25 avril 2015

Défi #348

"Quand j'ai connu M. Hartz, il était marchand naturaliste et faisait

tranquillement ses affaires en vendant, aux amateurs de collections,

des minéraux, des insectes ou des plantes. Chargé d'une commission

pour lui, je m'intéressais médiocrement aux objets précieux

qui encombraient sa boutique, lorsque, tout en causant

avec lui de l'ami commun qui nous avait mis en rapport,

et en touchant machinalement

une pierre en forme d'oeuf qui s'était trouvée sous ma main,

je la laissai tomber."

...........................

"Laura ou Voyage dans le cristal" de George SAND 

 

Oeuf

 

A vous de continuer !

A tout bientôt à

samedidefi@gmail.com

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Tout n'est pas perdu, parfois c'est retrouvé (par joye)

Travailler dans un bureau d'objets perdus n'est pas toujours évident.

Tout d'abord, je suis tellement entourée de parapluies, de chapeaux, de serviettes, de livres, de manteaux et j'en passe qu'il est souvent impossible que j'y passe !

En revanche, c'est un boulot qui a ses récompenses.

Par exemple, quand je peux rendre un bambin à sa jeune mère ahurie - ne riez pas, cela arrive assez souvent - la joie est perceptible. Cela dit, j’ai fait des bêtises. Au début, puisque l'objet retrouvé n'avait pas de valeur calculable, je n'ai pas obligé la première à payer pour récupérer son bébé. Erreur ! Bien sûr que je devais ensuite changer de règlement, parce que, après que la nouvelle a circulé,  j'avais, dès l'ouverture, plusieurs « inventeurs » ou parfois une « inventrice » qui venaient déposer un enfant "perdu" et miraculeusement, la maman venait toujours le jour même, juste avant la fermeture, pour récupérer l'enfant  « perdu ».  Eh oui, j'ai commencé à avoir mes doutes quand lesdits « inventeurs » arrivaient en pyjama le bébé sous le bras et avec un biberon tout chaud prêt à donner...je veux dire, quelle coïncidence, hein ?

Alors, je dois maintenant être beaucoup plus stricte. Mais cela n'empêche pas que j'ai encore des clients intéressants.

Mardi dernier, vers 13 h 42, un vieux s'est présenté pour m'annoncer qu'il avait perdu l'ouïe. J'ai dû crier très fort pour lui faire comprendre - enfin ! - qu'il s'était trompé d'adresse et que le cabinet de l’ORL se trouvait en face.

Mercredi, une jeune nénette qui avait de ces rondeurs est venue pour me dire qu'elle voulait perdre quelques kilos. Malheureusement, quand je lui ai expliqué que mon boulot était de lui rendre ce qu’elle avait perdu, elle s’est fâchée et s’en est allée en claquant la porte.

J’avoue que c’est plus intéressant quand il y a quelqu’un qui a perdu quelque chose de facile à remplacer, comme la patience, par exemple. Je garde une petite bouteille de Xanax sous le comptoir qui marche toujours dans de tels cas. Le charpentier qui m’a dit qu’il avait perdu la main s’est calmé quand je lui ai passé une tronçonneuse oubliée chez une dernière victime par un tueur inattentif.­­­­­­ Et pour ceux qui ont perdu une bonne occasion de se taire, j’ai toujours quelques rouleaux de sparadrap pour éviter qu’ils répètent l’erreur.

Donc, oui, c’est un travail fascinant, mais ce n’est pas pour tout le monde, non.

Ce matin, par exemple, il y avait encore une fois du sang partout et je devais sortir ma serpillière et le flacon d’eau de Javel avant d’aller prendre mon café. Qu’est-ce qui s’est passé, vous demandez ?

Vous allez rire quand vous voyez à quel point c’est facile. Voyez-vous, c’était le corps d’une jeune femme qui est entrée -- le sang jaillissait encore de ses artères et ses veines exposées à l’air.  Pas besoin qu’elle m’explique, j’ai tout de suite compris ce qui s’était produit.

C’était encore une nénette de retour de St-Jean, qui avait été, la veille, serrée dans des bras audacieux. Comment ne pas perdre la tête, hein ?­­

J’ai alors pris un entonnoir, je l’ai mis dans l’œsophage grand ouvert et j’y ai remis un litre de sang-froid. Ensuite, je lui ai retrouvé une jolie tête blonde que j’ai recousue sur ses épaules avec un bon fil blanc solide, et elle est repartie, en fredonnant.

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Orphelines (JAK)


Miss Fétoubien est agacée. Elle en a ras-le-bol des disparitions journalières qu’elle constate lors de ses rangements. Elle a tout essayé pour résoudre le problème. Il reste récurrent.

Mais le plus étrange, c’est que ses copines, à qui elle a narré ses déboires, lui ont assuré avoir les mêmes.

Finaudes et équipées de leur Smartphone, elles ont décidé d’espionner ce qui se passe, en branchant une caméra dirigée sur le fauteur de trouble supposé, qui ne fonctionne que la nuit, aux heures creuses d’EDF.

Le lendemain, réunies devant un thé, elles zieutent attentivement ce qui se passe sur le visionneur.

Elles constatent que le responsable, rempli à ras le bord, démarre en couinant un peu vers les minuits 10. On le voit bien s’acquitter de sa tache ; tout tourne au poil, ca mousse…
Puis une petite demi-heure de silence, et hop le voila qui s’agite, il fait des tours et de retours comme si il voulait extirper quelque chose. Il est habité par un agitateur de première. C’est peut-être lui le coupable ?
Mais rien n’est apparu hors de l’engin… il est resté hermétiquement fermé. Il reprend sa pause finale  au bout d’une heure 30.

Ensuite,  elles vérifient de visu, ouvrent  la machine, déballent  l’ensemble constitué de nombreuses pièces diverses, et constatent avec des Oh ! ca alors ! , que certaines chaussettes ont perdu leurs sœurs ! Mais cela ne vient pas du lave linge,  elles vérifient  jusqu'à contrôler le tuyau d’évacuation : RAS

Le problème est donc en amont.

Bien sur, pour ne pas fausser l’enquête, elles avaient, la veille,  enfourné le linge comme d’habitude, sans vérifier les quantités exactes….

La maison est passée au peigne fin, du rez-de-chaussée au grenier, en passant par les dessous des lits des juniors, les disparues sont bel et bien envolées.

Alors ???

Ici je lance une requête, avez-vous entendu parler de ce cas ensorcelant pour beaucoup de ménagères ?

Oui, on peu jouer d’astuces, les épingler ensemble, ne pas les laver, en acheter des jetables…

Mais inlassablement,   seule en méditant rageusement, on range les esseulées dans une boite spéciale au cas où, mais la jumelle ne refait jamais surface laissant sa sœur pour toujours  orpheline.

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OBJETS TROUVES (Lorraine)

            On m’a trouvé sur la plate-forme du tram, accroché à la barre. Elle avait pourtant juré qu’elle ne m’oublierait jamais !

            « Il est trop beau, disait-elle à ses amis, c’est un modèle des années 70, tout fleuri, au long manche recourbé. J’adore ! C’est plus une ombrelle qu’un parapluie, je trouve ! »

            N ’empêche, me voilà aux « Objets trouvés ». Comme vous, je vois.

            - Oui . M’oublier, moi, la valise du week-end, sur un quai de gare ! Je fulmine ! Le chef de train fulminait aussi  et elle, par la vitre baissée, faisait de grands gestes inutiles. Elle filait vers le soleil ; moi j’ai filé jusqu’ici !

            La paire de gants sourit dans son coin. C’est la deuxième fois qu’on la perd. Elle aime assez, elle fait des rencontres. Tenez, ce foulard de soie rose    s’agite sur l’étagère, indigné. Il était choyé, parfumé, jeté négligemment sur l’épaule ou sagement noué dans le décolleté accueillant. Et le voilà à côté d’une casquette à carreaux pas très propre, d’une poupée unijambiste, d’un porte-carte bourré et d’un panier à provisions vide. Un roman de Marcel Proust baille discrètement, aligné près d’une pile de romans policiers à deux sous. Voici un agenda, trois porte-monnaie, un cardigan très printanier, un beauty-case, une serviette d’homme d’affaires et une paire de chaussons.

            Leur destin ? Attendre que les maîtres écervelée songent qu’il existe un bureau d’ »Objets Trouvés » et viennent les récupérer.

            Sinon ? Eh bien, un an et un jour plus tard, on les mettra en vente. Pour un nouveau destin ?...

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La salle des "pas perdus" (Emma)

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Petites histoires par bongopinot

 

Depuis que je suis enfant

J’égare tous les objets,

Je me fais du mauvais sang

Je suis distraite, c'est vrai

 

Téléphone portable

Souvent Indomptable

Oublié, disparu dans une ruelle

Et découvert au fond d’une poubelle

 

Mes clefs, courir après dans un murmure

Et retrouvées, là, dans la serrure

Ma belle trousse, tous mes stylos

Réapparaissent dans le frigo

 

Et les lunettes sur mes cheveux

Font des claquettes, c'est pas du jeu

Sur mon poignet, ma montre en or

Tombée à terre quel sera son sort

 

Depuis hier de nombreux objets

Se sont tout simplement rassemblés

Dans un beau et grand bureau

Pour nous conter tous leurs maux

 

Marre d'être égarés, parfois perdus

Par des distraits un peu tordus

Ils vont nous raconter tous leurs déboires

Alors commencez donc par vous assoir

 

C'est l'histoire du cartable oublié

Dans le vent le froid par l'écolier

Un soir à la sortie de l'école

Petit enfant un peu frivole

 

Et ce sac en cuir de dame

Que personne ne réclame

Et ce vieux portemonnaie

Un peu fripé un peu laid

 

Le grand parapluie fleuri

Perdu un jour sans pluie

Et cette télécommande

A la couleur gourmande

 

Et beaucoup d'autres vous attendent

A vous de jouer à la marchande

Pour objets tristes, atterris par terre

Pour que chacun retrouve son propriétaire

 

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Participation de Fairywen

La deuxième vie des objets trouvés

Un peu partout dans les villes, il existe des bureaux contenant des objets trouvés, qu’on pose là en attendant qu’un éventuel propriétaire vienne les chercher. C’est un vrai paradis pour les petites souris, qui y trouvent des tas d’endroits pour jouer et se cacher. Elles aiment parler avec ces objets pas si inanimés que ça, et qui ont des tonnes de choses à dire.

Il y a les parapluies, utiles les jours de pluie, oubliés les jours de soleil, si drôles à escalader.

Les portefeuilles vides – ben oui, s’ils étaient pleins, ils auraient retrouvé leur propriétaire – qui servaient de cachette aux souriceaux et souricettes dans leurs jeux.

Les clés qui finissent par oublier ce qu’elles ouvrent et qui faisaient des bruits si amusants.

Les chaussures dépareillées. Avec ou sans chaussettes. Elles servent de cachette aux petites souris, qui les préfèrent bien sûr avec chaussettes.

Les doudous perdus. Ça, c’est triste, les doudous perdus, car cela signifie qu’il y a quelque part un enfant qui pleure. Et les doudous pleurent aussi d’être séparés de leur enfant. Alors les petites souris essaient de les consoler du mieux qu’elles peuvent. Elles sont contentes quand les doudous s’en vont, mais s’ils restent, elles les adoptent, et même s’il n’oublie jamais son enfant, le doudou perdu trouve un apaisement en servant de lit douillet aux bébés souris.

Les valises qui servaient d’abri et qui racontaient leurs voyages.

Les vêtements toujours douillets, qui enveloppaient les souris de douceur et de tendresse.

Et régnant sur cet univers, le gros chat qui ne chassait pas, mais accueillait les petites souris entre ses pattes pour qu’elles soient bien confortablement installées lorsque les objets racontaient leur vie.

Illustration défi 347 du samedi 18 avril 2015

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Les clés du 36 (Vegas sur sarthe)

Allo Ouatson? Cette enquête sur le cambriolage du Bureau des objets trouvés... ça avance?”

Euh... on a pris du retard inspecteur. Vous connaissez pas la dernière?”

L'expression 'Vous connaissez pas la dernière' fait partie des phrases qui ont valu à l'inspecteur La Bavure un traitement de choc anti-stress: “Dites toujours mon vieux”.

Et bien figurez-vous que ces ploucs avaient perdu les clés du Bureau des objets trouvés!”

(Soupir)

Et alors?”

Et bien quelqu'un les a trouvées et rapportées mais ils pouvaient pas les accepter puisque le Bureau était fermé à clé alors j'ai eu l'idée d'essayer les nôtres - celles du 36 quai des Oeufs Frais - puisqu'ils sont au 36 rue des Morillons, alors je me suis dit qu'entre 36 on pouvait...”

Arrêtez mon vieux. Cette enquête, ça prend tournure?”

Une belle tournure inspecteur. Ouatelse et moi-même avons commencé par l'historique de la rue des Morillons. Savez-vous que les morillons étaient des petits raisins noirs récoltés dans les vignes de Vaugirard et qui...”

Ca suffit mon vieux. On n'est pas là pour les vendanges! Quoi d'autre?”

Très intéressant, inspecteur. A quelques centaines de mètres de là se trouve l'église saint Antoine de Padoue!”

Et alors? Vous allez à la messe pendant l'service?”

Non. Saint Antoine c'est celui qui aide à retrouver les objets perdus! C'est marrant, non?”

Bon Dieu, vous avez que dalle sur le cambriolage?”

Euh... si, inspecteur. D'après l'inventaire il y aurait plus d'objets après le cambriolage qu'avant le cambriolage! C'est dingue, non?”

C'est quoi c't'histoire? Les voleurs apportent des trucs, maint'nant??”

Attendez, Ouatelse m'a fait une liste que j'ai... que j'ai perdue. Faudra que je lui demande de m'en refaire une à l'occasion”

Pourquoi elle est pas avec vous?”

Euh... Ouatelse est juste en face, au parc Georges Brassens”

Qu'est-ce qu'elle branle au parc? Elle bronze ou elle est partie s'bécotter sur les bancs publics?”

Non. Elle suit les traces, inspecteur... des traces de pneus”

(Soupir)

Allez-y, mon vieux... j'peux tout entendre”

Les types étaient à vélo ou à trottinette - on sait pas encore - alors Ouatelse est sur leurs traces”

Et vous pensez trouver quelque chose deux semaines après les faits? Vous débloquez mon vieux! Et dans l'Bureau c'était comment?”

Euh... Bien rangé inspecteur. Les robes de mariée avec les robes de mariée, les prothèses avec les prothèses, par contre j'aurais pas mis les statuettes religieuses avec les vibromasseurs... mais ça c'est un choix purement...”

Abrégez mon vieux! J'vous d'mande juste si c'était le souk ou pas et quels indices vous avez pu recueillir?”

Le premier indice inspecteur, c'est que les clés de notre 36 rentrent bien dans la serrure de leur 36!”

(Soupir)

Bon Dieu, on a du mouron à s'faire côté sécurité de l'état-major!! A part ça?”

Je me souviens des objets trouvés en trop, inspecteur: c'étaient deux masques de vélo et une pompe à Mickey”

Vous êtes sûr de ça?”

Excusez, inspecteur. C'étaient deux masques de Mickey et une pompe à vélo”

Deux cyclistes masqués! On progresse, Ouatson... on progresse. Allez récupérer Ouatelse et rentrez fissa”

On abandonne les recherches, inspecteur?”

(Soupir)

Ouatson! On dit abandonner quand on a commencé quelque chose...”

Euh... pour les masques et la pompe, inspecteur... on se demandait avec Ouatelse si c'était considéré comme des objets perdus ou des objets trouvés?”

Qu'est-ce que ça peut bien vous foutre?”

C'est rapport à l'enregistrement sur les registres, inspecteur”

(Soupir de fin)

 

 

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Participation de Venise

Dans le bureau d’ALDO,

il y a un aquarium dans lequel les poissons  ont trouvé  l’âme d’ALDO.

Il l’a perdue dans un tripot la nuit dernière, et elle est venue se détremper au milieu  des

ACARONIA.

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Sa femme dort à coté dans son lit .

Elle est si brune qu’elle a l’air d’être peinte sur les draps blancs

Elle a retrouvé dans ses songes l’espoir d’ALDO  perdu un matin de cale sèche.

Les gisants perdent leur nom sur les pierres tombales cachées par des lauriers roses.

ALDO  a encore perdu ses initiales, c’est sur un coin d’un cahier d’école que son fils les a retrouvées.

C’est par distraction qu’ALDO perd son âme, son temps, l’espoir et ses initiales

Il est la proie d’une maladie métaphysique  qui l’allège, l’allège ; !!!!

 

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