Se sont pliés à la consigne
Fairywen ; Pascal ; Laura ; Vegas sur sarthe ; JAK ;
Walrus ; Venise ; bongopinot ; joye ;
Apprentissage (par joye)
Maintenant, je sais que mes capteurs n’étaient pas particulièrement sadiques, mais lors de ma captivité, surtout au début, j’étais convaincue qu’ils prenaient un peu trop de plaisir à me battre, me gifler, et, même pour un temps, me fouetter. Je devins accoutumée au goût de sang dans ma bouche et le noir dur et froid de ma cellule.
L’un d’entre eux, un petit gros, aimait surtout m’arracher les cheveux. Je me souviens du jour où je le vis, juste avant de m’évanouir, brandir une poignée blonde, tout en criant triomphalement. Aujourd’hui, encore, quand j’entends parler d’une voix agitée une langue que je ne connais pas, certaines parties de mon cuir chevelu me brûlent un peu.
Plus tard, je compris qu’ils obéissaient tout simplement aux ordres. Il leur fallait seulement me garder en vie, tout en sachant que mon cadavre ne valait rien. Entre un corps vivant et un cadavre, pourtant, qu’il y a des centaines de possibilités pour soulager les frustrations. C’est ce que nous apprîmes ensemble, mes capteurs et moi.
Cela dit, il était presque trop tard avant que je ne retrouve des moyens pour vivre la plupart des brutalités, mais c’était par accident. La leçon fut longue et je faillis mourir avant de comprendre comment m’en échapper.
C'était le jour où l’un, un grand, un peu plus en colère que les autres, vint me voir en brandissant une matraque. Au troisième coup, ou peut-être au sixième, j’oublie, je perdis conscience, mais juste avant, j’avais l’impression d’être devenue un petit oiseau.
L’hallucination me permit de croire que les écrasantes douleurs venaient non pas de ses coups sauvages mais plutôt d’une paire d’ailes qui me poussaient dans le dos. Je me souviens aussi des chants d’oiseau que j’entendis juste avant de m’évanouir. Je compris plus tard que les pépiements venaient de ma propre gorge, aux moments où je n’avais ni plus la voix ni la force de hurler.
Bref, c’est ainsi que je pus y survivre, avant de retrouver ma liberté si je peux vraiment me servir de ce mot. Je ne peux plus me tenir debout, ni marcher sans une canne, et les cicatrices au visage me rendirent méconnaissable, même pour ma famille. Maintenant, je vis seule et je n’ai plus de miroirs à la maison, c’est plus facile ainsi.
Il m’arrive de sortir, mais j’avoue que c’est récent.
Par exemple, l’autre jour, au parc, je vis une petite fille au parc qui avait rattrapé un petit oiseau, je ne sais pas comment.
Elle le tenait dans sa petite main sale. D’un coup, j’entendis des pépiements, et je sentis battre des ailes autour de nous. Il paraît que quelqu’un prit la petite par le bras, et la secourut afin qu’elle relâche l’oiseau, qui lui, profita du moment pour se sauver de sa captivité.
Après, on me dit que c’était moi qui hurlais, et que c’était moi qui avais attaqué la gamine.
Je ne sais plus.
L’important, c’est que ce moineau et moi, on est de nouveau libérés.
l'oiseau tombé du nid par bongopinot
Si vous les voyez
Ne soyez pas étonnés
Il se sont rencontré
Au lendemain d'un vent effréné
Lui, était tombé du nid
Un jeudi dans la matinée
Elle, enfant abandonnée
Sur le chemin de l'oubli
Lui, avait son aile abimé
Et il était affaibli
Elle, avait son cœur brisé
Et était seule dans la vie
Lui, piaillait sans cesse
Elle entendit de petits cris
S'approcha et s'accroupit
Et elle le prit avec tendresse
Le déposa au creux de sa main
Où tout de suite, il se blottit
Sa douceur et sa chaleur l'envahirent
Pour eux, il était déjà loin le chagrin
Tout deux partis sur les routes
A deux plus fort que jamais
Elle marchait et il chantait
Dans leurs yeux plus de doute
Participation de Venise
Je viens de comprendre quelque chose en regardant cette photo.
Une chose capitale.
La révélation si on veut.
Je viens de comprendre que le vivant comptait sur nous.
Et que nous avons revêtu l’habit du fossoyeur.
Nous passons à la surface de ce monde sans l’aimer.
Nous ne sommes pas arrivés à ne pas faire le mal que nous avions en nous.
Mais un jour une fauvette épuisée vous tombe dans la main.
Elle ignore l’existence du mal que vous avez en vous.
Agrippée au rideau de la beauté du monde, la fauvette vous cloue le bec. !!!Comme font les grands maitres quand ils veulent vous donner une leçon de modestie.
La fauvette c’est notre employeur, elle est prête à nous licencier un masque de voleur de vie sur la figure .
Depuis cette fauvette dans la main je ne suis plus orpheline, je suis la fille de la fauvette.
Nous devrions tous restaurer cette filiation avec la nature et colporter les dernières nouvelles du ciel .
Nous avons posé notre chaise sur un gouffre et seules les fauvettes en faisant des trous dans la nuit ont le pouvoir d’arrêter cette chute.
Nous sommes devenus et resterons des moineaux effrayés devant la puissance de la nature
Le ciel dans la main (Walrus)
Je dirais un moineau, femelle.
Il n'y en a plus à Bruxelles.
Si leur absence me fait mal,
Eh bien je cours au Portugal !
Le Choix (JAK)
Petit oiseau veux tu la bague,
La bague qui va t'enserrer
Serrer, cerner de près, ou bien veux tu
Veux-tu être enfermé dans une cage dorée ?
D’ores et déjà je t’en supplie choisi la liberté
Liberté me réponds-tu est ce possible dans ce monde
Ce monde où tout est répertorié, surveillé coincé!
Coincé entreet
Au lieu de voler là-haut, bien haut vers la liberté
Zenobia (Vegas sur sarthe)
C'est décidé quand je serai grand, je serai ibis.
Pas n'importe quel ibis... pas un rouge d'Amérique ni un nippon made in Taiwan mais un ibis chauve, un de ces échassiers à tête rouge vêtus de noir un peu comme les bédouins.
Alors sans me retourner je m'envolerai jusqu'à Palmyre pour aller aider la dernière femelle - Zenobia - à enseigner la route migratoire à quelques jeunes ibis rescapés.
Ce matin on a passé la frontière dans un autobus hongrois; je n'ai pas quitté la main de ma petite amie, celle qui m'a trouvé dans un fossé il y a maintenant deux semaines, piaillant et ébouriffé.
Ici on est bien traités et la nourriture est abondante, beaucoup trop pour mon appétit d'oiseau; tout ça doit coûter cher et on ne sait même pas qui paie tant la confusion est grande.
On raconte que d'où je viens les gardes forestiers ont été chassés du centre par des fanatiques et que la balise de Zenobia a cessé d'émettre.
Je ne suis qu'un maigre piaf mais quand j'aurai repris des forces, troqué mon bec contre un plus grand et rallongé mes rémiges, je reviendrai combattre cette injustice de toutes mes griffes, mes seules armes mais elles en vaudront bien d'autres.
Ils ont voulu détruire la mémoire des hommes mais l'ibis chauve renaîtra et avec lui bien des espoirs...
Zenobia et moi, nous nicherons dans ce qui reste des ruines des joyaux du Moyen-Orient, et de nos cris rauques et nasillards nous ranimerons l'espérance sur les sanctuaires reverdis.
Dans un ciel sans nuages nous dessinerons un arc de triomphe bien vivant et indestructible...
Les amis des oiseaux (Laura)
Ne croyez pas que je n’aime pas les oiseaux
Les fleurs, les chats, les chiens et autres bestiaux
Et j’aime les gens qui protègent les oiseaux
Les recueillent, les soignent et les relâchent plus beaux
Ce que je reproche à certains des amis des oiseaux
C’est de s’attendrir démesurément sur des animaux
Tout en blessant sans honte les humains, leurs égaux
Psychologiquement et même physiquement, comme certains bestiaux
Qu’ils vénèrent tout en ignorant leurs principes moraux.
Comme la caresse à un chat ou la photo de végétaux
Fait mal à celui qui attend un seul d’amour de ses liens familiaux
Liberté (Pascal)
Regardez ! Regardez dans le creux de ma main !
C’est mon oiseau ! C’est mon oiseau !
Au pied d’un nid, je l’ai trouvé au petit matin !
C’est mon oiseau ! C’est mon oiseau !
Regardez ! Regardez comme il est magnifique !
C’est mon oiseau ! C’est mon oiseau !
Il est un enchantement, un tour de baguette magique !
C’est mon oiseau ! C’est mon oiseau !
Si je lui coupe les ailes, il sera à moi pour toujours…
Ecoutez ! Ecoutez tous ses registres d’entrain !
C’est mon oiseau ! C’est mon oiseau !
Jamais il n‘a de cesse de me réciter ses refrains !
C’est mon oiseau ! C’est mon oiseau !
Je vais le garder, c’est mon ami, je vais l’apprivoiser !
C’est mon oiseau ! C’est mon oiseau !
On ira par les chemins, tous les deux, on ira pavoiser !
Si je lui coupe les ailes, il ne sera plus jamais un oiseau…
Caressez ! Caressez la douceur de son plumage !
C’est mon oiseau ! C’est mon oiseau !
Dans ma vie, il n’y aura plus de terribles orages !
C’est mon oiseau ! C’est mon oiseau !
Jamais il ne me délaissera pour retrouver des belles !
C’est mon oiseau ! C’est mon oiseau !
Jamais plus il ne s’éloignera de moi à tire d’aile !
C’est mon oiseau ! C’est mon oiseau !
Et pourtant, c’est l’oiseau que j’aime…
Variations sur le poème basque : « Txoria Txori » de Joxean Artze.
https://www.youtube.com/watch?v=63GO1URJKOs
Merci à Fred Arrieta, (forcément basque) à qui j’exposais le thème de la semaine, de m’avoir soufflé ce magnifique dilemme.