14 avril 2018

Défi #503

 

Allez, tous dans le bain !

Jacuzzi

 

5031

 

Moi, j'ai déjà donné !
(pour le défi 286)

 

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Mérite (Minuitdixhuit)

 

Parce qu’il n’en parlait jamais.

—    René, tu y as droit à la médaille de la Résistance, il suffit que tu la demandes, disait Maman.

Mais Papa ne répondait rien.

Et puis elle a arrêté de le lui répéter. Ça l’a soulagé, mon Père, ce Héros…

Il avait attrapé ce cancer qui te fait expliquer :

—    J’y avais droit, mais je ne le méritais pas.

Alors il m’a raconté. La mort annoncée est forte. Plus que celle du combattant.

—    Tu t’es battu ?

—    Oui, mais pas contre mes inconsciences.

Papa est vert, sur les draps blancs. Il règne une odeur de rayons X et d’attentions précaires. L’infirmière est belle, plus jeune que moi et elle est même plus triste que je pourrais l’être parce que : elle sait.

Moi, grâce à Papa, j’ai toujours rêvé. Et il m’a dit ce que je n’avais jamais su :

On m’a envoyé au STO, je n’étais pas plus malin que les autres, je ne me suis pas débattu, les occupants, les vainqueurs, j’avais dix-huit ans et un jour, c’est comme les parties de pétanque, il y a un perdant, c’était à mon tour de payer la tournée.

Ça ne m’a pas plu. Je ne savais que tailler la vigne. À Funkingen, ils faisaient de l’orge. La fermière avait perdu son homme en Russie. Moi, j’étais un cochon parmi ses cochons.

Alors j’ai pris le chemin du retour. Sans vache avec le prisonnier. Il suffisait d’un train. Pour moi, ça a marché. Je suis retourné au village dans un wagon à bestiaux, vide. Va savoir pourquoi on faisait rouler des wagons qui puaient l’urine, vides de toute vie, dans ce sens.

Pierre était vraiment stupide, dernier en classe, à dormir. Nul en tout sauf en gym, il avait fini milicien.

—    René, tu peux pas rester là. Maintenant que tu t’es évadé. J’ai des ordres. Je viens te chercher demain matin, à 6 heures. Et puis tu risques. Sauf si…

Au comptoir du Café des Platanes, on a continué à taper la discute, surtout de foot. Nos avis divergeaient sur Joaquín Valle Benítez.

J’ai mis mon réveil à 5 heures et j’ai bien dormi.

Les yeux pleins de colle, dans la rue déserte à cette heure, je n’avais que deux choix. Un côté, l’autre. Je n’en savais rien, j’avais surtout envie de retourner dans mes draps.

En descendant, je serais arrivé à la caserne de la milice. Facile de m’engager. Intouchable pour la suite.

En montant, je retrouvais le ruisseau de mon enfance, de mes souvenirs d’école buissonnière.

J’avais une décision à prendre et ça m’a toujours ennuyé d’improviser. La date pour désherber, celle pour tailler, celle pour sulfater, celle pour vendanger, c’est la même tous les ans depuis l’invention du servage. C’est comme l’heure du 20 heures. C’est 20 heures pile. Pas de surprise. Ça me va.

Malgré l’heure matinale, sur le pont, il y’avait Charles avec son air de certificat d’études. Je l’aimais bien. Pas plus que ce crétin de Pierre. En fait, j’ai toujours aimé tout le monde. Dans la classe unique de Monsieur Martin, il y avait tous les gamins du village. Pierre et Charles en dernière année de Primaire apprenaient les départements, moi en cagueux, je tirais la langue à faire des pâtés en guise d’alphabet.

— On t’attendait. Tu sais que t’es dans la merde, René. Viens avec nous maintenant. Au moins ça épargnera la vie de Pierre. Pour l’instant.

Il y avait des ombres de fusils dans les bosquets. Et je l’ai suivi. Surtout à cause de la rivière, j’aimais bien ses reflets, dans l’aube de quelque chose. Ce que j’ai fait après, je ne l’ai pas fait exprès.

La médaille, j’y avais droit, mais je ne la méritais pas.

 

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Comme l'Italie me botte ! (Joe Krapov)

Il n’y a rien de tel qu’un atelier d’écriture pour conjuguer le verbe « improviser ». L’animateur arrive avec un thème principal et chacun dans son coin écrit son contrechant par-dessus puis le livre aux oreilles – ou aux yeux - des autres.

Improviser sur le verbe « improviser » est une belle mise en abyme ! J’imagine que beaucoup d’entre vous, devant un champ aussi libre, auront été bien inspiré(e) s. Pour ma part j’ai choisi de vous livrer une improvisation d’il y a quinze jours sur un motif plus astreignant : l’écriture d’une suite de tankas à partir d’une photo !

COMME L’ITALIE ME BOTTE !

Au caillebotis
Bottes vertes, blanches, rouges
Sèchent sur le seuil.

Moi je joue au chat botté
Et je rêve d’Italie.

171823 cochon bottes


Je sais qu’au musée,
Signé par Botticelli,
Le printemps est beau.

C’est incroyable vraiment
Comme l’Italie me botte !

Sur un ferry-boat
J’embarquerais volontiers
Comme Cyrano.

C’est fou – péninsule ou cap –
Comme l’Italie me botte !

Du pauvre goret
Ecoutez la litanie
Quasi-rimbaldienne :

En marche ! Allons de l’avant
Vers l’Italie qui nous botte !

Sur quel paquebot
Embarquer au débotté
Jusqu’à la lagune

De Venise, vers Bologne
Ou vers Naples ou Pompéi ?

D’une périssoire
Peinte hier par Caillebotte
Je ferais navire

Si quelqu’un voulait m’aider
A ramer vers l’Italie.

Dans un port celé
De la mer Adriatique
Nous ferions escale.

Générosité d’autrui
Nous aurions des confitures

Et des marguerites
Sur des pizzas gigantesques
Aux quatre saisons.

Pays de magnificence
Vraiment, l’Italie me botte !

Pour Corto Maltese
Venise serait sa fin.
Moi, pauvre cochon,

Finir en jambon d’Aoste
Je n’y peux rien : ça me botte !


Et si vous voulez de l'improvisation musicale, en voici de la vraie :

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Évidemment ! (Walrus)

 

Avec mes idées de crétin
À près de minuit, je suis bien :
Pas la moindre idée, c'est la crise !
Il va falloir que j'improvise...

 

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Encore du (sur)vécu (joye)

On a souvent des habitudes et des gestes automatiques dont on ignore totalement l’existence.

J’avais appris cela la première fois où je suis allée au Mexique, où l’on ne pouvait pas boire l’eau du robinet.

Enfin, on peut la boire, mais on la regrette beaucoup après. C’est ainsi que j’ai pu maigrir de huit kilos en quatre semaines – sans y penser, j’avais mis ma brosse à dents sous le robinet et paf !  ¡Turista ! et ça pour le reste de mon séjour estudiantin.

no toothbrush

Bon, cette fois-ci, j’étais prête. Je savais qu’il fallait combattre les habitudes et, en arrivant à l’hôtel à Punta Cana, j’ai mis un petit message sur chaque robinet avec l'avis suivant :

NO TOOTHBRUSH

C’était surtout pour protéger mon mari chéri qui n’avait pas encore visité un pays d’eau non potable.

Malheureusement, et, en dépit de tout, des gros mots hurlés en provenance de la salle de bains le deuxième jour m’ont bien avertie du fait que lorsqu’on veut chasser le naturel, il revient au galop – eh oui, mon pauvre Iowaboy s’était rincé la bouche avec de l’eau redoutée.

alcoholHeureusement, nous étions descendus dans un hôtel avec de l’alcool à volonté. Sans blague – c’est comme Disneyland pour les dipsomanes - il y avait des bouteilles même dans la chambre, où l’on pouvait se servir de vodka, de rhum, de whiskey, et de quoi encore j’oublie.

Voyez-vous, nous, on ne boit pas très souvent de l’alcool, mais nous profitions bien des cannettes de la bière nationale – Presidente – dans le minibar gratuit. Oui, non, sans blague !

Alors, et tout comme nous avons tous deux bien écouté lors de nos cours de science, mon mari a tout de suite pris une grande bouchée de rhum pour se rincer la bouche et puis, il a avalé deux bons coups d’alcool, pendant que moi, j’ai versé un  grand verre de vodka pour laisser tremper sa brosse à dents afin de la stériliser en noyant tous les parasites éventuels. 

Eh oh, ne les pleurons pas, ils sont morts heureux. La preuve : Ni lui ni moi ne sommes allés à l’hôpital.

Ouf !

Il y avait de quoi s'inquiéter, surtout parce que chaque Dominicain nous avait prévenu dès notre arrivée :

« If you drink the water, you will die ! »

Toutefois, et grâce à notre don commun pour l’improvisation, ce ne sera pas pour demain.

sauve qui peut bis

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Une petite impro par bongopinot

bo

 



C’est un défi pas ordinaire
Qui arrive pour nous plaire
Improvisez à votre guise
Pour que l’on vous lise

Juste un mot à dérouler
A vous d’improviser
Signé Walrus
Notre maître à tous

Alors vite je me lance
Et mon cœur balance
Que se passe-t-il dans ma tête
Eh bien c’est jour de fête

Des consonnes des voyelles
Rien de plus naturel
Qu’une improvisation de mots
Qui j’espère, ne tomberont pas à l’eau

Et mes lettres s’alignent
Toujours droites et dignes
Une bulle de poésie
Toute simple et fleurie

Et voilà que j’improvise
Et ces secondes sont exquises
Sur un pas hésitant
Et sur l’humeur du moment

Ces instants d’improvisation
Avec un peu d’imagination
Ainsi serpente ma vie
Sur votre écran aujourd’hui

Voilà j’ai improvisé
J’ai puisé dans mes pensées
En l’honneur du défi
Et pour vous mes amis


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Allô… Nan mais Allô, quoi ! (Cavalier)

« Allo winer, un peu looser - non, ne quittez pas…  »

Allo… oui, vous y allez ?
Oui, nous aussi, nous irons...
Alors

Se déguiser, en guise, improviser, se débrouiller
En vêtements trouvés
Mal du grenier, en système D
Trop maquillés
Et puis après

Nous irons tous les deux par la porte de la grande ville
De celle qui stimule les monstres

Oui, nous irons
De bric et de broc
En bric et en brac

Moi, il me faut un temps d’horreur
De terreur, un temps de foin
Un temps de chien

Toi, tu te mets au feu de l’étrange
En ange
En transe
À ton visage
À tes frusques
À ta démarche
Dont l’attitude plaquera d’ors
Tous tes pas

Continuer à se déguiser, en guise, improviser, se débrouiller
En vêtements trouvés
Mal du grenier, en système D
Trop maquillés

Depuis lors, dehors, le badaud nous dévisage
Sage, en bourgeois qui ne bouge
Tout rouge, et qui ne courge :

Moi, le bourreau
Noir, épave quasi modo du bouge
En bougre

Toi, Pierrot jolie, la Colombine d’ombres et paillettes
D’ors et de sangs
Liés
Bleutée

Sous les lumières blafardes de la ville
On nous dévisage, sages, très sages
Trop sages, encore
Et encore…

On s'était déguisés, en guise, on avait improvisé, on s'était débrouillés
En vêtements trouvés
Mal du grenier, en système D
Trop maquillés
Grave

Rage. Rage !
Quand au tavernier la question :
Où de la cité
Sont donc les déguisements ?

Ha ! Là c’est Avril…
Fin d’Octobre, c’était
Ha ! Et encore cet automne ce sera 

Bon…

 

 000aloween10

 

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Dans ton lit d'infortune (petitmoulin)


L'hiver s'est invité
Dans ton lit d'infortune
Ses crocs
Fouillent ton âme
Jusque dans sa blessure
Gorgé de larmes et de nuit
Ton regard se lézarde
Ton cri s'englue
Dans le silence
Le temps grince de solitude
Tu improvises un rêve
Pour bercer ton sommeil
Abandonné à même le sol

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Improviser, ça ne s'improvise pas ! (Kate)

Improviser, ça ne s'improvise pas !

Improviser, serait-ce :

- ne pas préparer ?

- ne pas se préparer ?

- attendre, "on verra bien" ?

Ou plutôt :

En musique : on s'y connaît assez pour enchaîner quelques accords mélodieux ?

En cuisine : on a assez de provisions et de savoir-faire pour préparer quelque chose ?

En théâtre : on a tellement l'habitude de la scène, de ses codes, de ses gestes, de la voix, du sens du dialogue et de la répartie, de la joute oratoire que les matches d'impro on les gagne ?

Donc,

pour "improviser", il faut préparer, se préparer, ne pas attendre et voir à l'avance (c'est-à-dire "pré-voir") ?

Improviser, ça ne s'improvise pas !

D'ailleurs, le/les visiteur(s) se rendant dans cet immeuble n'aurai(en)t-il(s) pas (un peu trop) improvisé leur visite ?

 

IMG_2702

 

 

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