Il sera une fois, dans un avenir proche, incertain….

Depuis des lustres, le livre en papier a complètement disparu ! Plus de bibliothèque, plus de libraire, plus de Bernard Pivot ! Tout virtuel ! Que c’est triste !

Comme chaque jour au lever, je fais ma prière :

 « Mon Dieu, faites qu’on retrouve les  livres !

Les vrais, en papier !

J’ai  beaucoup de mal avec tous ces E-Books !

Internet, c’est de plus en plus compliqué !

Donnez-moi s’il vous plait mon bouquin quotidien.

Et préservez-moi du mail ! »

Un livre, ça pèse en moyenne une livre, (cinq cent grammes). Mais c’est lourd dans la main comme un concentré de pensées, de savoir, ça pèse une vie et même, parfois, mille rêves, aussi ! C’est lourd, un livre, c’est dense, ça pense !

Et l’odeur, ou plutôt, le parfum ! Le parfum de l’encre, du papier, le toucher, aussi, la rugosité inégale du bois dans la feuille, le grain du vélin velouté, somptueux. Même bas de gamme, le papier est noble ! Fi  donc, de ces livres et journaux informatiques, fi  de ces tablettes et liseuses pleines de puces, émettant des  gloups,  des drings et des sifflements intempestifs, qui te donnent des crampes au pouce droit si tu les lis au lit !

Vous me direz, je pense que c’est le contenu qui est important ? Que le fond et la forme de l’écrit valent mieux que le support ? En somme, me direz –vous, « peu importe le flacon, pourvu… »

Et bien, non ! Le papier donne aux mots écrits une chaleur palpable, une dimension tactile, un rassurant contact sensuel que vous ne trouvez pas ici, par exemple !

Ce jour là, sortant de chez moi en pestant de la sorte dans mon for intérieur, je vis un attroupement, une queue humaine plutôt, devant la Fnac , une pancarte annonçait : « Présentation en avant première du nouveau livre d’Alain ANDRE »       -Bah ! Me dis-je, encore un e-book de ce crétin sans talent ! Je m’approchais tout de même, vous savez comme nous sommes curieux et badauds à notre âge, n’est-ce pas? Et, la, dans le hall, sur des tables …Une pile de livres ! De bons vieux livres en papier ! Je frémis, les nasaux humides et dilatés… Je me contorsionne, me faufile, j’arrive en tête de gondole, essayant de voir l’ouvrage… Ah ! Voila le titre :

 «  RETROUVER LE LIVRE  EN PAPIER »   Alain ANDRE.

Dédicacé par l’auteur en chair et en os !