À nonante années, ma grand-mère paternelle était toujours bretonnante,
Avenante, chantonnante, étonnante, mais jamais grisonnante
Pour les pisse-froid, elle était  parfois inconvenante
Avec moi, elle était prévenante mais jamais raisonnante

À nonante années, mon beau-père est toujours aimant avec moi
Il m’accueille chez lui et s’intéresse à ce que je vis et souffre
À nonante années, il conduit et apprécie mes effets vestimentaires
Pour faire pétiller son regard de joli papa fier

À  nonante années, ma grand-mère était bien grisonnante
Mais douce, intelligente, croyante en dieu et la bonté humaine
Elle était aimée car aimante, je l’appelais ma petite mémère chérie
Et rien de détruira dans mon cœur ce lien indestructible

À presque nonante années, ma belle-mère a lu deux de mes livres
Alors qu’elle n’est pas une lectrice dans l’âme, je n’oublierais pas ce geste
Envers moi, ces compliments alors qu’elle est souvent si maladroite
Je vous aime, sachez-le, malgré tout