Terrible addiction

 

Je ne sais plus trop quand j’ai commencé à développer cette terrible addiction. C’est loin, bien trop loin pour que je m’en souvienne. Depuis toujours, d’après mes parents. Ils doivent s’en rappeler mieux que moi !

 

Ce qui est sûr, c’est qu’elle s’est aggravée lorsque je suis entrée à l’école et que j’ai appris à lire. Très vite je n’ai plus eu besoin de personne pour dévorer toutes ces merveilleuses histoires contenues dans tous ces jolis livres à la couverture alléchante et au résumé tentateur. Déjà enfant, une préférence pour les romans policiers, les histoires fantastiques, les romans d’aventures – cape et épée, pirates… –, les histoires d’animaux et bien sûr les histoires d’amour qui finissent bien. L’un après l’autre, dévorés, rangés avec amour – interdiction de toucher à ma bibliothèque sous peine de foudres divines et mortelles ! –, parfois lus et relus, les records de relecture étant pour « Croc-Blanc » de Jack London et « Le Seigneur des Anneaux » de J.R.R. Tolkien.

 

Et puis un jour – quand ? Je l’ignore –, cela n’a plus suffi. Il y a avait toujours quelque chose qui n’allait pas, un détail de l’histoire que je voulais changer, un personnage que je voulais sauver de la mort, enfin bref, un truc. Alors j’ai commencé à réécrire les histoires, d’abord dans ma tête, puis sur le papier.

 

Jusqu’au jour où j’ai commencé à inventer les miennes, d’abord juste pour moi, et enfin un jour pour les autres.

 

 

 

Ma terrible addiction était devenue mon métier. À presque 50 ans, je réalisais enfin mon rêve de toujours : être écrivain.