

Ils avaient pris l’habitude d’ensemencer le ciel

Leurs habits d’épi bleu et de coquelicot blanc

Tournaient en ellipse le long des cordes du vent.

On aurait dit qu’ils écoutaient dans leur voltige le silence

D’un vol de papillons noirs.

Ils ont abandonné leurs trapèzes pour de belles jeunes filles brunes.

Ils s’en sont allés le cœur libre et enflammé

Le cercle des trapézistes disparus s’en est allé .

Leur cœur gitan dort sous l’enclume du temps.

Pendant que de douces cornemuses font trembler leur trapèze dans le vent .

Je voudrais prendre leur habit de lumière et voler comme un ange noir au-dessous de la lune d’argent.