La Camarde bat ma chamade ; alors gambade, ma guimbarde ! À toute barde… et puis ho la barbe !

... Cœur en vacance, pour toujours, histrion des naguères,
n’est plus que foutriquet, freluquet au pain sec,
et on dit que rassis, desséché comme une vieille bécane
surfant sur l’océan des peines, sur des flots sans partage,
je n’ai plus de pensées…

(pensées darkwave sombres entraînantes trop traînantes,
brûlées et refoulées comme des frimas gelés) ; 

Et parfois reprenant des souvenirs vacants
qui se heurtent en tous sens aux galets de la plage,
aux passés, aux présents, sur les bielles du ressac d’ici et là en son sein,
je vois et je ressens ce que cela me fait,
comme se refluent les sanglots aux frontières des mots... 

D’autres souvenirs guimbardent
dans un bruit détonnant de bicylindre virago,
et hurlent et foncent sur la jetée…

Mes pensées fusent comme des motos ivres
lancées sur de grands couteaux emplissant l’acier bleuté 
trempé de grands cobras...

S'étalant contre l’écho rêvé de la main qu’on ne peut saisir,
qu’on ne saisira jamais, ou bien fermées contre leur gré, plaquées
comme de tristes continents à la dérive,
comme des moteurs éteints,
comme celles des hôtels affichant complet qui disent le silence... 

... Alors mes phrases telles des grumeaux de planètes en congé,
en grandes vacances,
sous les signes ascendants, descendant de mon front
jusque dans la fosse,
jusque sous le pont de levage,
au bas du vilebrequin de mes horoscopes interstellaires,
se noient dans le blanc de mes yeux

– où c’est écrit, où cela se rencontre -,

se roulent en vagues sur mes peines, sur mes ressentis,
sur ce que cela peut faire, sur ce que mes bras ne toucheront jamais...

... Au hasard, au destin, qui
tel le requin, qui tel le tigre attendant sa proie, la bonite, le phacochère,
dans le récif, dans l’herbe haute.
Quand tout s’enfuit. Il guette. Et c’est là son costume,
et c’est là son suaire.
Quand tout s’arrête. Au férié la cassure, la fermeture, la descente au garage.
Congédiées ! Aux enfers.
Et il n’y a pas d’autres issues... 

Ainsi coulant leurs soupapes et descendant au fin fond des abysses,
mes jours bathyscaphes se fissurent et éclatent. Ô
pression ! 

Alors moi j’ai mis mon âme et mon cœur en vacance...

 

 

juva2

 

 

Lisa Gerrard (Dead Can Dance) - Sanvean