23 avril 2016

Défi #400

 C'est le 400ème défi !!!!!

 

Feu d'artifice

 Le voici :

 

Poussière

Tag vu sur le mur d'une ruelle à Nancy

Faites nous part de vos observations à

samedidefi@gmail.com

Merci et à tout bientôt !

 

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L'enveloppe mystérieuse (par joye)

Tout a commencé

avec l'enveloppe mystérieuse

que j'ai reçue à l'âge de treize ans --

et depuis, je sais écrire correctement

les mots envelopPe et apPartement

en français !

 

Comment j'ai appris

 

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Une drôle d'enveloppe par bongopinot

Source: Externe

 

Cette vieille maison maintenant presqu’en ruine
Était l’endroit où vivaient mes grands-parents
Dans la douceur et la nature Angevine
Il reste encore à l‘intérieur des meubles branlants

Un pas en avant, puis un autre,
Me frayer un chemin est difficile
Ce salon n’est plus que désastre
Je reste un instant immobile

J’aperçois sur une table défraichie,
Ce qui me semble être une enveloppe
Qui n’a même pas été affranchie
J’avance avec précaution et l’attrape

Je la regarde, il n'y a rien d’inscrit dessus
Et à l’arrière de celle-ci un sceau rouge
Brillant et doux comme certain tissu,
Elle attendait son heure dans ce refuge

Je l’étreins comme une espérance,
Envahie par un sentiment d’incompréhension
A qui était donc destinée cette correspondance
Et pourquoi elle était là, venue comme une apparition

Ses murmures me révèlent une certitude
Elle est mystérieuse mais néanmoins visible,
L’ouvrir, la lire dans ce moment de solitude.
Mes pensées s’envolent, mon émotion est perceptible

Délicatement je sors le contenu de l’enveloppe
Je tiens un trésor dans mes mains tremblantes,
Et mes yeux se brouillent, mon cœur galope
Je m’exclame d’une voix chancelante :

Un trèfle à quatre feuilles et des indications
Qui disaient : « maintenant soufflez trois fois,
Chantez et courez une minute c’est votre mission
Pour que tous les jours, votre vie connaisse bonheur et joie. »

 

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Huit résumés d'œuvres diverses en quatre phrases (Joe Krapov)

Cher Monsieur Emile Euro

Veuillez trouver ci-joint huit énigmes pour votre jeu radiophonique de 13 h 45.
Il s’agit de faire deviner à vos candidats, à partir d’un résumé en quatre phrases commençant par « Bon, Mais, Alors, Et » le titre d’une œuvre de fiction (roman, film, chanson, poème) et son auteur.

Bonne continuation à vous et mes amitiés à Monsieur Emile Franc dont nous sommes sans nouvelles depuis un certain temps.

1

Bon, c’est l’histoire d’un type qui habite dans un jardin magnifique, immense, avec des fleurs partout, des arbres fruitiers, des jets d’eau, un endroit idéal où tout est prévu pour subvenir au moindre de ses besoins.

Mais une fois passés les premiers instants de joie de se trouver là à n’avoir rien à faire que se tourner les pouces, le gars commence à s’emmerder sévère.

Alors il va trouver le docteur D., « chirurgien esthétique et plus si affinités », et il lui dit que ce serait mieux s’il avait un peu de compagnie, ne serait-ce que pour jouer à la bataille navale.

Et le docteur D. lui répond que ça va lui coûter bonbon, pas les yeux de la tête, non, mais au moins une côte de la cage thoracique et Adam accepte et c’est depuis ce temps-là que les hommes et les femmes vivent ensemble en s’engueulant plus ou moins à propos de la place du gant de toilette dans la salle de bain, de la propriété de la télécommande ou sur « c’est à qui de descendre la poubelle aujourd’hui ? Moi j’ai fait la vaisselle, etc ».


2

Bon, c’est un gars qui travaille dans une banque, il est marié, sa femme est adorable bien qu’un peu féministe et plus si affinités et ils ont deux enfants agités comme le sont tous les enfants.

Mais justement la dernière nurse vient de rendre son tablier parce qu’on est dans le cadre un peu trop répandu de parents absents car surinvestis dans le boulot et le militantisme et on se demande bien pourquoi des gens pareils font des mômes.

Alors, comme on est en Angleterre, la famille passe une petite annonce dans le « Times » et, coup de bol inimaginable ailleurs qu’au cinéma ou dans la littérature, la nounou idéale leur tombe du ciel.

Et comme celle-ci est complètement gaucho-brindezingue-conte à dormir la nuit debout et adepte des méthodes d’éducation Freinet-Montessori-Dolto avant l’heure, elle fiche un bordel monstre dans la baraque en emmenant les enfants danser la java sur le toit, boire le thé des fous au plafond, détraquer le manège de chevaux de bois du parc et en provoquant, au prétexte de nourrir des pigeons, les prémices de la crise boursière de 1929 dans la banque où travaille le père qui devra se reconvertir à la fin du film dans la fabrication de « feel good » cerfs-volants .


3

Bon, c’est un type qui est né dans le Pas-de-Calais.

Mais ce n’est pas l’ami Bidasse pour autant.

Alors, malgré le charme tout bucolique et aligné des corons chers à Pierre Bachelet, malgré le climat enchanteur du bassin minier, malgré la beauté unique du clair de lune à Maubeuge, il monte à Paris pour y trouver du travail et il y fait la connaissance d’une Bretonne qu’il épouse.

Et bien évidemment, vingt ans après, on les retrouve au pays de la belle, à Rennes précisément, où le gars se fait, assez rapidement, une réputation d’amuseur public un peu trop intello mais à qui on pardonne tout parce que lui au moins, il a le courage de se lancer périodiquement dans la confection de ce fameux kouign-amann que tout le monde aime mais que tout le monde à la flemme de fabriquer et comment s’étonner après que tous les noms de bistrots, de coiffeurs et même les articles de « Télérama » et « 20 minutes » soient écrits en anglais plutôt qu’en breton ?


4

Bon, c’est un type qui a commis un crime abominable.

Mais même si l’histoire se passe il y a très longtemps, en des temps de loi de la jungle et de règlement de compte à OK Corral - le monde a-t-il vraiment changé depuis ? – il a mauvaise conscience d’avoir fait ça.

Alors il va à la Samaritaine, il achète des peaux de bêtes à sa femme et à ses enfants puis il déménage à l’autre bout du monde mais plus il s’éloigne, plus le souvenir de son meurtre le poursuit, à se demander si ça n’est pas déjà diffusé en boucle sur BFMTV et retweeté à l’ensemble de la planète voire plus si affinités !

Et ça prend des proportions telles que ça aboutit à des hallucinations auditives et à des visions épouvantables, si bien qu’à la fin le type en meurt et que, une fois qu’on l’a eu enterré, l’œil éclaire dans la tombe et regarde Caïn.


5

Bon, c’est l’histoire d’un gars qui va acheter son pain à la boulangerie tous les matins.

Mais il est un peu myope sans le savoir et il ne s’aperçoit pas que la jolie boulangère, séduite par sa beauté solaire et sa démarche lunaire est prête à lui donner son 06 et plus si affinités, il n’y aqua’à demander.

Alors, comme la situation perdure et que le quarante-cinq tours ne doit pas dépasser 2 mn 45, elle lui prend un rendez-vous chez un ophtalmo et le docteur Zigmund – car c’est lui qui a raconté l’histoire dans un billet qui pour une fois parle de croissants et non pas de baguette de nantis – lui prescrit de porter des lunettes.

Et donc, le lendemain de leur achat, il retourne à la boulangerie et en un éclair il s’aperçoit que la vendeuse est vraiment très chou, il lui déclare sa flamme toute religieuse, il l’épouse et ils font fortune en lançant une chaîne de pâtisseries bio pour bobos sans gluten décroissants mais au beurre.


6

Bon, c’est une dentellière de Lille qui est mariée et qui a son premier enfant.

Mais le bébé est un peu chiant vu qu’il ne veut jamais s’endormir le soir et qu’il hurle comme un malade.

Alors comme à chaque fois les hurlements du môme l’empêchent d’entendre ce qui se dit dans l’épisode du jour de « Plus belle la vie » et de comprendre où on est dans la saison 23 de « Game of thrones », elle lui chante une chanson mais plus elle chante plus le bébé crie et plus elle s’énerve.

Et à la fin, comme elle en a plus qu’assez et qu’elle habite au deuxième étage d’un gourbi à Wazemmes, « alle jette euch tchiot par el ferniète », ce qui signifie « elle balance le bébé dans l’indifférence générale et la cour par la fenêtre ouverte ».


7

Bon, c’est un oiseau qui a trouvé une proie intéressante et qui est allé se percher sur un arbre pour essayer de la becqueter tranquille.

Mais il y a un autre animal avec un museau pointu et une queue touffue qui l’a repéré et qui vient glapir des insanités au pied de son arbre.

Alors, comme le volatile a bien du mal à rester concentré pour désincarcérer sa bectance du papier alu qui l’entoure et que le baragouin de l’empanaché à propos de son taux de cholestérol commence à lui énerver un poil les plumes, il laisse tomber sa proie sur laquelle l’autre saute tout en continuant de jacasser dans sa langue de rastaquouère à laquelle le corbaque, qui n’a pas fait langues o, n’entrave que tchi.

Et on se demande bien comment le renard va faire pour bouffer sa « Vache qui rit » ® parce que nous qui sommes plus intelligents, qui avons un pouce opposable aux autres doigts et vivons dans un monde globalisé, on a toujours du bien mal avec la petite languette rouge !

8

Bon, c’est un type qui est parti faire la guerre avec ses potes du côté de la Méditerranée en laissant une femme et un mioche au logis sans un radis.

Mais voilà, sur la route du retour, le bateau perd son gouvernail et du coup l’équipage dérive d’île en île et le gars passe du lit de Circé à celui de Nausicaa, un peu comme on tombe de Charybde en Scylla, mais en plus agréable parce que Polyphème n’y trouve rien à redire, au machisme méridional et à la polygamie non-japonaise bien pliée.

Alors comme ça dure dix années et qu’on a autre chose à faire que de répondre à la question « Odyssée loin, l’Homérique ? » « Tais-toi et drachme ! » le gars finit par retourner chez lui.

Et là, à peine rentré, d’Ithaque au tac, il commence par engueuler sa femme parce qu’elle n’a pas terminé sa tapisserie et qu’elle a laissé mourir le chien « qui aurait pu lui servir de balise et du coup il serait rentré plus tôt, non mais, dis donc ! » et si vous voulez mon avis, Mesdames, des héros comme ça, il faut les envoyer se faire voir chez les Grecs !

 

P.S. Pour lire la solution, retournez l’écran de votre ordinateur, SVP.

 

DDS 399 solution

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LE MESSAGER (EnlumériA)


      En proie à une lassitude proche de cette langueur romantique dont raffolent les versificateurs à l’eau de rose, je sirotais un verre de lait au miel avachi dans le canapé comme derviche épuisé. Sur l’écran de télévision, une grognasse vulgaire comme trente-six gorets s’efforçait d’échapper à un vampire ridicule. Je regardais ce navet pour adolescents attardés sans trop savoir pourquoi. Les hurlements factices de la grognasse étaient à peu-près aussi crédibles que l’olibrius qui la pourchassait. Bref ! Pour tout vous dire, je m’ennuyais avec virtuosité.


      Le générique de fin s’éternisait sur cette navrance cinématographique lorsqu’un bref coup de sonnette me fit sursauter. Je dressai l’oreille comme un chien aux aguets. Quelque chose sonnait faux. Un peu comme si le tintement de la sonnette avait dû traverser une épaisse couche de carton. Pressé par une vessie de plus en plus tyrannique, je me rendis aux toilettes. Ce fut lorsque je tirai la chasse d’eau que la sonnette retentit de nouveau. Perçant le bruit des turbulences sanitaires, une sorte de dring discret m’agaça l’oreille. Je mis de l’ordre dans ma tenue et m’approchai de la porte d’entrée à pas furtifs. Je percevais un piétinement au-dehors. Un voisin déménageait ou quoi ? À peine cette pensée s’effaçait-elle de mon esprit que la sonnette retentit de nouveau ; plus énervée aurait-on dit. Un bruit léger attira mon attention. Quelqu’un venait de glisser une enveloppe sous ma porte. Une enveloppe cachetée ; à l’ancienne. Une plaisanterie ? Je la ramassais puis j’ouvris la porte pour en avoir le cœur net.


      Si j’avais été fumeur, j’imagine que mon mégot serait tombé de ma bouche bée. Un escogriffe accoutré de vert me tournait le dos. Je constatai une légère crispation des épaules, un embarras dans la nuque, une posture qui pouvait signifier l’agacement. Il détourna la tête et les épaules suivirent comme à regret. Son regard ombré par un bicorne cocardé de bleu lançait des étincelles. Sa bouche maugréa un juron.


      Un brouillard mental envahit mon esprit. Je connaissais ce type mais je ne parvenais pas à me souvenir des circonstances de notre rencontre.


      Il me faisait face maintenant, triturant son bicorne de ses mains tavelées et desséchées par le soleil et le sel. Son regard s’était adouci, s’était fait presqu’implorant. Il me raconta qu’il venait de très loin là-bas, de l’autre côté de la fenêtre, qu’il ne voulait pas disparaître comme ça ; sans un mot, sans une explication. Il dit encore qu’il venait de la part de Mister Samuel Beadle. Que ce dernier avait été empêché par une mission lointaine.


      Je lui fis signe de patienter, juste quelques secondes, le temps de lire la lettre. Le message était le même que celui de l’escogriffe, à quelques détails. Des gouttes de larme avaient délavé le texte par endroit. Les signatures au bas du message éveillèrent en moi un sentiment de vide étrange ; de ce genre d’émoi que l’on ressent parfois lors de la trop longue absence d’un enfant.


      Derrière le boucanier, des silhouettes se matérialisaient, tremblotantes comme l’air brûlant sous le soleil du Sud. Je reconnus Lord, Claudika Dromos que l’on nomme aussi la mère Petit-Pas, Maurice Couchette, Raoul Gueulesèche et légèrement en retrait, tout dépenaillé, Crapette le pique-assiette tenant son chat miteux dans les bras. Ils avaient tous signé. Eux et bien d’autres encore que je ne reconnus pas tant ils semblaient s’estompés dans le clair-obscur de la cage d’escalier. Tant peut-être qu’ils n’attendaient qu’une seule chose, que je leur donne vie.


      Plus tard dans la soirée, avec un calme infini, je débranchai la télévision que je mis au rencart dans le débarras sous l’escalier. J’avais moi aussi tout un petit monde à créer, mais au risque de blasphémer, je sais bien qu’il me faudra un peu plus de six jours pour cela.



      Évreux, le 22 avril 2016

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L’enveloppe mystérieuse (Alain André)

 

Une enveloppe glissée sous sa porte. Pas de nom. Pas d’adresse ! Rien au recto indiquant l’expéditeur ! Mais un cachet de cire, vierge, Désuet, incongru !

 Il est Intrigué. Mal à l’aise ! Que doit-il faire ?

Puis il passe son ongle sous le cachet, la cire craque, se décolle, le rabat, libre, peut être ouvert. Une feuille de papier, une seule phrase :

 

-Vous êtes cordialement invité à participer aux régates de l’été sur Flying Dutchman, le samedi 6 juin.

 

Le Flying Dutchman , F.D pour les voileux ! Bien sûr, il connait ! Ce dériveur de légende de compétitions internationales ! Sophistiqué,  Rapide et  très bien  équipé.

Des régates, d’accord, mais où ? Et en quelle année ? Parce que, cette année, le 6 juin, c’est un lundi ! Et puis, il n’a plus barré depuis 45 ans !  Et la dernière régate qu’il a faite, c’était en 1970 ! Et c’était sur 5O5, ou 470, il ne savait plus ! Mais pas sur F.D., non…pas de niveau, le F.D., c’était  trop pointu pour lui !

Tiens 1970 ! Le 6 juin, c’était quel jour ? …Bingo ! Un samedi ! Mais alors ? Pourquoi cette lettre reçue aujourd’hui en Avril 2016 ?... Cette date l’obsède : Samedi, 6ème jour de la semaine, 6 juin : 6/6 ! 666, le chiffre du diable ! Bah ! Pure coïncidence, bien sûr ! Pourtant : Le Flying Dutchman, le hollandais volant, c’est aussi le bateau fantôme, l’enfer des mauvais marins, création du diable, objet du premier opéra de Richard Wagner. Bof, c’est pas trop sa tasse de thé, Wagner, les Walkyries, tout le tintouin, sauf peut-être le chœur des bergers dans Tannhäuser…Bref ! Quel rapport avec ce courrier tombé du ciel ? (Enfin, sous sa porte !) Qui a bien pu lui amener cette invitation qui ne correspond à rien ? Il faudrait chercher si une année prochaine comprend un Samedi 6/6 ? Il eut beau chercher mais ne trouva pas de samedi 6/6 prochainement ! Se pourrait-il que ce soit une proposition de le ramener aux années 70 ? Et aux régates en dériveur ? Et le diable dans tout ça ? Que vient faire ce p… de diable dans cette affaire ? Une manifestation du diable pour lui proposer un pacte : La jeunesse contre son âme ?  Mais que diable irait-il faire dans cette galère ?

Les années 70 ! Les meilleures assurément, pensait-il ! Mais y retourner ? Reprendre son travail de l’époque ?  S’il pouvait choisir : La retraite aujourd’hui, son avenir derrière lui, ou son métier d’alors, avec son passé actuel devant lui ? Voilà la bonne question bien pourrie ! Jeune au boulot, ou vieux au repos ! Le syndrome de Faust ?  La quête de la jeunesse ? La nostalgie de ses plaisirs d’antan ? Bah ; peut-être!  S’il pouvait revenir en arrière ! Dut-il pactiser avec le diable ! Et puis, tant pis, que lui importait d’être damné à la fin ? On lui a dit un jour qu’il n’y avait pas de con au paradis, ça ne fait rien avait-il répondu : « Je n’irai pas quand même ! Vous me manqueriez trop ! » Et puis, d’ailleurs : Le paradis est-il plus désirable que l’enfer ?  

Le paradis : Un ramassis de vieux birbes solennels et moralisateurs avec la bouche en cul de poule : Fais pas ci, fais pas ça ! Des gens tristes, insensibles aux plaisirs sensuels.

Le paradis : Un ennui mortel…et à vie... !  « Je préfère l’enfer », se disait-il, y retrouver mes vieux potes, mes idoles, musiciens de folie, délirants et fabuleux ! Bowie, Lennon, Hendrix, Prince… Ouais, mais avec  les violeurs, les cons et les assassins ? Quand même ! Non ! Il faudrait qu’il y ait un enfer  intermédiaire : Un vrai enfer pour les cons,  un petit, plus doux, pour les moins coupables (et lui !) Un enfer/paradis en quelque sorte ; pour les noceurs, les jouisseurs comme lui, un lieu de fêtes perpétuelles, une gigantesque ripaille permanente, un endroit privilégié où rien ne serait interdit, dirigé par un bon diable débonnaire, un endroit réservé aux bons vivants, morts en faisant la fête, aux amoureux des femmes, comme lui, aux philosophes , aux poètes ; Vivre au milieu des musiciens, des artistes, de la musique, de l’art, de tout ce qui l’a toujours transporté, lui, le petit homme sans talent. Voilà ce qu’il ruminait devant sa lettre bizarre ; Cette enveloppe… mystérieuse… ! « Mais, si je décidais de vendre mon âme au diable, comment le contacter ? »… Il réfléchit longuement… longtemps… s’arracha les cheveux pendant des heures…

Puis il prit sa décision : Il reprit l’enveloppe,  souffla son âme à l’intérieur et  inscrivit l’adresse sur la face avant :

 Angus Young, AC/DC,

1973, Highway to Hell,  

666 EAST AUSTRALIA

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Poupée russe (Clémence)


La lettre, de grand format et scellée de cire rouge, lui arriva sur un plateau de vermeil.   Un éclair brilla dans les yeux du Président Directeur Général.

Il prit l'enveloppe dans ses mains. Il la soupesa,  il la huma,  il la tâta. Il ne trouva aucun indice concernant l'expéditeur.

Il prit un coupe-papier en argent et fit sauter le cachet de cire. Le rabat se souleva légèrement.
Il glissa deux doigts et tira. Une écharpe de soie rouge. Il frissonna.  Il ferma les yeux et s'enivra du parfum capiteux.

Son téléphone portable sonna. Il regarda l'écran. Il ne répondit pas.

L'écharpe dissimulait une forme dans ses plis. Il déroula les volutes soyeuses et découvrit une pochette de velours grenat.

Ses mains tremblaient. Il ouvrit la pochette avec précaution. Un anneau d'or était glissé sur le majeur d'un long gant noir. Le film était lancé. La sueur perlait à son front.

Il glissa ses doigts à l'intérieur du gant. Il en retira une petite boule de résille. Un bas noir. Les images de son passé défilaient à la vitesse de l'éclair. Sa bouche était sèche et son souffle court.

Son téléphone portable sonna de nouveau. Il regarda l'écran. Il ne répondit pas.

Il saisit le bas noir, le serra dans un poing rageur. Il sentit un objet. Ses doigts dansaient une sarabande folle.
Il tritura, troua, déchira, et extirpa. Une clé USB.

Il ouvrit le tiroir supérieur de son bureau puis le referma brusquement. Il enfonça la clé USB dans son ordinateur. Ses yeux étaient rouges, son visage blême et il grelottait.
Dans un brouillard nauséabond, il vit les photos défiler.
Il savait que la fin était venue. Sa fin.

Son téléphone portable sonna encore.
Il regarda l'écran, décrocha et poussa l'appareil hors de sa portée.
Il ouvrit le tiroir et y plongea la main.
Il savait que la déflagration sonnerait l'hallali et déchaînerait la fureur des médias.

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Silences (petitmoulin)


Il est un silence
Qui épèle nos regards
Quand la parole serait vaine
Et un autre silence
Qui se nourrit de la solitude
En attente des mots
Où croît la poésie
Il est un silence
Qui résonne longtemps
Dans l'enveloppe close
De nos blessures

Il est un dernier silence
Qui encercle l'inachevé
Et laisse derrière lui
Sa provision d'absence

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Une mystérieuse enveloppe (Marco Québec)

 

Que peut donc receler
Cette enveloppe cachetée
Que quelqu’un a laissée
Dans un livre emprunté
À la bibliothèque de mon quartier

image



Peut-être que j’y trouverai
La lettre de madame Andrée
Qui a choisi de démissionner
Plutôt que de continuer
À se faire harceler
Par un directeur effronté
 

Peut-être que j’y trouverai
Sept billets de vingt dollars bien comptés
Pour régler le plombier
Qui ne les a jamais réclamés
La mort l’ayant convoqué
 

Peut-être que j’y trouverai
Un avis d’un banquier
Visant à informer
Que la marge de crédit accordée
A été dépassée
Et qu’une pénalité
Sera imposée
 

Peut-être que j’y trouverai
Un message enflammé
Qui aurait mené
Le mari qui l’aurait intercepté
À découvrir la vérité
Sur la paternité
De son dernier-né
 

Peut-être que j’y trouverai
Deux billets gagnés
À un party de fin d’année
Permettant d’assister
À une partie de hockey
Au mois de janvier

image[16]


Ce que j’y ai trouvé
Jamais vous ne le saurez
J’en suis désolé
Le livre emprunté
L’enveloppe qui y était cachée
Je les ai tous deux égarés
Je les ai bien cherchés
Sans les retrouver

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