Aujourd'hui me vient encore cette drôle d'impression, comme une certitude, l'intime conviction

- que nous sommes de purs esprits enfermés dans des corps
- que seul compte l'esprit
- que le corps, simple véhicule, n'a aucune espèce d'importance
- que nos esprits se retrouvent en un seul, à la fin de nos vies terrestres
- que nous avons perdu la mémoire de nos origines...

Peut-être la retrouvons-nous au moment de partir...

Je laissais mon esprit divaguer au hasard et le pourquoi de la vie s’est immiscé de nouveau.
C’est un peu comme le bouchon d’un pêcheur qui s’amuse avec l’onde, à disparaître et revenir dans une autre échelle d’espace-temps, comme la ficelle d’un cerf-volant qu’on cherche à retenir, à rattraper, et qui s’échappe, glisse de ta main.
C’est comme si mon esprit cherchait à s’ouvrir sur une vérité, comme une inconnue oubliée que je devrais connaître, la sensation viscérale d’une chose importante qui nous concerne tous, la certitude de quelque chose d’incommensurable, de tellement grand qu’il ne peut être contenu dans un seul esprit humain sans doute.
Peut-être avons-nous en chacun de nous une parcelle de ce savoir oublié, qui rejoint une mémoire collective, un peu comme les fourmis, et qui tente de ressurgir par intermittence.
Une entité ?...  
Je crois que nous sommes un seul et même esprit éparpillé à travers l’Univers.

Ça peut paraître prétentieux mais je crois que nous sommes Dieu..
Ce dieu que nous nous plaisons à affubler de tous les noms,
ce dieu pour qui tant d’innocents sont mutilés ou sacrifiés sur un autel imbécile,
ce dieu que nous invoquons ou que nous renions tour à tour selon nos humeurs.

Et nous reviennent, par bribes, des morceaux de cette mémoire collective à mesure que s’ouvre notre esprit, comme des rais de soleil qui cherchent à trouer des nuages obscurs.