02 décembre 2017

Défi #484

 

Quinze !

 

Quoi, bizarre ? Vous rigolez ?
Ce ne sont pas les sujets qui manquent :

Le rugby (ouais, bon, le Quinze de France...)
Les jeux de cartes : crapette, fifteens, scopa...
Les montages plus ou moins stables d'Arne
La balle pelote (quinze et une chasse)
Le tennis
Marignan (1515)
Le quatrocento (XVème)
L'arrondissement de Paris
Y en a même pour mon neveu chez 415

Bon, j'arrête parce que de toute façon, vous en trouverez un autre, alors...

 

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Mes Ombres Chinoises par bongopinot (193)

 


Lorsque mon grand-père
Étendait le drap mince
Au beau milieu de la pièce
On s’installait par terre

Et dès la nuit tombée
Nourrissant le salon
On faisait des bonds
Impatients d’admirer

Ses mains guerrières
Protégées de gants blancs
Derrière ce paravent
Et quand jaillissait la lumière

Il racontait des histoires
Avec ses ombres chinoises
Des animaux qui s’apprivoisent
Et à la fin une victoire

Je revois mon grand-père
Derrière ce drap blanc
Et mes souvenirs d’enfant
entourés d’ombre et de lumière

 

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Paraprofessionnellement (joye) (489)

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La Chanson de l'amnésique (Joe Krapov) (428)

Elle est très sympa, cette dame Véronique ! Voici ce qu’elle écrit, ce lundi :

Les Amnez’ziques ont sévi sur la scène cet après-midi. Ils ont continué à sévir après leur départ en laissant, qui un chapeau, qui un parapluie rouge. Comme après leur passage la météo ne s’est pas améliorée, le chapeau attend son propriétaire-chanteur sous un coin de parapluie d’un auditeur ou d’une auditrice !

Avis aux amnésiques et/ou aux étourdis dont je sais faire partie !

Merci pour votre présence à tous et toutes et pour avoir partagé ce bon moment.

Véronique

Evidemment, celui qui a oublié son chapeau, c’est encore Manu Lebichon, le chanteur historique du groupe « Am’nez zique et les Biches » dont font aussi partie Sebarjo, Chris Biche et Joe Krapov, votre serviteur.

C’est moi qui suis arrivé le premier chez Dame Véronique. Je suis venu à pied. Trois quarts d’heures de marche avec sac à dos et guitare. On peut dire que je le bichonne, mon bilan carbone !

J’allais attendre les autres dans la rue mais Dame Véro est sortie et m’a fait entrer dans sa vaste demeure. Tout était prêt pour le concert : chaises, canapés, fauteuils installés, jolie vaisselle prête pour le goûter qui suivrait. Et, en guise de rideau de scène, il y avait un très joli et large paravent.

J’ai installé mon matériel : pupitre, guitare, ukulélé, kazoo, harmonicas. Les autres sont arrivés là-dessus et tout s’est bien déroulé, le concert a été très réussi.

Juste trois bémols et un dièse :

- Personne dans la nombreuse assistance n’a jugé bon de photographier les artistes. Du coup je ne peux pas vous montrer le paravent.

- Moi-même, bien qu’ayant amené mon appareil photo compact et rose, je n’ai pas pensé à photographier l’objet. Je savais bien pourtant que « paravent » était le thème du Défi de ce samedi ! 

- Manu a oublié son chapeau sur le paravent tout comme il avait oublié son pull chez moi la dernière fois, ses sabots chez Isabelle et perdu les micros de la sono en septembre ! Un véritable Am’nez zique, il est ! 

- Du coup, pour dièse, c’est #balancetontimbre ! Sur l’air de « Je n’suis pas bien portant » d’Ouvrard, je lui ai écrit « La Chanson de l’Amnésique » ! 



Les paroles de cette chanson sont ici.

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Les branches du prunier (Emma) (48)

 

C'est un paravent, sombre et patiné, chargé d'ans et d'histoires ; sur ses panneaux de soie on voit, dans un paysage de forêt sur ciel rouge, une femme en kimono blanc dont les longs, très longs cheveux s'enroulent autour d'une montagne, face à un dragon à la gueule grande ouverte. 

Son créateur, l'artiste Nguyen Quang Trân, était spécialisé en chinoiseries parsemées de poèmes nippons, pour plaire à sa riche clientèle plus cosmopolite que cultivée. Il a représenté sur les panneaux du paravent la-femme-changée-en-pierre-pour-avoir-sans-le-savoir-épousé-son-frère, d'après le célèbre conte : Hon Vong Phu [1] 

Il a en fait réalisé trois paravents, pratiquement identiques, pour le très respectable  Maitre Dao Dang Duong.
Le premier était destiné à sa vénérable mère, le second à son honorable épouse, et le troisième à son nuage de miel, Lulu la Nantaise, qui déployait alors son art au Lotus bleu

Dans les jeunes herbes
Le vieux saule
Oublie ses racines.
 

Au lotus bleu, le paravent de la montagne fut le décor flamboyant de somptueuses mises en scène. 

Au parfum des fleurs
Je ne montre que mon dos -
Changement de robe.
 

Plus tard, il servit à  Lulu à "cacher son fourbi"  quand, l'heure de la retraite ayant sonné,  elle se mit à son compte  aux  volets rouges[2]

Chaque fleur qui tombe
Les fait vieillir davantage
Les branches de prunier !
 

Hélas survinrent les événements que  vous savez. 

Rien ne dit
Dans le chant de la cigale
Qu’elle est près de sa fin.
 

Lulu disparut dans la tourmente, le paravent fut volé puis  revolé à son voleur, pour réapparaître, dix ans plus tard, dans une brocante, et depuis compléter son  honorable CV à des fins lucratives, au gré des modes.

Le voleur
M’a tout emporté, sauf
La lune qui était à ma fenêtre.


- Venez voir, chers amis, la merveille que Charles Edouard m'a offerte pour nos noces d'or…
Selon l'antiquaire, il a appartenu à Puyi, vous savez, le dernier empereur de Chine…
 Mathilde ajoute, avec un petit rire modeste et charmant :

- mais je n'ai pas pu le vérifier… 

Un rayon de soleil qui danse semble faire ricaner le dragon. 

Quand les pruniers fleurissent
Les belles du bordel
Achètent des ceintures.

haikus de Yosa Buson, Chiyo-Ni,  Matsuo Bashõ , Ryokan, Chiyo-Ni

 


[1] Hon Vong Phu : La Montagne De La Femme Qui Attend Son Mari

[2] une p'tite taule de Biénoa pas très loin de Saigon...

 

 

em

 

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Aux accrocs de la brume (petitmoulin) (53)


Aux accrocs de la brume
L'écrié de la mer
L'encre de ta soif
Aux éclats de la nuit
Ivre de poésie
Nouée sur les embruns
La voix à même la peau
En corps de solitude
Paravent de tes mots
Repliés dans la main
En tristesse profonde
Sur un bout de papier
Tendu jusqu'aux étoiles

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Japoniaiseries (Vegas sur sarthe) (377)


Le bruissement soyeux, délicat et sensuel des tissus qu'on abandonne ayant cessé, je réalisai avec ravissement que le seul rempart qui me séparait à présent d'Albertine était ce frêle paravent de papier décoré de suggestives japoniaiseries faites de couples imbriqués, sexes béants et verges folles.
Le décorateur avait-il peint ces horreurs à dessein pour le supplicié qui souffre de ce côté de la frontière des rêves ?

Soudain j'ai eu chaud, très chaud, aussi ne gardai-je que mes caleçons molletonnés qui contenaient à grand peine une érection naissante.
Mais bizarrement les bruissements reprirent de plus belle, ponctués de plaintes sourdes et de râlements indéfinissables.
La demoiselle se pâmait-elle déjà? Se pouvait-il que par transparence elle jouisse des mêmes oeuvres libidineuses ?
J'osai un "Besoin d'aide, ma chère?" auquel répondit un gloussement de gorge à faire frémir le rempart ténu :"Non point mon ami... je serai bientôt prête"
Albertine allait être "prête" rien que pour moi, mais prête à tout ?
Dans mon excitation je heurtai le paravent du bout du pied et le maudit écran tomba... tout comme ma virilité au spectacle sidérant qui s'offrait à mes yeux.

Albertine poussa un cri d'effroi, les yeux écarquillés et croisant vainement les bras sur un étrange costume, un pantalon plissé équipé d'un dosseret qui ressemblait à un hakama de samouraï!
"Que faites-vous dans cet accoutrement?" s'étonna t-elle.
J'aurais pu lui retourner sa question.
Les hommes s'imaginent que les paravents sont les antichambres du plaisir alors qu'ils ne servent finalement qu'à changer d'apparence et à exacerber les sens; j'avais fantasmé sur des motifs suggestifs dignes du kama-sutra et voilà qu'une poupée en camisole annihilait toute libido.

Pris d'une rage inconnue j'entrepris sauvagement de dénouer les lanières avant croisées derrière la taille et revenant sous la ceinture puis les lanières arrières nouées sur l'avant et englobant les deux brins avant ainsi que l'avait conçu un fou furieux dans le lointain Empire du soleil levant.
J'arrachai les velcros avec de grands "scrrratch" qui couvraient à peine des cris effarés et je libérai enfin les sept plis du pantalon... sept plis liés à sept vertus qu'elle me récita à l'oreille à mesure que je les soulevais un à un.
Je découvris tour à tour la bienveillance, l'honneur, la courtoisie puis la sagesse et la sincérité... et puis vint la loyauté.
Ecartant toute loyauté d'un revers de main j'en terminai avec la piété au risque de me damner pour de bon.
Troussée au beau milieu de ses falbalas et fanfreluches, Albertine s'était pâmée, quant à moi – moulé dans mes caleçons d'un autre âge – je découvrais dans le reflet d'une psyché un type que je ne connaissais pas.

Ainsi donc le miracle du paravent – prétexte à tant de folies au théâtre de boulevard – n'avait pas opéré sur nous; la belle était dans les vapes et moi au trente sixième dessous...
Abandonnant Albertine à sa pâmoison je redressai le paravent – seule chose en passe d'être redressée en la circonstance – et m'y réfugiai pour me rhabiller à la hâte.
C'est alors qu'une voix rauque me cloua sur place, une voix que je ne lui connaissais pas et qui disait :"Qu'attendez-vous mon ami... ranimez-moi ou alors tuez-moi mais faites vite!"

 

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Derrière le paravent (Laura) (125)


Derrière le paravent, Cannelle a laissé avec ses vêtements, sa fausse pudeur, ses complexes,
Sa timidité. Son amant à moitié asiatique l’avait dépouillé des principes inculqués par sa Famille alors que dans ses veines coulait plus de feu que de sang de sa naissance. Il l’avait Découverte belle des qualités qu’on nommait ailleurs des défauts .
Devant le paravent, il l’attendait pour lui dire qu’elle n’aurait plus besoin de se cacher derrière
Des vêtements, simples voiles de décence en public mais oripeaux inutiles aux délices Asiatiques.
Nue devant l’artiste et sa toile, elle fit tomber le paravent et son amant sur le lit.

 

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Le paravent (Pascal) (101)


En été, pour tempérer la chaleur étouffante de notre maison, m’man coinçait dans l’encadrement de la fenêtre de la salle à manger une sorte de paravent qu’elle avait confectionné avec une petite armature rectangulaire en bois et un morceau de natte de plage qu’il nous restait des dernières vacances. C’était agréable, cette vraie clarté du dehors. A l’heure de midi, on pouvait mettre les volets à l’espagnolette tout en gardant notre paravent en place. Quand septembre se prenait encore pour juillet, on déjeunait, que dis-je, on pique-niquait dans la pénombre et la lumière du jour, en même temps.
Il nous isolait des curieux voyeurs qui passaient devant notre fenêtre du rez-de-chaussée. Pourtant, elle était fière quand un collégien passait en reniflant la rue jusqu’à notre fragile façade pour dire combien son repas posé sur notre table sentait bon.
Ma mère avait le chic pour m’émerveiller avec ses inventions simples et extraordinaires. Tout gamin, j’avais donc la vision du ciel en vrai quand je voulais regarder dehors. Les feuilles du vieux platane du jardin d’en face souffraient elles aussi de la chaleur estivale. Pendues au bout de leur tige, elles se vrillaient aux brûlures du soleil entreprenant.
Les moineaux indiscrets venaient chanter jusque devant notre fenêtre ; leurs piaillements si proches étaient les refrains de la fin de l’été. A l’étage, on ouvrait la fenêtre d’une chambre pour faire un courant d’air mais quand une porte claquait, cela avait le don de faire râler mon père…

Les parfums de notre petite rue s’engouffraient dans la salle à manger comme pour se protéger de l’évaporation brûlante du dehors. En face de la maison, le poteau électrique en bois exhalait ses effluves de produit goudronné ; clandestine, la fumée de la cigarette d’un quidam s’insinuait subrepticement et quand une dame passait dans la rue, son parfum s’invitait jusque dans la salle à manger.
Cette ouverture, c’était notre clim, notre coin de ciel bleu, comme disait m’man. C’était drôle, on était dedans, tout en étant dehors. C’était l’heure incertaine où les petites choses avaient une grande importance et où les grandes choses étaient des guerres devenues lointaines, pas si importantes, en fin de compte. Petit voyeur à l’écoute, j’entendais les conversations des collégiens, les chuchotements des amoureux main dans la main, les sifflements des chansons des passants, leurs toussotements, la cadence de leur pas, le haut de leur chapeau quand ils marchaient près de la fenêtre. Quand une voiture passait trop vite, sa poussière venait nous visiter, ce qui avait le don de faire râler mon père…

A l’envi des courants d’air, le paravent battait mollement dans l’encadrement de la fenêtre. C’était la voile de mon bateau pirate ; dehors, c’était le monde dangereux des choses que je ne connaissais pas. C’est un peu comme si on entrouvrait notre nid familial à des inconnus. Quand j’étais seul, avec mon fusil à flèches, je montais sur une chaise et je surveillais les gens qui passaient comme s’ils étaient des potentiels ennemis de notre maison. Je grimaçais, je fronçais les sourcils, je mettais les poings sur les hanches ; j’attendais leurs assauts pour protéger ma famille.
En automne, les rayons de soleil n’avaient plus la même inclinaison dans la pièce ; les rôles s’inversaient. Les meubles toujours à l’ombre se retrouvaient au soleil et ceux qui étaient à sa lumière se cachaient dans l’obscurcissement. Comme un fait exprès, à l’heure des informations, le contre-jour plaisantin se placardait immanquablement sur l’écran de la télé ; ce qui avait le don de faire râler mon père…

Pour ajuster son appareillage, m’man n’avait rien trouvé de mieux que deux bouchons de champagne, souvenirs d’anniversaires, qu’elle coinçait entre les battants et le cadre de la fenêtre ; le liège satisfaisait bien au serrage contre les montants. Pourtant, au coup d’un vent furieux, cet échafaudage précaire tombait et les deux bouchons s’enfuyaient dehors ou s’en allaient rouler derrière les meubles ! A quatre pattes, je fonçais sous les chaises, je tendais le bras sous le buffet, j’y retrouvais mes petites voitures, je cherchais dans les fils de la télé ! Quand on tardait à retrouver le dernier des bouchons, ma mère, un brin malicieuse, disait qu’on devrait boire une autre bouteille de champagne pour réajuster son cadre à la fenêtre ; ce qui avait le don de renfrogner mon père…

Ce qui était le plus merveilleux, après le patatras général, c’était le sable de la plage qui tombait encore de la natte ! Aux abords de la fenêtre, tout à coup, c’était toutes les vacances qui crissaient sous mes pas de petit curieux ! En passant la main sur le lino, j’arrivais à en faire un tout petit tas ; pas de quoi en faire un château ni même un pâté. Avec un doigt, je le goûtais et je retrouvais la saveur de la plage. Vite, je regardais le ciel si bleu pour voir si une mouette ne nous avait pas raccompagnés, avant que mon père ne passe un coup de balai… en râlant…

 

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