Les péripéties du voyage pour arriver à ma destination africaine furent épiques ! Retards, changements de cap, escale supplémentaire et bagages livrés quelques jours plus tard, pour faire bref.

La semaine de travail fut dense, extraordinaire et drôle à la fois ! Perturbante pour moi qui n'avais jamais posé un pied en Afrique, et encore moins en Afrique du centre est.

Les derniers jours furent plus calmes.
Samedi, mon amie et collègue (expatriée) me fit visiter la ville, en voiture.
Dimanche, nous partîmes en Range Rover vers la « ferme africaine ». J'étais à mille lieues d'imaginer que, passés les faubourgs, la savane s'étendait à perte de vue.
C'était l'hiver là-bas. La végétation était rabougrie, les pistes étaient en latérite et la terre rouge nimbait l'horizon d'un brouillard ocre. Les volutes de fumée signalaient la présence de  villages.

Nous étions attendus à la ferme. Après le repas, mon amie et moi, prîmes la direction du « parc ».
Une volée de singe nous encercla dès l'arrivée. Quelques mètres plus loin, une girafe traversa élégamment le sentier. Je l'admirais. Elle me snoba.
Le chemin au mille nids de poule nous permit d'admirer d'un troupeau zèbres broutant paisiblement, des dromadaires, tout aussi paisibles, des gazelles et des gnous. Nous vîmes quelques serpents s'enrouler autour de branches hautes.
Tout au long de la promenade, s'élevaient des monticules impressionnants par leur structures. Des termitières. Au sommet de certaines, vidées de leurs occupantes,  étaient posées de petites cabanes d'où la vue était infinie.
Nous nous fondions dans la nature, le silence était majestueux.

Au loin, un vol de hérons attira notre attention. Le plan d'eau n'était plus très loin. Un homme nous dépassa sur son antique vélo, un immense fagot de bois  fixé en équilibre instable sur le porte-bagages.

Le site était d'une beauté époustouflante.
Près d'un minuscule ponton, il y avait une case. Pareille à toutes celles que j'avais vue le long de la piste. Carrée avec un toit de branchages. Une entrée arrondie, un tas de cendres, un fauteuil  en plastique blanc et le vélo.

C'est alors que, dans le silence absolu s'élevèrent les  notes cuivrées du troisième mouvement du concerto pour trompette de Haydn…