23 mai 2015

Défi #352

     Coucou c'est moi !

 

coucou-c_est-moi

 

Nous attendons avec plaisir

tous vos "coucou-surprises" à

samedidefi@gmail.com

                       A tout bientôt !   

 

 

 

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En avoir marre, cela arrive à tout le monde (par joye)

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Minutes du Greffe (Pascal)

« La chienne du voisin a aboyé toute la nuit, Monsieur le procureur. La veille au soir, vers vingt-trois heures, je suis allé sonner chez lui : pas de réponse. J’ai insisté : toujours pas de réponse. A la pluie, coincée sur une sorte de terrasse « emprisonnante », de loin, la pauvre bête me faisait des fêtes. Belle qu’elle s’appelle. Désespérée d’être esseulée, elle gémissait toute sa solitude au vent et aboyait dans la nuit, au moindre bruissement ; seuls ses échos revenants, ses nuisances sonores exaspérantes répondaient à ses appels inconsolables entre les murs du lotissement. J’ai encore sonné, j’ai apporté une poignée de sucres au clebs, j’ai attendu vainement le plus petit signe de vie dans la maison, une minuscule lumière, un bruit, j’en avais marre…  

Ces aboiements me vrillaient les tympans ; c’était pire qu’une punition, c’était  une exécution capitale, la terrible sentence du Bruit. Quand je me recouchais, au moindre jappement, j’avais une sueur pénible qui me submergeait le front ; j’étais comme un otage désespéré. Je concoctais mille plans machiavéliques pour faire taire la bête. Piège, poison, coups de fusil, noyade, rien n’était à la hauteur de toute la folie qui m’envahissait. Je voulais la voler, la charger dans ma bagnole et la perdre loin dans la nature. Je voulais soudoyer quelques tueurs à gages pour s’occuper de la besogne. Je voulais dézinguer le maître pour qu’on donne la source du bruit à quelqu’un d’autre. J’étais un ours en cage, un fauve rugissant, un loup blessé. Abruti de colère et d’impuissance, je repartais sonner chez lui avec une vindicte de bourreau…

Ce n’est pas la première fois que j’allais le voir pour lui demander de calmer son animal, Monsieur le procureur. Pendant l’été dernier, après un échange de civilités aigres-douces, le ton était monté très vite sur une partition d’algarade, surtout qu’il était deux heures du matin ! Enfin, il a daigné rentrer son animal. Il faut dire qu’il avait sa façon de se faire obéir ; je l’observais à travers les volets de ma chambre.  Il lui jetait tout ce qui lui tombait sous la main ! Des pierres, des bouteilles, jusqu’à un lourd madrier qu’il tenait comme un gourdin ! A deux heures du matin, ce pauvre vieux bonhomme en train de donner une leçon de dressage à sa Belle ! Une autre fois, il m’a traité de taré quand j’ai ouvert mes volets à minuit pour lui signifier vertement d’arrêter les aboiements intempestifs de son animal ! ...  

Atteint d’un troisième âge accaparant, il a hérité de ce chien par je ne sais quel hasard de cadeau empoisonné. J’ai entendu dire que c’est sa fille qui l’a sauvé in extremis d’un chenil où il était normalement prévu pour l’euthanasie. Comme son père venait de perdre son vieux clébard, elle en a profité pour lui refourguer celui-là. Avec son geste, elle faisait d’une pierre deux coups ! Elle sauvait la bête de son terrible destin et elle redonnait à son père la saine occupation de s’occuper d’un autre chien. Elle pouvait se ceindre d’une auréole de sainte, la fifille ! ... Depuis, c’est l’enfer dans cette rue du lotissement. Il me semble être le seul dérangé par tous ces glapissements. Boules Quies, somnifères, casques anti-bruit, surdité, tolérance au-delà de l’indulgence, patience, faiblesse, peur : je ne sais pas comment les habitants gèrent ces agressions sonores au quotidien.

Oui, je continue ma déposition, Monsieur le procureur… Cette nuit-là, il n’a pas ouvert et le chien a aboyé toute la nuit. Le matin, je sonnais même chez sa voisine d’en face pour avoir son opinion sur cette nuit désastreuse. J’appris le numéro de tel de sa fille, qu’il avait une pile au cœur avec des problèmes cardiaques et qu’il n’avait peut-être pas envie d’ouvrir sa porte…  

Je partais faire quelques courses ; à mon retour, la situation n’avait pas évolué. Les aboiements du chien continuaient sans fléchir de perturber la quiétude de la rue.

Sa voiture était là ; il avait peut-être pris une attaque, le dresseur nocturne. Je sonnais à sa porte, je téléphonais à la fille : pas de réponse, j’appelais. A part le clebs qui me faisait ses fêtes, tout était silencieux dans la baraque…  

Alors, j’ai mobilisé la cavalerie et à tout le bataclan : j’ai composé le 17. Ils sont venus, ils étaient tous là ! Police Municipale, pompiers, SAMU ! Ils sont passés par-dessus le portail, libéré le chien qui s’est aussitôt enfui, tambouriné à la porte d’entrée ! Ils ont fait le tour de la maison, cherché un passage, défoncé une fenêtre ! Ils ont inspecté les pièces, fouillé le garage, la cave, la chaufferie, le grenier : il n’y avait personne. Des coups de fil s’échangeaient avec des interlocuteurs invisibles, mais j’entendais leurs voix dans les hauts-parleurs des radios. Il n’était pas chez lui, cet enfoiré ! Après enquête, monsieur s’était fait hospitaliser vingt-quatre heures pour qu’on règle sa pile et il avait laissé son chien dehors ! Tu parles d’un maître ! ...  

En fin de matinée, la queue entre les jambes, la chienne est revenue de sa balade. La bonne samaritaine était là. Une autre voisine discutait avec elle. Je me suis approché. Dans la conversation, j’entendais des : « On va s’en occuper ! ... » « Au moindre problème, nous serons toujours là pour lui ! ... » « On le prendra avec nous, le temps qu’il faudra, et surtout qu’il ne se gêne pas ! ... » Décidément, cette dévouée voisine était vraiment une ambulancière, que dis-je : une véritable sainte pour prendre en charge ce vieux monsieur ! ... En fait, elle parlait du chien… Je m’en suis aperçu quand elles ont parlé de croquettes, d’eau et de gamelle…  

Comme si de rien n’était, le vieux Wonderman est rentré chez lui avec sa pile toute neuve. Pas d’excuses au voisinage, pas d’amélioration quant aux aboiements de sa Belle, rien qui puisse justifier un quelconque apaisement.

J’y viens, Monsieur le procureur… Ce fameux jour, très matinal, son clébard y est allé de tous ses trémolos les plus appliqués de chien aboyeur. J’ai appelé le dresseur au tel, je lui demandais poliment de calmer son animal ; j’ai tenté de lui expliquer que le droit de chacun s’arrêtait où commence celui des autres, les rudiments de la politesse, les diverses actions en justice que je pourrais entreprendre avec ses troubles du voisinage, etc. Savez-vous ce qu’il m’a répondu, le old cardiaque ?... « Mon chien s’exprime… » Avant qu’il ne pète sa pile, j’ai pété un plomb, comme on dit ! ...

Voyez-vous, Monsieur le procureur, moi aussi je me suis exprimé ! Ha, ha ! ... J’ai décroché le fusil de chasse, mis deux cartouches dedans et j’ai foncé jusqu’à son portail ! Au premier aboiement, j’ai fumé le clébard ! La Belle connaissait la Bête ! Ha, ha ! ... Quand le vieux a mis le nez à sa fenêtre, je l’ai fumé aussi ! Un carnage ! Du sang partout ! J’ai sauté par-dessus le portillon et j’ai achevé le clebs qui couinait, à coups de crosse ! Le vieux con avait la main sur le cœur comme s’il cherchait la marche forcée de sa pile ! Il respirait en alternatif ! Il m’implorait ! Il me réclamait de la pitié ! Je faisais la sourde oreille !  Ha, ha ! ... J’ai rechargé mon flingue avec des balles pour sangliers ! J’y ai mis deux coups dans la tête. C’est dur à crever, les vieux cons ! Avec les restes de sa trogne, il dégoulinait, le pépé ! ... L’était à plat de sa pile ! ‘Tain, j’aurais bien aimé que la voisine charitable se pointe pour réclamer des nouvelles du chien ; je lui aurais donné un pot de confiture de cervelle du Médor ! Ha, ha ! ... Mais non, elle est restée chez elle ; elle devait regarder Trente Millions d’Amis, cette conne… Sur la terrasse, je me suis installé dans le fauteuil du vieux. Si vous aviez entendu le Silence ! ... Je me suis endormi d’un sommeil de bienheureux ! Et c’est là que vos archets m’ont récupéré, monsieur le procureur… »

Pascal. 

 

PS : Tout est fiction : je n’ai pas encore de fusil de chasse… 

 

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j'en ai marre par bongopinot

 

Moi j’en ai marre

Est-ce le cafard

Ou ce brouillard

Qui me rend hagard

 

Par-dessus la tête

De mes défaites

Je suis imparfaite

On me maltraite

 

Plein les guiboles

De cette piaule

Du chat qui miaule

Rien n’est plus drôle

 

J’en ai plein le dos

De ce boulot

Et du métro

Je suis ramollo

 

Et puis ras-le-bol

Un petit alcool

Qui me console

Je tombe au sol

 

J’en ai ma claque

De ces arnaques

Alors je craque

Coup de matraque

 

J’en ai ma dose

Des ecchymoses

Besoin d’une pause

Mon corps repose

 

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Participation de Nhand

C'EN EST ASSEZ !

 

 

Je ne serai plus ce mouton
Qui t'obéissait sans se plaindre,
Marchait sous tes coups de bâton...
Car c'en est assez de te craindre !

Je ne serai plus ton soumis
De perroquet dans cette cage,
Rabaissé devant tes amis
Chaque jour un peu davantage !

Je ne serai plus ce jouet
Sur lequel se vengeaient tes vices,
Offert à tes coups de fouet,
Malmené par tant de sévices !

Je ne serai plus ton robot
En forme de brosse à reluire ;
Las de te cirer le sabot,
Je redeviens un dur à cuire,
Je te reprends ma liberté,
Ma voix, mon indocilité...
Tu ne pourras plus me conduire !

Vois-tu, le piètre paillasson
En un tapis volant se change...
T'emmener ? Merci, sans façon,
Pas de place à bord pour la fange !

 

 

LOGO NH-PF

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Revendications (MAP)

Vive la Liberté

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Marre, moi ? (Walrus)

Jamais !

Enfin... en gros.

Parce que si on entre dans les détails...

Mais j'vais pas vous emmerder avec ça, hein, vous en auriez vite marre.

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Participation d'Emma

topo

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Le cheval à bascule (Vegas sur sarthe)

Pourtant tout avait bien commencé.

Cette année là - alors qu'Al Capone et son mythe disparaissaient à la fleur de l'âge - naquirent David Bowie, Carlos Santana, Elton John et moi.

Fort heureusement ils n'avaient pas encore la notoriété qu'on leur reconnait aujourd'hui et donc ils ne firent pas d'ombre à mon arrivée.

A propos d'ombre, cette année là on la chercha beaucoup car ce fut une année de canicule, une année comme on les aime en Bourgogne, promesse de grands millésimes avec juste ce qu'il faut d'orages d'été pour relancer la végétation et obtenir une maturité inégalée des raisins.

Pas folle la guêpe, j'avais attendu début novembre et la fin des vendanges - cramponné à mon cordon ombilical - pour pointer ma tronche au sein de ma mère.

Ce n'est peut-être pas ce que j'ai têté de meilleur dans ma vie mais je n'ai pas protesté ni fait la fine bouche, d'abord parce qu'on ne parle pas la bouche pleine et parce que je ne parlais pas encore.

Quand j'ai commencé à le faire, tout le monde s'est pâmé, extasié alors que je n'avais rien d'important à formuler sinon quelques borborygmes qui signifiaient que j'avais faim ou sommeil ou les deux à la fois.

Déjà à l'époque une grande agitation régnait autour de moi, des choses que les grands appelaient des évènements et qui prouvaient qu'on était bien vivants.

Ainsi Fausto Coppi remportait son premier tour de France tandis que dans une autre discipline mais également en jaune Mao Tsé-toung proclamait la république chinoise alors que Boris Vian venait goujatement de cracher sur nos tombes... mais encore une fois je n'avais rien dit car on ne coupait pas la parole aux grands et puis je n'étais pas en âge d'avoir une tombe.

Je n'étais pas du genre à m'insurger et je suis resté assez longtemps ainsi d'humeur égale, flegmatique face aux petits et grands évènements qui survenaient, jusqu'à ce qu'on m'offre ce foutu cheval à bascule en sapin des Vosges.

Malgré bien des tentatives suivies de chutes spectaculaires je n'ai jamais réussi à le dompter, même en tentant de l'étrangler avec la corde de mon bilboquet tout aussi sauvage que lui puisque sa tige ne tomba jamais en face du trou!

A cet instant j'avais senti monter à l'intérieur de moi quelque chose de sauvage, une sorte d'agacement, d'irritation comme une vague d'exaspération venue du ventre et qui venait exploser jusqu'au sommet du crâne... alors j'ai jeté mon foutu cheval sauvage et mon bilboquet aux oubliettes, dans la cave comme on dit chez nous.

 

Le psy me regardait bizarrement: “Continuez”.

Plus tard, ça a été le tour de Margot.

Elle avait fait irruption dans ma vie avec le printemps et mes premiers boutons d'acné; ça faisait beaucoup de bouleversements à la fois et comme je ne pouvais rien contre le printemps et pas grand chose contre ces affreuses pustules (à l'époque l'acné se soignait avec du froid mais chez nous on ignorait les glaçons) c'est cette foutue Margot qui en a fait les frais.

Elle était gironde avec ses nattes blondes et ses grands yeux étonnés mais j'ai vite réalisé qu'elle aussi était indomptable, alors je l'ai rangée à la cave avec mon cheval d'où mes vieux sont venus la sortir en l'entendant chouiner.

Plus je grandissais et plus les vagues d'exaspération se rapprochaient et s'amplifiaient comme si mon ventre avait du mal à contenir une mer en furie.

Puis j'ai été appelé à troquer mes boutons d'acné contre ceux d'un treillis du 42ème régiment de transmissions à Rastatt en Allemagne où je passai une année à contenir mes vagues, bien aidé par cette infâme mixture qu'on appelle caoua mais qui contient avant tout des sédatifs.

Je contenais mes vagues et c'est tant mieux car j'étais trop éloigné de ma chère cave pour pouvoir y séquestrer tout ce qui m'exaspérait: rangers, MAS 36, casque lourd, tout un barda et aussi cette meute de sous-officiers qui aboyait comme de mauvais chiens et que j'aurais volontiers mis au trou.

On disait MAS 36 pour le fusil car parait-il les abréviations font moins peur aux appelés.

Enfin je fus libéré - comme on libère un esclave de ses chaînes - et, retrouvant ma chère cave j'entrai aussitôt dans la vie active après ces douze mois d'inaction.

 

La vie active est une manoeuvre compliquée qui consiste à se lever le matin et à se coucher le soir avec au milieu une alternance de moments d'agitation et de somnolence, de métro et de marche à pied, de grandes contrariétés et d'infimes satisfactions, comme le flux et le reflux des vagues d'un océan qu'on appelle carrière professionnelle.

Dans ce labyrinthe je croisais du matin au soir des Margot de tout poil - je veux dire des blondes, des brunes et des indéfinissables - des sténodactylos, des psychos, des intellos et des chefaillons, sortes de sous-officiers en uniformes d'actifs qui aboyaient comme de mauvais chiens ainsi que des tonnes de paperasses que j'étais censé trier selon d'improbables critères.

Autant dire que mes vagues d'exaspération avaient repris de plus belle et qu'on m'envoya souvent voir ailleurs si on y était!

Le psy avait l'air de dormir, pourtant il répéta: “Continuez”.

 

Pour calmer mes pulsions je trouvais un certain réconfort à “détourner” les plus belles paperasses que j'entreposais au fil des années dans ma chère cave, des bordereaux, des inventaires, des bilans, des tableaux d'amortissement, des récépissés, des fac-similés, autant de noms bizarres qui constituent le langage codé des actifs.

A chaque disparition de document c'était des suspicions, des remontrances et à chaque remontrance, c'était un dossier de plus qui venait alourdir mes étagères parmi les caisses de Chambertin et de Pouilly-Fuissé au point que la place vint à manquer dans ma chère cave.

C'était un signe. Il était temps pour moi de prendre ma retraite, comme on prend le dernier bateau du soir pour l'île d'Alcatraz, temps de quitter la vie active pour cette mer d'huile qu'est la non-activité.

Finies les contrariétés, les brimades, les ricanements mais finies aussi ces vagues d'exaspération sorties de mon ventre et qui venaient exploser jusqu'au sommet du crâne pour mon plus grand bien.

 

Cette fois le psy dormait tout à fait.

Depuis des mois et quand j'eus fini de brûler toute cette paperasse je commençai à m'ennuyer, j'étais comme mort.

Vous comprenez, je suis mort, MORT!!”

J'avais dû crier car le psy ouvrit les yeux, stupéfait de cette rafale soudaine dans le calme plat de son cabinet.

Je lui sautai à la gorge :”J'en ai marre!!”

Il se cabra comme l'avait fait jadis mon cheval sauvage en sapin des Vosges et tout en lançant quelques ruades pour me désarçonner il tenta de hennir, enfin... de crier, alors je serrai du mieux que je pus.

Combien de gens s'évertuent à couper le cordon avec leur psy, ce lien d'accoutumance, de dépendance, un piège, une foutue drogue.

Moi au contraire je serrais comme je pouvais l'invisible cordon de mes doigts.

On devrait toujours avoir une corde de bilboquet sur soi...

 

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