Que d’enfants que l’on a bercés

Que de bras qui nous ont bercés

Tous ces navires chavirés

Maintenant vêtus de brume

 

v01

 

Ces ossements pleurent

L’or des feuilles

Le chevreuil obstiné

Tel des cailloux de ruisseau

Où pousse la jacinthe blanche

 

v02

 

Pauvre tête de malheureux

Quel silence ce caveau.

Ils vont au même fleuve

Dans l’argile de la chapelle

Tempes contre tempes

Ils sont tous du même côté du bord du territoire

v03

 

Recroquevillés

Ayant perdu leur rêve

Épouvantable obscénité, car tous pareils

Nous les haïssons pour le tremblement

Qu’ils produisent en nous.

 

Je les veux nageurs heureux dans les gorges de l’immense galaxie.

 

v04