Son père l’était déjà, et avant lui son grand père

Son trisaïeul, qu’il a  bien connu, l’était  aussi, tout comme   ses ancêtres sur 7 générations.

De pères en fils dit-on couramment

Armand  Maquignier est fils unique.

Célibataire dans l’âme,  il aime la vie et ne se refuse pas des sorties ébouriffantes, au volant de son coupé  décapotable, en compagnie de belles d’une nuit.

Lorsque sa mère, en vue de  succession lui a  présenté,  une plantureuse paysanne du coin,  en colérique impulsif,  il a vu rouge, son cœur s’est mis à battre la chamade… pas pour de bonnes raisons de bagatelles avec ladite demoiselle, mais  pour des raisons d’absorption un peu trop intensives d’alcool.

Ainsi,  la présentation de cette jeune fille en vue d’accordailles lui a coupé le souffle, manquant d’air, d’un coup, d’un seul, il est tombé roide sur la paille de l’étable.

 En cause son manque de modération. En effet,  à 45 ans il y a longtemps  qu’il  appuie   exagérément sur le Calvados, et ses artères sont en circonvolutions défectueuses et de ce fait, fragilisées.

 

Le diagnostic n’est pas rassurant : AVC pour parler médicalement, léger, mais inquiétant pour la suite.   Depuis, il reste impotent  dans un fauteuil.

Personne pour prendre en charge le domaine, les parents trop âgés, se lamentent et se résignent à tout laisser.

 

 

Les belles vaches,  soigneusement sélectionnées par les ancêtres,  ces tricolores, bonnes laitières normandes, sont maintenant dispersées, un géant de l’agro a racheté l’affaire.

Les ancestrales étables, bâties en torchis  avec leur  toit de chaumes, ont disparu.  

Les aïeux éleveurs-bovins doivent de retourner dans leur tombe.

 

Armand Maquignier devenu  seul héritier,  a  fait planter des pommiers pour élaborer  du cidre biologique, et il emploie de nombreux saisonniers, et ouvriers

Armand  en ce printemps contemple les  fleurs du pommier ;   il augure une bonne  récolte.

Dans ses pensées, il revoit  ses vaches pacageant  paisiblement.  Maintenant  elles  sont fondues dans l’anonymat producteur.

 Par son absurde colère,  leur lignage  a disparu.

Il se sent doublement  fautif, car   aussi   responsable de la fin de la dynastie  familiale d’éleveurs  qui a tant pâtit.

C’est fini pour lui, il ne pourra pas poursuivre,   comme ses prédécesseurs, la  dynastie des Maquignier…