Les murs étaient infranchissables.
Très hauts , trop gris.
Alors je suis parti du bleu du ciel .
Qui enveloppe tout le reste .
Une étoffe de voile de mariée
Vers qui ma joie sans objet s’envolait comme un moineau
Un ciel prophétique qui me donnait des ailes
Moi le bagnard sur qui
Les portes s’étaient refermées.
Un mystère enveloppait le silence de ma cellule .
Un silence si épais  qu’un couteau n’aurait pu le fendre.
Un silence paradisiaque qui fracassait tous les bruits du ciel .
Et moi dedans , qui ne pouvait arrêter  cette hémorragie

De ce bleu qui pénétrait mes veines.

Sans le vent , sans la brise, sans l’odeur
Plus aucun intermédiaire et moi comme un enfant aux pieds lacérés par les chaînes
Pareil à un perce neige
Au cœur de ce vide sidéral je le voyais .

v


Lui dans sa transparence sidérante .

Dans cette inquiétude tangible il étouffait l’horizon de mon ciel .
L’émerveillement qui était le mien , faisait de moi un oiseau mort
Un destin minuscule devant sa délicate présence  .
J’appartenais alors à la confrérie des témoins tels des rayons qui partaient du centre
Pour en faire le récit extasié de sa rencontre .
Un chant profond remontait des cellules de la prison
Cette langue des hommes oubliés  à la mâchoire cassée.
 La relique respirait maintenant si bruyamment qu’on pouvait voir sa poitrine se soulever et le front des hommes se plisser sous le vent .
Les murs s’apprêtaient à s’effondrer  sur eux comme une erreur judiciaire .

J’ai ramassé des brides de sa présence ,
Je sais je ne devrais pas voler l’insupportable comme un bègue vole la langue des autres.
Une vague géante marche sur l’extase sucrée de ce moment .
Depuis j’ai tout oublié avec  le voisinage des tendres hommes libres .