Toute petite enfant, quand j’entendais prononcer «  Montbazillac » par mon père, je savais qu’il y avait un évènement marquant à la clé. Je savais bien qu’il était question d’un vin. Qu’avait-il donc de si différent des autres, pour que mon père le prononçât avec un accent de pure délectation ?

Je ne crois pas qu’il fut jamais un grand connaisseur, ni un grand amateur, mais ce vin, moelleux  à souhait, convenait tout à fait à son palais essentiellement sensible aux pâtisseries et sucreries en tout genre.

Aucun évènement jugé important, aucune fête familiale n’échappait au partage d’un Montbazillac dont il surveillait scrupuleusement l’approvisionnement régulier.

J’ai eu droit, sûrement encore plus jeune que dans mon souvenir( !), au biscuit trempé dans un verre de  ce vin liquoreux à la robe mordorée.

J’y ai sans doute goûté trop jeune, j’apprécie guère le Montbazillac, je consens juste à sa consommation avec un bon foie gras.