Je n'ose penser à l'état de mes pieds, si je devais parcourir Paris, Bruxelles, Londres, Reims, Charleville-Mézières, Stavelot, Laon, Luxembourg ou Utrecht avec des Louboutin rouges et vernis...

 

Et pourtant, « J'ai des souvenirs de ville comme on a des souvenirs d'amour... »

 

Cette phrase, de Valéry Larbaud, prononcée par A.O. Barnabooth, Larbaud, dont je n'ai lu que « Fermina Marquez » et « Enfantines », malheureusement, a été reprise par mon cher Poète, Odilon-Jean Périer, au seuil du Citadin – son long poème en alexandrins sur Bruxelles.

 

Et moi, qui ai eu une seule paire d'escarpins rouges, tiens, c'est vrai, je les avais oubliés – achetés un jour de mars et que je portais avec une jupe-culotte et un chemisier pékiné - moi, j'en oublie ce que je voulais écrire. Si ce n'est que j'aime le rouge : les robes rouges, les chaussures rouges, les dessous rouges, les murs rouge – foncé – les ongles rouges, mais pas la bouche rouge, cela ne me va pas.

Et les pulls rouges.

 

Donc, j'aime toujours le rouge – autant que les villes.


Et les campagnes. Mais là, dans les forêts et les chemins de bruyères, je suis obligée de marcher avec des chaussures qui ressemblent à des fers à repasser. Comme dans « Le bruit et la fureur » (ou ma mémoire me trompe-t-elle ? Je crois qu'il y est question de chaleur, de suicide et de noyade, mais il y a tellement longtemps que j'ai lu Faulkner!)

 

Donc, j'aime le rouge, et faute de porter des Louboutins rouges, je photographie des ballons rouges.

 

A Charleville-Mézières, où l'on parle du Cabaret vert, cher à Rimbaud.

 

Cabaret vert qui se trouvait dans la campagne près de ou à Charleroi, chez nous...

 

Rouge : texte et photographie : Pivoine à Charleville-Mézières, place Ducale, le 15 août 2015.

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