09 avril 2016

Défi #398

Une photo vous est proposée

pour ce nouveau défi :

Bateau en vue

Nous attendons de savoir

ce qu'elle vous inspirera

à samedidefi@gmail.com

A tout bientôt !

 

 

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Photo prise par Clémence le 12 avril dans les Alpilles

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Carte de visite (par joye)

windmillBonjour !

Permettez-moi de me présenter. Je m’appelle Vermeer et je suis le plus grand moulin à vent opérationnel aux États-Unis.

J'utilise seulement le vent pour faire mon travail. Ici, en Iowa, on a tout plein de vent, c'est dire ! C'est vrai que mes soeurs éoliennes dans cet État fournissent plus d'électricité que dans n'importe quel autre État, y compris le Texas !

Alors moi, je n'utilise aucune électricité, car je suis construit d'après un  modèle qui date des années 1850, la même époque des immigrés qui se sont établis dans cette région.

Quand on a décidé de me faire construire, les Néerlandais européens ont refusé de démonter et envoyer un moulin de chez eux, alors, les Néerlandais iowaniens ont fait construire mes parties aux Pays-Bas par un maître et puis m’ont fait reconstruire ici.

Six jours sur sept, je mouds du blé pour faire la farine qu’on utilise à la pâtisserie dans la ville où j’habite. Le dimanche, je me repose comme tous les autres habitants ! Ma ville s’appelle Pella, et comme je vous l'ai déjà dit,  elle se trouve en Iowa (pas très loin de chez votre amie joye en fait). Tellement fière de son héritage néerlandaise, la ville de Pella m’a fait ériger en 2002, pour $3.5 millions.

Depuis quatorze ans, je vis dans la rue First au numéro 714.

Voilà sans doute pourquoi je m’appelle Vermeer, je porte le nom de la société agro-industrielle qui a dû payer mon voyage depuis l’Europe.

Si vous décidez un jour de venir me voir, du haut de mes 41 mètres, je pourrai vous fournir une vue spectaculaire des environs, de Pella, de son canal, de son architecture néerlandaise, et de ses 28.000 tulipes.

En espérant donc vous recevoir un jour, je vous envoie de très bons baisers de l'Iowa !

- V. Windmill

P.-S. : Merci à WikiCommons pour la photo que vous voyez ici. Joye était trop pressée pour aller chercher les siennes.

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Le Pinceau, le Plectre et la Plume (EnlumériA)

 

     Il avait failli s’endormir dans sa soupe. Il sursauta en réalisant que mourir noyé dans une assiette de soupe de poisson ferait désordre dans les annales de la famille. Il avait trop forcé sur le Lexomil et le Bourgogne Passe-tout-grain. Il se leva et d’une démarche approximative, alla dans la cuisine se préparer du café fort. Il avait un problème à régler d’urgence s’il ne voulait pas sombrer dans la démence. À la deuxième tasse, il commença à se réveiller ; à la troisième, il était d’attaque.

     Il était un tout jeune sexagénaire, sans le sexe ; ça c’était de l’histoire ancienne. Il avait cependant trois maîtresses exigeantes. Trois sauvageonnes intraitables qui virevoltaient dans sa vie, créant d’ingérables turbulences dans son esprit tripolaire. La peinture, la musique et l’écriture. Tel un chevalier décharné et pathétique, il tentait de dompter trois moulins mus par des vents désordonnés. Le vacarme des grandes ailes de toiles tourbillonnantes s’atténuait parfois dans la ouate des anxiolytiques et des crus de Bourgogne.

     C’est alors que la Dame de l’Est se manifesta. Une muse aussi douce que rayonnante qui avait un jour tenté de l’inspirer et de prendre soin de lui. Lui, pétri d’orgueil et de suffisance, il n’avait pas voulu entendre l’appel.

     Cette fois-ci, il posa sa question et se jura d’écouter. La blonde égérie donna son avis. Un avis tranché, sans appel.

     Lui, apaisé, abandonna sa superbe et ses moulins capricieux. Cette fois, il décida d'écouter la parole de l’oracle. Son choix était fait, l’égérie était fée. Fin du premier acte.

 

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Un petit moulin par bongopinot

 

bo

 

C’était un petit moulin
Qu’on voyait le matin
Flirter avec le vent
Et tournait tant et tant

Broyant les céréales
Que c’était admirable
Pour faire de la farine
Toute belle et toute fine

Du lundi au samedi
En danseur d’après-midi
Au soleil ou à l’ombre
De janvier à décembre

Pendant de belles années
Joliment il se dressait
Fournissant les chaumières
Il avait de quoi être fier

Oui mais par un beau matin
A neuf heures il s’est éteint
Tristesse et chagrin
Et drôle de destin

Pour ce ravissant moulin
Qui connut cette fin
Abandonné au vent
Oublié par les gens

Et sous cette douce bruine
Un petit moulin en ruine
Vestige d’un temps passé
Mais pas encore effacé

 

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Le vent (petitmoulin)


Ici
Le vent ne parlait plus
L'arbre se taisait
Un cerf-volant gisait
Sur ses couleurs
Ventre vide
Ailes clouées à l'immobile
Le moulin languissait
Tel un oiseau transi
Qui guette le printemps

Là-bas
Si près d'ici
Le vent fermait la vague
Sur le naufrage
Du dernier lambeau de rêve
Et s'il avait le temps
Il essuyait les larmes
Des survivants

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LES MOULINS, AVANT ! (Alain André)


Avant, le meunier moulait le grain qu’on lui donnait à moudre dans son moulin à vent. Après quoi, sa femme, Madeleine moulait le grain moulu dans ses moules, des moules à madeleines, ses moules à elle,  tandis que le meunier moulu continuait à moudre le grain qu’on lui donnait à moudre, dans son moulin à ailes. Moudre du grain avec sa meule mue par les ailes de son moulin à vent était sa fierté. Il se disait : je moudrais tant qu’il y aura du vent, et du grain à moudre ! Et sa Madeleine moulerait ses madeleines avec fierté dans ses moules tant qu’elle aurait de la farine moulue par son mari meunier !
 Puis les gros bonnets inventèrent les minoteries à vapeur.
Or, il n’est pas sage d’être à voile et à…
C’est ainsi que les meuniers se retrouvèrent  roulés dans la farine.
Et  aujourd’hui,  comble de l’ironie,  on  installe des moulins à vent modernes que l’on  appelle des éoliennes pour produire le courant qui fera fonctionner les minoteries et les fours pour que les bonnes  Madeleine puissent faire cuire leurs bonnes madeleines! Et que je puisse m’en régaler en dégustant, bien sûr, une bonne bouteille de Moulin à vent°.  
Mais voilà :
Quand le ciel est trop clément,
Crois tu que c’était mieux avant ?
Quand il n’y a pas de vent
Tu te retrouves sans courant !
Poil aux dents !

(°) Un des dix grands crus de Beaujolais, peut-être le meilleur ?

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Participation de Rêves de plume

 

Elle court dans l'allée du jardin
Ses yeux fixent l'horizon
Son sourire en dit long
Dans sa main, un moulin !

Elle fait de l'air
Ecoute le cliquetis
Puis quand son souffle s'altère
Stoppe sa course, et rit !

 

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Renaissance (Électre)


Le ciel est bleu et pur, seulement parsemé de quelques nuages qui
passent paresseusement. Des graminées se balancent nonchalamment au
vent. Un chêne vert laisse apercevoir son feuillage. Tout est calme.

Tout est calme... bien trop calme. Il faudrait du vent, un vent
déchaîné, un vent à décorner les boeufs, pas cette brise de printemps
qui ne courbe que les herbes... Alphonse (c'est son nom) se désole en
son for(t) intérieur.

Il a essayé de s'habituer à sa nouvelle vie sédentaire : "profitez du
paysage !" qu'on lui avait dit. "Regardez les oiseaux !" Et puis "vous
ne souffrirez plus des articulations !"

C'est vrai qu'il en avait souffert, de ses articulations. À en grincer
des dents avec des bruits effroyables, surtout par grand vent. À en
maudire le meunier et ses mules (surtout celle qui lui gardait un vieux
coup de pied en réserve). Mais maintenant qu'il ne bougeait plus, il
était triste. Il se sentait inutile. Et puis tous ces gens qui passaient
et le photographiaient en trouvant qu'il faisait très "couleur locale".
"Regarde chéri comme c'est bucolique". Je t'en ficherai, moi, des
bucoliques. Quand ce n'étaient pas des hordes de touristes armés
d'appareils qui se photographiaient avec lui sans même prendre la peine
de demander, comme s'il n'avait plus son mot à dire.

Ce qu'il aurait voulu que quelqu'un le prenne au sérieux, rien qu'une
fois. Lui, l'ancien géant. Le seigneur de la colline en passant auprès
duquel tous se courbaient de crainte et de respect. Lui qui faisait
marcher le village, autrefois, dans ce pays sans eau. Il avait entendu
dire il y a longtemps qu'un homme, en Espagne, l'aurait pris au sérieux.
Un homme un peu fou, mais est-ce que le vent ne rend pas tous les hommes
fous ? Il attendait cet homme avec patience et obstination. Il
l'attendait malgré les chaînes de métal qui le maintenaient cloué au sol
"pour le protéger". Depuis quand protège-t-on du vent ceux qui lui ont
voué leur vie?

Le temps passait dans cette attente. Il regardait grandir auprès de lui
ce chêne qu'il avait connu tout gland. Il espérait aussi en cette
association qui pour une fois ne se consacrait pas qu'au patrimoine - et
puis quelle rapport avec la patrie, dites-moi bien ? Il les avait vu
rôder autour de lui, palabrer entre eux sur ses installations, et
repartir avec des mesures et des croquis. Il avait entendu parler de
farine. Depuis, il espérait. S'il ne pouvait pas se battre contre
l'Espagnol qui ne venait pas, peut-être pourrait-il reprendre ses
anciens offices. Il y avait eu des mules - d'autres, qui avaient l'air
mieux nourries que la rancunière. Quelques touristes protestaient car
ils avaient construit une baraque à proximité, et que celle-ci ne
faisait pas bien sur les photos. Trop moderne. Pourtant, elle était en
pierre elle aussi - pas si vénérables que les siennes, mais des pierres
tout de même, celles qu'ils avaient sorties du champ où ils avaient déjà
commencé à planter des céréales. Son ami le chêne lui demandait parfois
s'ils avaient l'intention d'utiliser ses glands - il aurait bien voulu
contribuer au bonheur de son ami, lui qui était parfois fatigué de
n'être qu'un abri à pique-niques. Mais à ce qu'il semblait, ce n'était
pas encore revenu à la mode. Il y aurait sans doute du petit épeautre,
qui était de plus en plus connu et apprécié. Du kamut peut-être. Le
nouveau boulanger était dans l'air du temps - c'est-à-dire dans l'air
d'antan.

Alphonse rêve. Il attend, observant le paysage du haut de sa colline,
que vienne sa renaissance et le moment où il pourra enfin déployer ses
ailes au grand vent.

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