A force de naviguer entre deux résidences, elle finissait par s'emmêler les repères.
La semoule qu'elle avait cherchée en Picardie, se retrouvait dans la maison du Pont.
Même le courrier, de réexpédition en arrêt, semblait se balader sans cesse, désertant la boîte aux lettres.

A chaque arrivée, un ménage à fond s'imposait.
Et là, entre le gros livre rouge, prix scolaire d'une autre époque, " Le roi des montagnes" et le missel débordant d'images pieuses de Grand'mère, il l'attendait.
Sous la couverture cartonnée, craquelées, élimée ( non par le temps , mais par une manipulation répétée ), quelques pages cornées témoignaient d'une jeunesse irrespectueuse.
Puis étaient venues les caresses du doigt tournant délicatement la page, une lente lecture pour profiter du parfum des mots.

Premier livre lu de bout en bout, sans zapper les longues descriptions.
Premier livre où tout fut perçu comme essentiel, où tous  les sens bousculés, chahutés prirent leur part.


L'histoire s'était reposée, prête à reprendre son envol, pages de velours, froissements de soie..
 "Au bonheur des dames "...
Merci Monsieur Zola !