Si on devait décrire l'éléfantuba par son principal trait de caractère, on dirait qu'il est joueur.
L'éléfantuba est joueur, il joue du proboscis, un appendice tarabiscoté comme celui des papillons et du tapir mais en plus gros et plus long; déroulé, son proboscis mesure plus de cinq mètres. Il est long, long, commence à sa bouche pour s'arrêter au bout d'un moment.
L'éléfantuba est aussi très lourd, si lourd qu'il joue assis.
Il se déplace de concert – on dit aussi de conserve mais c'est plus alimentaire – c'est à dire d'un commun accord, en groupes d'une dizaine d'individus qui vont et viennent du baryton à la contrebasse.
Doué d'une mémoire prodigieuse, l'éléfantuba est capable de barrir par coeur et de tête la “Symphonie fantastique” de Berlioz sans respirer, dont la difficile quatrième partie nommée “Marche au supplice” en raison de la taille imposante du pachyderme.
Les facultés de mimétisme des éléfantubas sont étonnantes, particulièrement leur boléro de Ravel ou leur tutu rose dans “Eine Alpensinfonie” (Une symphonie alpestre) de Richard Strauss.
Parfois presque invisible on retrouve sa trace en Afrique dans le beurre de Karité ou en Asie dans le beurre de Karité importé d'Afrique.  
Ses lignes pures et pleines inspireront plus tard le style Du Barrit, précurseur du style Louis XVI (Croix-Vé-Bâton) qui n'a rien à voir.

Si l'éléfantuba commun barrit, on dit de la race à poils longs qu'elle barète à la manière du chameau ou du rhinocéros.
L'éléfantuba adulte est herbivore alors que le novice se nourrit de canards – exclusivement de bar-barrit – avant de devenir tubiste confirmé.
L'éléfantuba produit des sons par l'avant et du biocarburant par l'arrière – cocktail de végétaux putréfiés, enzymes et micro-organismes appelé bouses –  mais on s'éloigne largement du sujet.
On dit qu'autrefois l'éléfantuba jouait de la harpe mais comme lui les légendes ont la peau dure; c'est pourquoi on qualifie l'éléfantuba de dur-à-cuivre.
L'éléfantuba blanc a un physique imposant et transpire beaucoup; surnommé le maestro de l'amour son registre plutôt rhythm & blues et soul fait dire de lui qu'il barrit white.

A contrario la race allemande plus svelte possède un tuba wagnérien, le mâle est accordé en Si bémol et la femelle en Fa; on dit alors qu'ils ne sont pas sur la même longueur d'onde.
L'éléfantuba noctambule possède une sourdine de la marque Yamaha reliée à un casque géant qui couvre les deux oreilles et lui permet de barrir la nuit en toute discrétion dans le respect de l'article L.571 du code de l'environnement de la savane et de la jungle.
Le proboscis de l'éléfantuba est très recherché par le braconnier qui multiplie les stratagèmes: fosse d'orchestre, jeu du éléfantuba-y-es-tu, jeu du j'ai-du-bon-tuba-dans-ma-tubatière, etcetera.


Nota: On ne doit pas le confondre avec l'éléphant de mer ou éléfantubademer dont le tuba est en caoutchouc pour la plongée en apnée et que nous étudierons prochainement.