Il fait beau. Nous sommes à la fin du printemps. Le salon de jardin est ressorti. 

C'est agréable, ce soleil qui caresse la peau sans la brûler.

Il est là. Comme chaque année. Son éternel chapeau protège son crâne nu des premiers rayons du soleil , qui, il le sait, peuvent être méchants. 

Sa montre brille plus que d'habitude. C'est bientôt l'été. 

C'est l'heure du thé. Le premier thé dehors de la saison. Il y en aura des dizaines d'autres. 

Elle est là, elle aussi. Cachée, discrète, effacée. À quoi pense-t-elle? Qu'a-t-elle dans les yeux, que ses lunettes s'efforcent de dissimuler? 

Ils sont là tous les deux, immuablement, d'année en année. Ce même jardin, ce même mobilier, ces mêmes grands arbres dans l'allée. 

Et jamais ils ne se sentent observés.