Paysages de maléfices (Laura)
À force de regarder des tableaux, je finis par ne plus pouvoir me voir en peinture
À force de fréquenter les sorcières en tableaux, j’ai du attirer sur moi des maléfices.
Est-ce « Le sabbat des sorcières » de Francisco Goya qui a décidé de ma jeter un sort[1] ?
Quand elles ont pris leur envol[2], ont-elles plané sur mon crâne pour qu’il me déchire ?
Le taureau qui présidait leur assemblée semblait pourtant si sympathique…
« La sorcière au chat noir [3]» de Paul Ranson avait beaucoup d’autres préoccupations
Pour se pencher sur mon cas ; j’avais presque envie de la consoler.
Otto Dix aurait-il relevé sa sorcière blonde[4] de son drap rouge pour me poursuivre ?
Devant « La Célestine [5]» de Pablo Picasso, j’hésitais encore entre pitié et peur.
Quelle potion maléfique, la sorcière de Paul Ranson faisait-elle mijoter dans son chaudron[6] ?
Dans la forêt, « les sorcières [7]» de Paul Klee jetait des maléfices naturels comme des douleurs.
Ma grand-mère n’a jamais ressemblé à la « Sorcière bretonne[8] » de Paul Sérusier ;
Elle fut plutôt la bonne fée qui de sa baguette magique me donnait de la confiance.