La Chasse.

Il recule d’un pas, pas encore vraiment affolé, juste un peu inquiet. L’apparition avance, ses yeux accusateurs posés sur lui. Il recule encore et soudain le Palais de l’Empereur s’efface. Autour de lui, à présent, une forêt. Sombre, angoissante, faite d’arbres aux troncs serrés et dont les frondaisons ne laissent pas passer le soleil. Seule tache lumineuse, le fantôme de la jeune fille devant lui. Elle ne le quitte pas du regard, et peu à peu, il sent l’angoisse monter en lui.

Il se rappelle alors des récits entendus çà et là dans le palais… Conversations chuchotées, narrations effrayées de ceux qui avaient trouvé les cadavres mutilés, silence de ceux qui étaient revenus, la peur dans les yeux et dans le cœur… il en avait ri, se targuant d’être plus fort que ces mauviettes tremblant devant une apparition imaginaire.

Il ne rit plus, à présent. Il lit sa condamnation dans les yeux clairs et lorsqu’elle parle, d’une voix dure et froide, il manque de s’effondrer :

« je t’ai jugé. Je t’ai condamné. L’heure de payer est arrivée. »

Autour de lui les premiers hurlements se font entendre, venant de partout et nulle part à la fois. Et puis il les voit passer sous les arbres, furtifs, impatients. Il veut parler, s’excuser, dire qu’il regrette, que dorénavant il respectera les femmes, mais elle lui refuse cet espoir d’une nouvelle phrase :

« Cours, toi qui n’as pas su traiter les femmes comme tu aurais dû le faire. Cours pour ta vie. Si à l’aube tu as réussi à échapper à la Chasse, tu pourras retourner chez toi. »

Il fait demi-tour et s’élance au hasard dans la forêt. Derrière lui retentit le chant sauvage des loups…

Retrouvez le début de l'histoire ici...

 

Défi 343 du samedi 21 mars 2015