29 juillet 2017

Défi #466

 

Marvao, mai 2003

L'est pas tapé le cardinal ?

 

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Participation de Thérèse


Brouillard s’étale dessus la terre tel un suaire
Obscurité s’éternise dans un demi-sommeil
Nuit engloutit mon esprit à l’infini.
Je me vautre dans la fange nauséabonde
de mes pensées doucereuses, douloureuses.
Lignes sirupeuses écrites au fil du temps
que je relis dans les coups de cafard.

J’ai acheté un bouquet de tulipes :
tu les avais toujours aimées.
Je les ai posées sur ta tombe :
elles sont là aujourd’hui encore si belles.
Imperturbables, elles résistent au vent et à la pluie,
comme un gage éternel de mon amour pour toi.
Flammes figées dans le gel de l'hiver,
elles dansent dans une explosion de lumière.

Ombres chinoises sur un ciel doré
Comme une encre de chine sur papier doré
Les arbres pétrifiés dans le froid
Tendent leurs bras décharnés.
Des alignements de nuages
Comme un raz de marée déferlant.
La lune est tombée sur l’horizon
Boule dorée sur le noir de la nuit.

Tu me manques…

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La tulipe par bongopinot

 

 Grand-Bigard, avril 2011


Pour tous les gens
Amis du printemps
Poussés par le vent
Assis sur les bancs

Un parterre de fleur
Aux vives couleurs
Aux douces senteurs
N’est que du bonheur

Tulipes multicolores
La terre se colore
Et forme un décor
Tout le monde adore

Le vert le rouge
Le jaune l'orange
Un coloriage
Pour tous les âges

Filles et garçons
À toutes saisons
Comme une passion
Attendent sa floraison  

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Autant en emporte le plat : Épisode Troisième (joye)

L’histoire jusqu’ici : http://samedidefi.canalblog.com/archives/2017/07/22/35496137.html 

- Mais ! cria Garceline, qui retenait son souffle depuis le dernier épisode du samedi dernier, comment se fait-il que ton frangin Pierre soit fait de marbre ?

- C’est une longue histoire, murmura Hammour. C’est un sortilège jeté par…

- Par une vieille sorcière ! interrompit la jeune femme, encore maîtresse de ses excellents poumons.

Hammour et Pierre se mirent à rire tous deux. Garceline examina furtivement son futur beau-frère non sans un brin de rancune.

- Beuh non, une sorcière ! Hihihi ! Non mais, tu te crois où, dans un conte de fées ou quoi ? ricanèrent les deux frères.

- Bah, comment croyez-vous que j’ai perdu ma jambe ? cria Garceline.  Hein ? Dans un accident de moto ?  Ses deux yeux la couleur des arcs-en-ciel scintillaient comme font les arcs-en-ciel en colère.

- Non, non, allez, du calme ! chuchota Hammour qui la prit dans ses deux bras musclés.  Nous savons bien que…

Garceline se laissa bercer contre la superbe poitrine musclée de son héros gitan.

-…que c’était un crocodile qui te l’a bouffée ! riposta Pierre, et c’était reparti.  Les deux frères hurlèrent de rire. Hammour riait si fort qu’il laissa tomber par terre la pauvre Garceline.

- Arrête ! Arrête ! gémit le pauvre Pierre. Je vais craquer !!  Son frère Hammour roulait par terre, pleurant.  Pierre, ne pouvant pas rouler par terre, sauf lors des tremblements de terre, notons, se contenta de regarder son frère, et d'émettre des ho ho ho de sa bouche arrondie.

- Hammour ! C’est pas…gravier ! hoqueta-t-il, entre bouffées de rire.

La jeune femme qui se releva difficilement, alla chercher sa jambe sous le lit.  Il était bien temps qu’elle s’en aille, pas la peine de gaspiller le dernier bout de sa jeunesse sur un prétendu roi des gitans, sans parler de son beauf de frangin de granit, noméo ! Elle rédigeait déjà dans sa tête une lettre de réclamation au syndicat de la forêt magique. Mais ! Quelle idée de laisser entrer des bouffons minables qui se moquaient des pauvres unijambistes…

D’un coup, elle entendit la sonnerie de la porte du cottage. Soit une sonnerie, soit le cri d'un ogre. Non, non, c'était une sonnerie...

- Garce’ ! Hihihi ! cria Hammour, sa poire de gitan encore fendue.  C’est pour toi !

Garceline regarda par la fenêtre, où elle vit ce vilain nain Vonceralet.  Pour elle ? Mais qu’est-ce qu’il veut, lui ? se demanda-t-elle, avant d’aller répondre à la porte. Elle l’ouvrit et vit non pas le vilain nain-serviteur d’Hammour, mais un énorme bouquet de tulipes, jaunes et rouges comme les couleurs de son équipe préférée, les Cyclones d’Iowa State !

Fanfan

- Oh ! Fanfan ! s’exclama-t-elle, avant de s’évanouir.

~ À suivre ~

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Ecrire à Rimbaud. 1 (Joe Krapov)

170715 Nikon B 012

Monsieur Arthur Rimbaud
B.P. 01 au vieux cimetière 
08000 Charleville-Mézières

Mon cher Arthur

«En avant Fanfan la Tulipe
En avant, La Tulipe, en avant !»

Comment puis-je nommer autrement que «Poésie» ce dérèglement de tous mes sens qui va me faire écrire, partant d’une photo de tulipes, sur Gérard Philipe, les Choeurs de l’Armée rouge et le cimetière marin de Sète ?

«Alchimie du verbe » ? Le Défi du samedi, depuis de nombreuses années déjà, nous incite à mélanger les nôtres avec des adjectifs et des noms propres (ou pas), ce sous la houlette d’un chimiste en chef promu depuis peu expert en «éprouvettes» (ou alors c’est moi qui fatigue !).

DDS 465 affiche Fanfan la tulipe

«Yoyotage de la touffe» ou «Alzheimer précoce» ? Peut-être ! Ces résurgences de  «pop culture» qui me taraudent et qui m’occupent te feront, sans doute aucun, une belle jambe à toi qui dors sans l’une et même sans étoiles sous la terre de Charleville.

C’est donc bien l’interprète du «Fanfan la Tulipe» de Christian-Jacque, le sieur Gérard Philipe, que cette photo de tulipes m’évoque en passant par le biais de la chansonnette introductive d’Emile Debraux, pondue en 1819.

J’ai dû voir ce film quand j’étais enfant et cela ne rajeunit personne. La télé était en noir et blanc, le film aussi et la vie en sépia ou, au mieux, en couleurs de Polaroïd. Pour les gens de ma famille ce Gérard Philipe était déjà une icône de la même manière que toi, mon Arthur sans saisons ni châteaux, tu en es une pour moi.

Il y avait à la maison le disque 33 tours du «Petit prince» sur lequel le plus admirable des acteurs prénommés Gérard prêtait sa voix à l’avia-narra-teur tombé en panne dans le désert et à qui Georges Poujouly demandait : «S’il vous plaît, dessine-moi un mouton ?».

DDS 465 Le Cid

Quelques années plus tard nous l’avons retrouvé en Cid campeador dans le Petit classique Larousse de la classe de 6e ou 5e et son portrait dans ce costume positionnait beaucoup plus haut dans nos esprits, par-dessus la guerre froide et les «Ôte-moi d’un doute », la grandeur de la littérature et du théâtre classiques.

On aurait sans doute pu nous donner encore à voir «Le Rouge et le noir» et «Le Diable au corps» mais entre-temps la musique yéyé, les duels Anquetil-Poulidor, la rivalité Stones-Beatles, Astérix et les héros de«Pilote mâtin quel journal» étaient arrivés et ça nous intéressait aussi. C’est ça, la pop culture : c’est ce qui te détourne de la littérature et de la réflexiture.

Chez nous Gérard Philipe était surtout «un camarade». Un des «copains» de mon grand-père à l’instar d’Aragon, Picasso et Jean Ferrat et de ceux qui ont suivi, comme tu le fis toi-même pendant la Commune de Paris, le rêve d’un Homme résolument moderne voire nouveau. Pour ma part je ne mets pas de majuscule à «homme» et j’ai toujours préféré l’antique !

J’ai bien repensé à cette époque-là l’autre jour en cherchant sur Internet les paroles forcément bretonnes et les accords heureusement simples du premier tube d’Alan Stivell, «Tri Martolod yaouank». C’est que je suis tombé alors sur cette vidéo-ci et je me suis trouvé très heureux de ce partage inattendu de langues, de musiques et de culture populaire entre ces Russes et ces Bretons-là, réunis pour le plus grand plaisir de mon seul et unique neurone. 

 

DDS 465 fanfan

De la même manière ce sont des camarades roumains qui m’ont permis de remettre la main sur cette bande dessinée-là, qui paraissait dans un journal de la même famille d’utopistes, où Gaty et Nortier avaient redonné à Fanfan la Tulipe les traits de Gérard Philipe.

Comme je pense tout à coup à Claude Rich qui vient de disparaître et que j’aimais bien aussi depuis «Je t’aime, je t’aime» d’Alain Resnais, et en me rappelant également une autre icône de ce temps-là, le cosmonaute Youri Gagarine, j’en viens à me demander comment il se fait que certaines personnes ont cette aura si particulière, cette humanité sans fanfaronnade, ce sourire charmant et ce pétillement dans le regard qui nous les rendent si proches de nous et, à jamais, aimables ?

Je suis retourné récemment dans le village où tous ces souvenirs d’enfance avaient, autrefois, statut de réalité ambiante. Comme je m’y adonnais à des travaux de peinture de porte et que dans la pièce à côté un reportage télévisé sur la ville de Sète était diffusé, je me suis interrompu pour aller admirer des images paisibles du cimetière marin de cette cité. Je me suis dit que j’irai un jour saluer l’oncle Georges qui chantait à l’époque de «Fanfan» et de «Lorenzaccio» ses gaudrioles uniques, poétiques et essentielles.

Si je passe un jour à Ramatuelle, j’irai saluer Gérard Philipe. Je déposerai peut-être une tulipe sur sa tombe ? Pas sûr. C’est que je ne suis pas très doué en matière de recueillement mélancolique. A ce propos d’ailleurs, mon cher Arthur, je suis désolé de n’avoir pas fleuri ta demeure dernière. Je ne suis pas du genre à jeter des fleurs aux gens qui sont toujours vivants en moi.

Mais le cœur y est !

DDS 465 gerard-philipe-le-cid-1305Bon vent à toi !

 

P.S. 1 : Réponse supposée d’Arthur :

- Et la tombe de Gina Lollobrigida, Joe Krapov, elle sent la mozzarella ?
- Désolé, Arthur, cette dame est toujours vivante !

P.S. 2 :

Dérèglement de tous les sens ? Dérèglement de tous les sens ? En consultant Wikipédia je découvre un autre lien surprenant entre Arthur Rimbaud et Gérard Philipe : tous les deux sont décédés à l’âge de 37 ans !

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Participation de JAK

fanfan defi 465

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Brin de muguet (Pascal)


C’est le premier mai, aujourd’hui. Partout, sur les trottoirs, on voit des vendeurs à la sauvette avec leur muguet en devanture. Ils sollicitent, ils haranguent, ils attirent, ils pressent le chaland, ils les poursuivent avec leurs boniments. Si j’ai pu les éviter pour aller jusqu’à mon bistrot habituel, quand je retournerai à ma bagnole et certain d’y passer, j’ai préparé un billet de cinq euros dans ma poche pour leur acheter quelques brins, me sacrifiant ainsi à la tradition du Premier Mai…

Tout à coup, elle est entrée dans le bar. C’est sans doute un courant d’air qui l’a propulsée à l’intérieur, le matin frisquet, plutôt. Elle est fagotée comme ces pauvres gens qui portent tous leurs habits sur eux ; la froidure, ses morsures, ses engelures, elle connaît. Elle s’en est accommodée comme une maladie engourdissante qu’elle combat péniblement au quotidien. Son nez est rouge, ses pommettes sont roses, ses lèvres sont violettes ; quelques larmes de froid perlent à ses paupières ; la nuit est longue au pays des sans-abris. Sur son front plissé ses rides sont trompeuses, on pourrait y calculer ses années de galère. Elle est encore jeune, peut-être la quarantaine, peut-être moins. Mais, ici-bas, qui peut donner un âge à un être qui survit dehors, sans cesse exposé aux intransigeantes vicissitudes de l’adversité ?...

Elle est chargée avec des gros pochons en plastique Casino qu’elle porte dans chaque main ; comme une lourde clarine sourde, autour du cou, une musette épaisse se balance mollement ; un sac à dos trop rempli complète son harnachement de baudet. Aussi, elle a du mal à passer entre les tables. Pas tout à fait consciente de son encombrement dans un endroit aussi restreint, elle emporte des chaises sur son passage ; leurs crissements dérangeants sur le carrelage détonent dans l’ambiance feutrée de l’établissement.
Enfin, elle trouve sa place contre une fenêtre ; de ce point de vue, elle envisage toute la place. Petit à petit, elle se dévêt de ses fardeaux ; elle les range tout autour d’elle et ne les perd pas de vue comme si c’était ses petits. Presque aux frontières de la Misère, son blouson est déchiré, son jean est rapiécé, ses godasses sont crottées ; il en faudrait peu pour qu’elle bascule dans la clochardise…

Personne ne la regarde vraiment ; comme si la déchéance était contagieuse, les riches l’ignorent, les besogneux soignent leur propre impécuniosité et les autres ne s’en soucient guère. Le nez dans leurs tasses, ils cherchent leur avenir dans les pépites de café collées au fond ; alors, celui des autres, ils s’en foutent royalement.
Pourtant, au royaume de la fortune, de voir les autres plus attigés que soi, ça réconforte quelque part ; on se dit qu’on n’est pas si mal, que tout pourrait être pire. On s’étalonne sur leur dénuement ; condescendants, on jetterait presque une pièce dans leur caniveau pour qu’ils se courbent devant nous avec des sourires de remerciement.
Moi, voyeur impénitent, je profite de son reflet dans la glace ; pourquoi est-elle venue s’incruster dans mon champ de vision ? Pourquoi ses simagrées de pauvresse me touchent autant ? Pourquoi, en ce jour de premier mai, je ne vois qu’elle ? La vie est sans hasard ; elle sait qu’elle sera le sujet de mon écriture d’aujourd’hui…

Soudainement inquiète, elle se lève ; elle va constater les prix des consommations sur une pancarte. Elle s’approche, lit plusieurs fois, cherche des lunettes qu’elle n’a pas, hoche la tête ; ses cheveux blonds filasse suivent péniblement ses mouvements de contrariété. Elle retourne s’asseoir, fouille dans son porte-monnaie, additionne les petites pièces, s’affole, recompte et recompte encore. Si elle rougit, ce n’est plus le froid du dehors, ni le chaud du dedans, c’est cette facture qui va la ruiner. Bien vite, la serveuse lui réclame une boisson ; ce sera un tout petit noir…

Elle a rangé ses pieds sous la chaise, porté ses coudes sur la table et posé la tête entre ses mains ; dubitative, elle regarde dehors pour ne pas penser ce qu’elle a en dedans.
Ses vêtements paraissent trop grands ; on dirait un épouvantail fatigué de surveiller un champ et qui prend un peu de repos dans ce bistrot. Sous son blouson, un vieux gilet de laine se détricote doucement ; les mailles se débinent et j’imagine que le début de cet effilochage date de la naissance de son calvaire. Comme les minuscules cailloux blancs du Petit Poucet, j’aimerais qu’elle remonte son fil de laine jusqu’à le suturer pour qu’il ne se défile plus jamais…

Alors, arrive son café. Elle place ses mains engourdies de chaque côté de la tasse et se réchauffe en humant longuement la fumée du breuvage. Elle déchire le papier du sucre en poudre et en verse une petite quantité dans la tasse ; le reste, elle le replie soigneusement et le glisse dans sa poche. Le petit gâteau, le Spéculos, elle le croque à petits coups de dent pour le faire durer dans sa bouche. Souvent, elle remonte les boucles de ses cheveux gras qui perturbent son petit déjeuner. Enfin, elle porte la tasse à ses lèvres et c’est l’élévation, la communion sacrée, intense, voluptueuse, entre l’Infortune et la Félicité…

Comme s’il n’avait jamais été à moi, le billet de cinq euros me brûle la poche. Ce laissez-passer de trottoir est devenu mon impérieuse autorisation de sortie du bar ; plus que de m’acquitter d’un anonyme brin de muguet, il va offrir à ma conscience une forme de porte-bonheur inaltérable. Discrètement, je me suis approché de sa table ; elle ne peut pas me voir parce que je suis transparent comme un courant d’air. Je lui touche l’épaule et d’une façon tout à fait convaincante, je lui confie : « Vous avez fait tomber ce billet, madame… » Sans comprendre ce qui lui arrive, elle tient le billet dans sa main. Parce qu’elle est honnête, j’entends sa voix qui dit des : « Mais non, mais non… » Avant qu’elle ne réalise mon geste, je suis déjà dans la rue. Je sais qu’elle me regarde par la vitre de sa fenêtre ; cette sensation extraordinaire de chaleur que je ressens dans le dos vaut tous les brins de muguet du monde…

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Participation de Venise

 

Écrire c'est déjà une façon de vous faire une fleur.

 

Votre main aristocratique alors délicatement fermée sur les fleurs invisibles que je ne cueillerai jamais est une bonne illustration de ce qu'est un miracle

 

Revenus de tous nos errements nous aurons pour compagnons le glaïeul, la glycine apeurée, le renard embusqué.

 

Ce qui compte nous enseignent les fleurs ce sont nos voyages immobiles.

Là où frivolité douceur et cruauté se conjuguent avec la grâce d'être au monde niché au creux de vos mains .

 

Il faut aller où les fleurs se tiennent !!!

 

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Tulpen (Walrus)

 

Bien que la photo ait été prise au Château de Grand-Bigard (Groot-Bijgaarden pour les locaux) où s'organise chaque année dans le parc une exposition de plantes à bulbes, chaque fois que je vois des tulipes, je pense inmanquablement au Keukenhof et à la scène que j'y ai vécue dans ma jeunesse.

Au temps de mes fiançailles, mes parents décident un jour de nous emmener visiter le Keukenhof.

À l'époque pas d'autoroutes et un trajet de plus de deux-cent-cinquante kilomètres avec une Opel des années cinquante, fallait partir tôt.

Au moment du départ, il pleut comme vache qui pisse et mes frères demandent s'il est bien prudent de s'embarquer pour cette expédition par un temps aussi pourri. Réponse de mon père, un Flamand à la logique imparable : "Quand on doit aller au boulot et qu'il pleut, on y va, alors..."

On y est allés et on est arrivés pile pour l'heure du dîner (déjeuner pour les Frenchies).

Nous dégotons un resto style "salle pour banquets", nous y installons et attendons nos steaks-frites (on est Belges ou on ne l'est pas). Le serveur amène nos six semelles à la hollandaise sur un plat et les distribue dans nos assiettes.

Luxe incroyable, le plat est décoré d'une unique feuille de salade que le garçon bloque soigneusement sous son pouce pour pouvoir la réutiliser pour la table suivante (on est Hollandais ou on ne l'est pas).

Ça fait bientôt soixante ans que ça s'est passé et mon épouse le raconte encore avec délectation !

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