Dans la pliure de l’espace temps au creux d’une mémoire dilatée, au nez et à la barbe d’éminents physiciens, le temps s’est arrêté.

La centrale des songes en panne, mon âme flottait entre l’éternité, l’océan, et le vide.

À la manière d’une navigatrice juvénile encline à braconner le temps j’appris  très vite que je ne changerais pas la mer.

Tout implique la mort  et même le retour à mes premiers instants sonne l’heure des  fatales aiguilles de l’écriture des heures.

En resquilleuse d’autres heures et métamorphosée en Andalouse  au sexe brûlant et aux pieds d’or, je danse un dernier tango  âpre et violent.

Couchée nue près du cadran solaire les battements de mes cils simulent le tremblement des aiguilles.

Sous mes paupières, je garde la solitude d’un sablier qu’on jette contre un mur..

Empêchée de passer le temps, étourdie de cette absence, je plonge dans les limbes de cette barque pourrie et cueille des rendez-vous manqués faute d’heures.

Dans ce bannissement nocturne pantois d’angoisse mes ennuis cardiaques reprennent.

Je lutte contre les ravages du non-temps et recluse dans ce monastère bleui par ces vents solaires, une grande poupée de chiffon dans les bras,j’empoigne les rames du temps et sonne l’heure.

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