Posé sur la croix d'une tombe, un passereau s'ébouriffait.

C'était à l'heure bleue, cet espace entre jour et nuit.

Le soleil hésitait : tantôt il pâlissait sur la ligne d'horizon,

tantôt il reprenait vigueur, brillant de tous ses rayons.

Le ciel, doucement, s'assombrissait à travers des nuances

de bleus et de gris savamment orchestrés

qu'un peintre fou avait badigeonnés

à grands coups de pinceaux.

De blancs nuages échevelés,

dans l'azur, s'effilochaient.

Des piaillements résonnaient alentour,

des trilles se répondaient en échos,

des moineaux espiègles se pourchassaient

dans une ultime poursuite.

La terre exhalait des parfums d'herbe et d'humus.

Le temps était suspendu, l'air semblait immobile.

Il faisait bon entre ciel et terre.

C'était l'heure bleue où tout se pose,

où tout repose.