13 mai 2017

Défi #455

 

Va comme je te pousse

 

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Ben oui, j'ai pensé que vous alliez en avoir marre des consignes en un mot.

Vous pouvez même ajouter "à la" si ça vous chante.

 

 

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Le hêtre de l'ubac par bongopinot


Toi le hêtre réfugié aux ubacs
Planté au plus profond du sol
Tu offres tes bouquets en vrac
Au vent du nord sans bémol

Sur une montagne sacrée
Face à la lumière
Tu es sage et admiré
Superbe et fier

Formant un coin boisé
Un magnifique paysage
À la douceur sucrée
Solitaire et sans âge

À l'ombre de sa tendresse
De son petit côté sombre
Tu gardes ta tristesse
Dans ce coin bien à l'ombre

Et c'est sur ce versant nord
À l'endroit le plus froid
Que parfois tu t'endors
Car ici c'est chez toi

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Versant d'ombre (petitmoulin)

 

Versant d'ombre

De blessure et de défaite

De vide imprononçable

Et versant de plein soleil

De beauté tout entière

Séparée de l'obscur

De désir souverain

Sont même montagne

Me sont égal vertige

 

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Walrus is back !

 

Après le quarterback, l'ubac

L'est complètement tapé ce Walrus !

S'il voulait faire dans l'ub il aurait pu choisir U-Boot ou ubiquité (ça c'eût été un cadeau, un don même !).

Faut dire que le choix est assez limité, il ne reste que le père Ubu, la bénédiction ubi et orbi, les suivants sont pires qu'ubac et réservés aux joueurs de Scrabble : ubéreux et ubris.

Enfin, ça c'est la langue française pure et dure, celle des Le Pen, dans le contexte actuel, on pourrait ajouter ubérisation et Ubuntu.

Bref, il y avait le choix. Limité, mais existant.

Mais non, fallait qu'il nous colle l'ubac, faudrait vite lui mettre la tête à l'ombre : y a son cerveau qui surchauffe grave !

 

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Le marcheur l'ombre et la lumière (JAK)

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Sur le chemin son  ombre le précède

Il est tôt le matin, il avance bon train

Car il sait que là haut

Indubitablement  le soleil

Illuminant le ciel à midi l’ôtera

Et bien vite au soir la laissera derrière

Ainsi tout à tour se succèdent  l’ombre et la lumière

Essentielles toutes deux,

L’une  sachant bien mettre l’autre en exergue.

 En  chacun  de nous notre part d’ombre et celle de lumière

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Un Bel Après-midi au Cinéma (La bande des cinés)

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Le gardien ne nous avait pas laissé entrer au stade municipal, car il y avait un match de division d’honneur. Ou alors il fallait payer. Du coup, on est allés jouer au foot sur l’aire aménagée pour la pelote derrière le cinéma des Frères Lumière. En principe, ça ne dérange pas les spectateurs, le plus souvent, c’est plutôt le patron du cinéma qui pousse le son un peu fort. Les lignes noires peintes sur le fronton délimitent les buts, mais quand on est goal, on n’ose pas plonger sur le ciment. Au début, nous fîmes attention à ne pas shooter trop fort, la salle de projection étant juste de l’autre côté du mur, mais dès lors qu’on eut formé deux équipes, on s’est tellement pris au jeu qu’on n’y a plus fait attention, poussant des cris de joie à chaque but marqué.

Juste avant l’entr’acte, l’ouvreuse, sortie un instant de la salle, est venue s’asseoir sur le muret pour fumer une cigarette, avec sur les genoux son grand chistera rempli de cônes et de cornets, tout en nous regardant pensivement de son regard noisette enrobé de chocolat. J’avais vraiment chaud à force de courir après le ballon, et je ne pouvais m’empêcher de zoomer sur ses cheveux, de la couleur rafraîchissante d’une glace à la mandarine. C’est alors que l’un d’entre nous, profitant de ma distraction, me dribbla avant de décocher un tir violent, qui claqua contre le mur comme un boulet de canon. « Je ne pense pas que ça s’entende de l’intérieur, surtout que c’est un film de guerre, mais faîtes attention. Moi, je vous aime bien, mais le vigile… Bon, je retourne à mon champ de bataille », dit-elle en bondissant comme un écureuil.

Nous nous cachâmes entre les grandes poubelles vertes du cinéma, où ils jettent les vieux navets tout pourris dont même la télé ne veut plus, et, tendant l’oreille, il nous sembla entendre le bruit d’une fusillade en riposte, mais les balles devaient ricocher sur l’écran, que nous imaginions étinceler comme un glacier. Nous quittâmes alors nos abris et recommençâmes la partie, d’abord en nous faisant des passes à une touche de balle, avec des contrôles de la poitrine et des têtes. Mais quand, dans notre élan, nous en vînmes à faire des ciseaux retournés, des coups du sombrero et des reprises de volée, le ballon se remit à fuser, faisant voler la poussière de la cancha, sur laquelle l’ombre du fronton avait fini par se coucher tout à fait, le museau entre les pattes.

Il fallut moins d’une minute au vigile, après que le ballon, salué par nos hourras, eut à nouveau frappé le fronton avec force, déclenchant à l’adret un bruit de miroir qui se feuillette, pour entamer un long travelling dans notre direction depuis l’angle du cinéma. Alors, nous enfourchâmes les mobylette et partîmes en vrombissant vers le mail planté de platanes. Nous fîmes les buts entre deux troncs, le long du mur du cimetière, jusqu’à ce que le gardien nous en déloge, à grands coups de pompes funèbres. C’est vrai que, pour une fois, c’est la famille et les proches qui étaient du mauvais côté du mur.

 

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Le petit déjeuner (Pascal)

 

La soixantaine, tirée par de longs cheveux blancs, poussée par l’habitude, elle arrive avec le premier rayon de soleil quand il s’invite contre les vitres de l’établissement. C’est une habituée ; ce bar, c’est son fief du dimanche matin. Elle a sa place attitrée ; je ne sais pas si elle virerait celui qui, par innocence ou bravade, occuperait sa table ; je crois plutôt que, quand elle n’est pas là, son fantôme retient l’endroit. Il y stagne son odeur, l’empreinte de ses fesses sur le coussin, d’inexpugnables auréoles de café sur le carrelage. Encore dans l’encadrement de la porte d’entrée du bistrot, et ignorante des occupations du serveur avec d’autres clients, elle l’interpelle ; avec autorité, elle lui commande son petit déjeuner. Il en a vu d’autres et, celle-là, il la voit chaque semaine. Ses remontrances, ses prétentions, ses explications, ça lui passe au-dessus de la tête ; il est habitué…  

L’ombre de la femme semble la devancer en s’allongeant sur le paillasson ; elle repère les lieux, hume l’espace, cherche sa place, et entraîne sa patronne vers son bivouac… 

« Ce sera deux longues tartines de pain beurré avec de la confiture de fraise, mais pas de framboise ! Un croissant du jour, mais pas trop cuit ! Deux petits morceaux de sucre, mais pas en poudre ! Un café crème dans une grande tasse, mais pas trop chaud !... »

L’ombre chinoise…

C’est une petite bonne femme encore véloce ; le regard est droit, la démarche est assurée, et elle fonce jusqu’à sa place. Elle a l’aplomb des gens qui savent ce qu’ils veulent, la suffisance de ceux qui paient, le courage de ceux qui n’ont rien à craindre. En laissant son blouson sur le dosseret, elle se débraille en vitesse pour ne pas être en retard avec sa routine, tire sa chaise bruyamment et s’assoie.
Faisant semblant de mater les rares bagnoles qui passent sur le boulevard, elle surveille l’animation du bar et ses directives de consommatrice auprès du serveur, dans le reflet de la vitrine. Comme si c’était plus fort qu’elle, elle se soulève de sa chaise, tend le cou pour ne rien perdre des préparatifs du serveur. La grande tasse qu’il charge sur le plateau, le pot de lait, le croissant, les tartines préparées, les morceaux de sucre, oui, tout a l’air bon… Lui, il n’ignore rien de son inquisition de mateuse parce qu’il connaît tout de son manège à travers les miroirs des étagères à bouteilles…  

L’ombre assise s’ennuie de supporter cet hypocrite temps mort ; elle tourne sous la chaise  en cherchant d’autres opacités congénères pour occuper l’attente. Avec des petits gestes de rassemblement, elle les appelle, elle les convie, elle les accumule ; c’est l’armée des ombres…

Pour faire diversion, d’un regard circulaire, sa patronne cherche le journal ; si des fois, il était libre de tout lecteur. De toute façon, elle se fout bien du futur président, des pages sportives, des cours de la bourse et de la rubrique des faits divers ; c’est juste pour emmerder le futur bouquineur. Ignorante du monde qui l’entoure, elle est absolument seule ; elle ne croise aucun regard, ne dit bonjour à personne, même aux habitués, ne s’intéresse à aucun mouvement dans la salle. Le couple adultère sur la  banquette, le vieillard tremblant sur sa canne, le gamin réclamant une glace à sa mère, celui qui l’observe sans façon, sont définitivement transparents de son intérêt…  

Enfin, le serveur apporte sa commande ; avec une forme de déférence inappropriée, on dirait un steward blasé s’occupant personnellement d’une pénible passagère, pendant un vol longue distance. Cela fait partie du jeu. Cérémonieusement, il transfère le petit déjeuner réclamé, du plateau sur la table de la dame. Elle se relève sur sa chaise, vérifie scrupuleusement sa commande, touche la tasse pour connaître son degré de chaleur ; c’est un rituel, le jeu du chat et de la souris. Qui est le chat, qui est la souris ?...

Elle sucre, touille et ferme les yeux en ouvrant grand la bouche ; elle mange de bon appétit ; elle trempe ses tartines. Rouverts un instant, ses yeux surveillent le tangage de la confiture glissant sur le beurre, entre sa bouche en hauteur et la profondeur de la tasse ; c’est son défi sportif dominical. Parfois, elle chasse une miette de la commissure de ses lèvres avec des gestes élégants de petit doigt en l’air. Elle mâche en surveillant la hauteur de son breuvage ; son café et le reste de sa tranche de pain doivent rester dans des proportions équilibrées ; c’est une équation, une science, que dis-je : un art…

L’ombre est vorace ! Elle a des yeux d’affamée en admirant sa bienfaitrice ! Elle s’active ! Elle court de la tasse au pot de lait, de la tartine à la bouche de son modèle !... Jamais on ne voit aussi prompte silhouette ! C’est une pantomime exaltée décalquée dans le fugace. 

D’un geste expert, la dame vérifie les restes de son café en faisant tourner le breuvage dans le maelstrom de la tasse. Elle constate des petites croûtes de pain naufragées, d’autres en perdition et d’autres encore, nageant difficilement à la surface. Toujours aussi péremptoire, elle demanderait bien une passette au serveur mais elle se ravise en pêchant les morceaux au bout de sa petite cuillère. Elle fait son ménage. Naturellement bruyante, elle tape ses ferrements sur le rebord de la tasse pour leur faire lâcher prise. C’est théâtral, c’est infernal, c’est machinal. Puis, d’un revers de paume, elle parque les miettes du croissant sur un coin de la table. Faudrait pas que l’une d’elles s’éloigne du troupeau. Elle sort de son sac un mouchoir en papier. Comme une chatte délicate, elle fait sa toilette. Avec la langue, elle mouille un côté du mouchoir et s’essuie lentement les moustaches ; si elle bisait une personne de sa connaissance, elle resterait collée contre sa joue. Dans la foulée, elle inspecte ses ongles, frotte son chemisier en chassant les dernières miettes, époussette son pantalon en jean pour terminer cette évacuation de brisures. Beaucoup moins élégant, elle fait des bruits incongrus avec ses joues pour chasser des reliquats de pain coincés entre ses dents. Tout à coup, elle porte sa main à la bouche pour juguler un petit rot clandestin qui voulait s’échapper dans un courant d’air…

Dehors, le soleil se cache derrière le feuillage des platanes et toutes les ombres malades se racrapotent dans le décor amorphe. Elles dégoulinent, s’enroulent, se dégonflent, s’évanouissent, se tapissent, se contorsionnent, se « révérence » misérablement, autour de leurs sujets. Ce qui était brûlant, éblouissant, pailleté d’or et d’argent s’est soudainement éteint comme si le coffre à bijoux de la Nature s’était brutalement refermé. Les visages pâlissent, le mascara s’insinue dans les cernes, les joues blanchissent, les costumes s’assombrissent ; les couleurs se sont tues…

Puisant au fond de son porte-monnaie, la vieille dame aux cheveux blancs cherche les quelques pièces qui correspondent à sa note et, surtout, à l’appoint. Le pourboire, il ne l’a pas mérité et puis n’a t-elle pas nettoyé sa table, cantonné les miettes, remis le couvercle sur le pot de lait, effacé les taches ? C’est comme cela tous les dimanches, il a l’habitude. Pendant qu’il a le dos tourné, elle se lève, contourne sa table et sort du bistrot dans le secret de l’anonymat des gens transparents. Comme elle a emporté son ombre avec elle, tout redevient brillant comme l’avènement du jour…

 

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Ubac or not ubac ? (Vegas sur sarthe)


Depuis le jour où ont été créés le soleil, l’hémisphère Nord, les montagnes et les vallées les ubacquois et les ubacquoises vivent dans l’ombrée tandis que les adretois et adretoises vivent dans l’adroit.
Tout le monde ne peut pas naître du « bon côté » de la montagne sinon la montagne déséquilibrée basculerait, de même que le soleil ne peut éclairer les deux versants de la même manière sinon à quoi servirait l’ubac ?
Ainsi les ubacquois vivaient dans l’ombre quand les adretois vivaient dans la lumière et c’était ainsi, les uns condamnés à grelotter et choper la crève quand les autres grillaient et se ratatinaient au soleil.
Un versant sentait la tisane et le grog quand l’autre versant sentait la merguez et l’huile solaire.
Alors chaque année ceux qui n’en pouvaient plus de grelotter votaient pour élire le roi de l’adroit et ceux qui en avaient assez de griller votaient pour élire le roi de l’ombrée.
Bizarrement le roi de l’adroit était cousin du roi de l’ombrée; ils avaient eu la même nurse, les mêmes couches-culotte, avaient été élevés dans les mêmes principes, avaient suivi les mêmes études de roi et régnaient pourtant sur deux peuples qui s’enviaient à tout instant.
Certes l’herbe était plus verte chez les uns que chez les autres mais qu’y faire ?
Un jour vint à passer au creux de la vallée celle qu’on baptisa aussitôt la reine des tièdes et dont les deux rois tombèrent éperdument amoureux tout comme tous les ubacquois et tous les adretois.
Le roi de l’ombrée en fut tout cramoisi quand le roi de l’adroit fondit sur place bien plus qu’il ne le faisait chaque jour.  
Mais dans les contes une reine – fut-elle reine des tièdes et pas farouche – ne peut épouser deux rois tout comme le soleil ne peut sourire aux deux pentes d’une montagne en même temps.
Elle leur raconta qu’elle venait de l’hémisphère Sud, un endroit curieux où ceux exposés au Sud grelottaient et ceux exposés au Nord grillaient et s’enviaient tout autant… ce qui ajouta à leur confusion.
Il décidèrent donc que le mieux était de ne rien faire et de laisser la reine des tièdes choisir son amoureux.

Des siècles plus tard les ubacquois continuent à grelotter, les adretois à griller et les deux cousins-rois à se morfondre… et tous les hommes quel que soit leur versant élisent et réélisent leur célibataire reine des tièdes.

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Participation de Venise


TROIS BUSES saluent le soleil de l’aube et fabriquent à tout instant les nouvelles images du monde .

 

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Aucune autre bête ici ne s’aventure .

Aucun enfant ne joue du coté de l’UBAC.
L’UBAC  ne tient aucune promesse disaient les indiens .
Les montagnes portent des textes sacrés que l’ombre efface .
Les figuiers y jaunissent et les sons des cloches changent après la rosée et le givre .
L’UBAC ne murmure rien à mon oreille .
J’irai cueillir des jonquilles quand l’inquiétude aura déserté ce coté du versant des collines .

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