Rêveuse , Marie se laissait porter par les bruits qui rythmaient sa vie.
Le robinet coulant goutte à goutte dans la cuisine ...
L'horloge comtoise qui , mutine, confirmait à chaque seconde qu'elle s'en balançait de ce monde de fous ...
La radio de la voisine qui, à 8 heures, donnait à Marie  le top-départ d'un saccato dans les escaliers ...
Les soupirs de la rame de métro, le clap de la fermeture des portes ... Moment suspendu, attente déçue ?
Non, pas aujourd'hui !
Dans un déchirement  la porte vient de se réouvrir et une silhouette se faufile, candidate, sans le savoir, au jeu de Marie : le métro-nomme.
Marie les guette ces retardataires qui rompent la monotonie des trajets, hoquets dans le rythme parfait.
Certains semblent s'excuser du dérangement et, regard fuyant, se fondent dans la rame.
D'autres, tout sourire, cherchent les regards l'air de dire : " J'ai réussi ! Je suis le champion du métro !"

Ce matin, entre le bonnet, les lunettes, l'écharpe, la doudoune ... Difficile  de se faire une opinion.
Il reste debout, un parapluie dans une main, une serviette au bout de l'autre ..
Les yeux de Marie pétillent, c'est un Jean !!! Un Jean-métro !!