LAURETTE a rejoint le cortège, avec sa petite sœur aveugle .

Elle sait LAURETTE que sa sœur  capture la profondeur  lumière noire de la nuit, et sa petite main dans la sienne , elles avancent dans la foule .
MATHILDA parle peu et ne dit jamais aucun mot  inutile , et sa délicate présence au milieu de cet été brulant lui donne l’air d’une fleur d’altitude .
LAURETTE n’aurait lâché pour rien au  monde la main de sa sœur .
Maintenant , le feu d’artifice sculpte le ciel étoilé , relevant la tête MATHILDA a le cœur qui s’affole .

Des ronces multicolores éclairent le ciel et baignent MATHILA dans une lumière d’ignorance .
LAURETTE chuchote dans l’oreille de Mathilda  et raconte  , comme penchée au bord du ciel ce qu’elle voit .

Laurette sait raconter  le monde ,quand le soleil a disparu des paupières de l’enfant .
Une bruyante oraison de fleurs pourpres éclatent au milieu des étoiles  et Mathilda boit les paroles de sa sœur comme on mange des mirabelles.
Les yeux baissés MATHILDA  voit flambé le monde et comme un gouteur de confiture suspendu aux récit de sa sœur .

L’hiver est bien loin dans la chaude présence  de Laurette qui prête  ses yeux  à sa petite sœur .

Elles ont jeté aux corneilles , la nuit , l’obscurité , et pour ne point s’égarer Mathilda  ouvre grand ses oreilles et prend la saveur des couleurs des mots ocres qui lui portent secours .