Une porte s’est ouverte

Aujourd’hui je vais vous raconter un conte de fées, un vrai conte de fées. À l’origine j’avais prévu d’inventer une nouvelle histoire merveilleuse – si toutefois mes histoires ne sont que des histoires et pas une autre réalité… –, mais samedi, en allant voir mes chevaux à l’écurie, j’ai vu un conte de fées, sous la forme d’un jeune étalon de trait et d’un ânon, ensemble dans le box à côté de celui de mon poney.

Je ne connais pas les détails de leur histoire, juste les grandes lignes. Ils reviennent tous les deux du couloir de la mort. Je ne sais pas pourquoi, je sais juste comment. Une dame s’est retrouvée chez un maquignon, elle a vu le poulain et l’a racheté. Au moment de partir, elle a vu l’ânon et il lui a fait tellement de peine qu’elle l’a acheté aussi, puis elle les a amenés tous les deux dans notre petite écurie.

Ils ne sont pas maigres – normal, ils devaient être vendus pour leur viande –, mais ils sont sales et effrayés. Leurs sabots sont bien trop longs, et l’étalon, bien que jeune, n’a presque plus de dents. Je n’ai pas fait de photos, ils font trop mal au cœur. Samedi, ils se sont laissé amadouer par un bout de pain, l’ânon étant bien plus méfiant que son compagnon. Dimanche, quand je suis retournée à l’écurie, ils étaient dehors et découvraient une merveille : un pré. Je suis restée longtemps avec eux, et si l’ânon est resté prudent, l’étalon a découvert les caresses, et j’ai vu la peur et la tristesse quitter en partie son œil si doux.

 

Je ne sais même pas s’ils ont un nom, mais vendredi 18 mars 2016, une porte s’est ouverte pour eux.

Défi 395 du samedi 19 mars 2016