21 mars 2015

Défi #343

A P P A R I T I O N 

 

Apparition

Faites nous part de vos "visions"

à samedidefi@gmail.com

A tout bientôt !

 

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Comparaison (MAP)

Quand les promoteurs s'en mêlent ....

(s'emmêlent) !!!

Les deux escaliers

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L'artiste me parle, le tableau, non (par joye)

Puisque l'image de cette semaine ne m'inspirait pas - ce genre de tableau n'est jamais à mon goût -  j'ai eu l'idée d'aller lire un peu sur l'artiste. Je suis tombée sur sa page perso et j'ai eu l'idée de vous traduire plusieurs parties de son article autobiographique. J'avoue que la personnalité de l'artiste me plaît beaucoup plus que son art. Bonne lecture !  - joye

Je suis né à Ealing, Londres, le 18 octobre 1941 – alors j’ai presque soixante-douze ans maintenant !! Jusqu’à l’âge de onze ans, je ne m’appelais pas Colin Thompson, c’était Colin Willment. Willment était le nom de mon père et ma mère l’a changé à  Thompson quand elle a épousé mon beau-père. En y réfléchissant, je voudrais qu’elle ne l’ait pas fait. Elle a complètement brisé avec mon père, et je ne l’ai rencontré qu’une seule fois quand j’avais dix-neuf ans. Maintenant il est mort, alors il est trop tard, bien que j’aie récemment pris contact avec sa famille en faisant des recherches sur l’Internet […]

J’étais en pension dans le Yorkshire, je suis allé au lycée à Londres-Ouest et j’ai passé deux ans dans une école d'art à Ealing et Hammersmith, où, à mon grand dépit, j’ai fait la connaissance des gens qui dessinaient beaucoup mieux que moi. J’ai connu ma première femme à l’école d’art et peu après, ma première fille, Charlotte.

J’ai travaillé comme sérigraphe, graphiste, régisseur dans un théâtre mais jamais comme bûcheron au Canada ni comme matelot sur un paquebot au Pacifique sud. J’ai étudié la cinématographie pendant un an, me suis marié pour la deuxième fois et j’ai travaillé pendant un peu de temps à faire des documentaires pour la BBC.  

Au début de la vingtaine, j’ai souffert d’une crise nerveuse horrible, et, à trois moments différents, j’ai passé trois mois dans trois hôpitaux différents [...dont] une clinique expérimentale qui a fermé ses portes il y a longtemps. Là, il fallait faire une audition devant les autres patients et le personnel pour y être admis ! C’était sans doute le seul lieu qui m’ait fait du bien, puisqu’il me semblait que j’étais entouré des gens qui se plaignaient et qui voyaient la maladie mentale comme un concours dont le but était d’aller pire que tous les autres. Voir la plupart des autres 59 patients tellement pathétiques m’a sans doute motivé à ne pas finir comme eux.

Je n’ai jamais su expliquer la raison pour laquelle ma dépression s’en est allée quand j’avais vingt-cinq ans et elle n’est jamais revenue. […]
En 1968, je suis allé vivre à Majorque, mais moins d’un an plus tard, j’ai déménagé à une petite île aux Hébrides avec ma deuxième femme où l’on a passé sept ans à essayer de rester debout dans le vent […]  J’ai aussi essayé de vivre de la terre, mais tout ce que j’ai pu élever était un arpent de mauvaises herbes, une poule mascotte et encore deux filles, Hannah et Alice, mais pas forcément dans cet ordre. […]

J’ai toujours cru en la magie de l’enfance et je pense que si vous vivez correctement, cette magie ne finit jamais. Je pense aussi que, si les adultes n’aiment pas un livre pour les enfants, il y a soit un problème avec le livre, soit un problème avec l’adulte qui le lit. C’est, bien sûr, une façon habile de dire que je ne veux pas grandir.

Mon fruit préféré, c’est les cerises et ma musique préférée est le rock and roll et de vieux disques de blues et je suis maintenant un citoyen australien. Je suis gaucher et daltonien.

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L’esprit d’escalier (EnlumériA)

En sortant de chez Lord, je repensais à cette fameuse citation de Martin Luther King : « Gravissez la première marche de la foi. Inutile de voir tout l'escalier, gravissez juste la première marche. » Et je me disais que j’avais encore une fois raté le coche. Cela faisait la troisième fois cette semaine que je réalisais — trop tard — que je n’avais pas répondu ce qu’il fallait au moment où il le fallait. C’est ce qu’on appelle l’esprit d’escalier : repenser à ce qu’on aurait pu répondre de plus juste en quittant un interlocuteur. Moi qui me targuais d’avoir de l’esprit à revendre, bravo. Et tout ça pour un stupide escalier peint.

Lord venait d’emménager dans ce nouvel appartement de l’East End, quartier indien et ancien terrain de chasse de Jack l’éventreur. Le triplex de Lord ne manquait pas de charme, loin de là. Le grand salon du rez-de-chaussée donnant sur ce petit jardin était à lui seul une splendeur avec sa haute cheminée armoriée, ses riches tentures de shantung et ses armoires vitrées ; véritables reliquaires dédiés à la porcelaine Rose Chintz où tout un petit peuple de théières et de tasses rehaussées de fleurs bleues et de feuillage vert pâle patientait sagement dans un crépuscule doré.

Nonchalamment installé sur un canapé rose indien encombré de coussins, je contemplais les murs safran ornés de reproductions étonnamment authentiques. Quatre toiles de Francis Bacon et de Georg Bazelitz. Lord jurait par ses grands dieux qu’il s’agissait d’originaux. Je n’en croyais pas un mot et je me demandais encore une fois quels étaient ces traumatismes d’enfance qui avaient suscité chez Lord ce goût immodéré pour les œuvres morbides d’artistes tourmentés.

Plus tôt dans la soirée, mon ami m’avait fait visiter son nouveau domaine comme d’autres auraient fait visiter un temple. Je savais par la bande que cette demeure avait appartenu à une courtisane très en vue dans les années folles. La dame disait-on, tenait son commerce dans la chambre donnant sur la rue, celle donnant sur le jardin n’était réservée qu’à son seul usage privé. Entendez par-là qu’elle abritait certaines amours saphiques dont la dame ne se privait pas. Une manière comme une autre de se divertir entre deux amants tarifés. À peine éclairé par un puits de lumière, l’escalier se faufilait tout droit entre les deux chambres jusqu’à l’atelier. Les contremarches étaient couvertes de curieux hiéroglyphes se ramifiant jusque sur les murs, ce qui créait un sentiment de déséquilibre assez déplaisant.

Lord me demanda de patienter puis il se déchaussa et gravit l’escalier sur la pointe des pieds. Arrivé sur le palier qui se trouvait dans la pénombre, il me suggéra de me déchausser à mon tour et de le rejoindre. Je me demandai l’espace d’une seconde pourquoi il fallait se déchausser pour visiter son atelier d’artiste, puis connaissant le côté farfelu de Lord, j’obtempérai. Ce dernier, lassé de la musique expérimentale, s’était découvert une nouvelle lubie pour la peinture… expérimentale. Dans la vie de ce diable de Lord, tout était expérimental, jusqu’à ses coupes de cheveux.

 

J’avais à peine posé le pied sur la première marche que Lord donna la lumière. Deux spots placés en vis-à-vis inondèrent l’escalier d’une lumière toute de vibrations.

Par la Saint Famille ! Ce que je vis alors était tout simplement époustouflant. L’instant d’avant, il ne s’agissait que d’un banal escalier de bois barbouillé de motifs pour tout dire assez naïfs ; l’instant d’après, tout un royaume chatoyant se révélait à mes yeux ébahis.

 

Sur chaque marche, les hiéroglyphes s’étaient métamorphosés en demeures miniatures aux toitures rehaussées de petites touches acidulées. De chaque toiture s’envolaient d’étonnants entrelacs surchargés de feuillages mélancoliques et de bourdonnements lointains. On aurait dit que tout un petit peuple vivait là. On entendait presque des envolées de rires taquins et l’on sentait comme par mégarde les effluves de mystérieux ragoûts aux fragrances exotiques. Une légère cavalcade attira mon attention à droite, un arpège de harpe ruissela comme de la poussière de fée sur ma gauche. Un souffle d’air frais fleurant le génépi me décoiffa. Quelque chose de sirupeux tentait d’escalader ma jambe. Un sentiment de panique m’envahit. La tête me tournait. De peur de tomber, je pris appui sur le mur et je ressentis une piqûre sous la paume. Une image de rosier grimpant effleura mon esprit. Plus haut, une voix tintinnabulante m’exhortait à continuer mon ascension.

 

Je ne pouvais pas. Une main géante m’agrippa et me tira en arrière. Je me retrouvai pantelant sur le plancher, désorienté et penaud. Quelqu’un chuchota quelque chose à mon oreille. Il faut monter, encore.

 

En haut, Lord me dévisageais avec, sur les lèvres, ce sourire narquois qui aurait irrité Gandhi lui-même. D’un geste autoritaire que je ne lui connaissais pas, il me fit signe de monter. Encore. Son sourire disparut pour faire place à une moue dubitative.

— Souviens-toi de Luther King.

— Quoi, Luther King ? Qu’est-ce que tu as mis dans mon verre ?

— Rien. Gravis juste la première marche. Le reste viendra tout seul. Nom de Dieu, Fais preuve de foi… pour une fois.

C’est avec méfiance que je réitéré ma tentative. Sans plus de succès. Dès que je posais le pied sur la première marche, j’étais assailli par toutes sortes de visions lysergiques1. À la troisième fois, je renonçai.

Lord me rejoignit. La déception se lisait sur son visage. Il me soutint pour revenir au salon, assez inquiet de mon air déconcerté, et m’installa sur le canapé.

Il me servit un verre de Redbreast et s’appuya nonchalamment sur le piano, bras croisés et sourire bon enfant. Il m’expliqua, avec force détails, qu’il avait mis au point une nouvelle manière de peindre qu’il appelait stéganographie2 perceptive.  

D’où sortait-il encore cette invention ? Je secouais la tête d’un air navré. Je ne comprenais pas un traître mot de ses explications et pour tout dire, il commençait à me fatiguer. Je vidai mon verre et, prétextant une migraine subite, je réclamai mon manteau. L’air frais de la rue me fit du bien. Une sorte de frisson parcourut mes reins et une légère moiteur désolait mon front. Je repensais à ce que Lord m’avait dit au sujet de Luther King et de cette première marche de la foi qu’il faut gravir. Si j’avais eu autant de finesse d’esprit que le pasteur de Montgomery, j’aurais répondu : « Tout ce que nous voyons n’est qu’une ombre projetée par les choses que nous ne voyons pas. »3 Mais voilà, ces derniers jours, j’étais surtout possédé par l’esprit d’escalier.

 

 

1) Qui se rapporte au LSD.

2) Art de la dissimulation : son objet est de faire passer inaperçu un message dans un autre message.

3) Autre citation de Martin Luther King extraite de The Measure of Man.

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Un drôle d'escalier par bongopinot

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Dans cette entrée on décelait le travail d'un menuisier.

En voyant cet escalier à rampe tout en panache

    Ne ressemblant à aucun autre et fabriqué en merisier

    Accueillant un village en modèle réduit sur ses marches

 

    De bas en haut des maisonnettes comme des chalets

    Et dans les contre-marches des portes des fenêtres

    Et de petits personnages en miniature pour décorer

    Et en fond sonore un charmant petit air champêtre,

 

    Sur cet escalier ou l'on monte pour atteindre le ciel

    Des enfants rêvent jouent refont un nouveau monde

    Où, tout est beau merveilleux où rien n'est superficiel

    Heureux le cœur empli de joie, le soleil les inonde

 

    Les escaliers sont aussi là pour atteindre son but ou un étage

    Pour monter et descendre plusieurs fois par jour

    Mais aussi pour faire de belles rencontres les jours d'orage

    Et pour y réfléchir assis sur des marches au fond d'une cour

 

    Des escaliers en colimaçon  à l’extérieur à l’intérieur

    Escaliers en bois en pierre en marbre terminé ou inachevé

    Qu'importe s'ils vous permettent de connaitre le bonheur

    Et surtout d'atteindre un lieu idyllique, votre endroit rêvé.

 

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Brelevenez ? (Walrus)

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- Mais non, les maisons sont du mauvais côté !

- Ti koz, ti koz...  Ils ont retourné le négatif !

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Participation de Venise

La première fois, quand j’ai déposé des objets sur la première marche de l’escalier

 Qui étaient destinés à l’étage supérieur selon le vieux principe de famille :

Ne montez pas les mains vides ;

J’ignorais qu’une génération spontanée aurait un jour recyclé mon bric à brac.

Les belles marches en bois brunes  et brillantes sans doute de noble chêne ont toujours été ma fierté.

Un soir mon escalier s’est mis à craquer à sa onzième marche et j’ai à peine eu le temps de voir un enfant minuscule glisser à toute allure le long de la rampe.

J’ai alors heurté un tabouret bancal, une échelle à qui manquaient trois barreaux, et j’atterri le nez sur la dernière marche face à  la comtoise sans balancier.

Quelle fut ma surprise quand  sous cet angle j’entrevis pour la première fois un chapeau de paille et des herbes coupées sur la troisième marche ainsi qu’un verger en pente douce qui abritait un cerisier.

On m’a ramassé comme du gravats au bas de l’escalier, ma tête avait conservé l’image de cette terrasse ensoleillée à la huitième marche ; j’entendis l’infirmière murmurer :

 Non ne venez pas la voir dans cet état.

Je voulais lui dire que dans sa tête à elle il y avait un grenier où il pleuvait toute l’année.

Mais la tristesse de cet hôpital s’attrape  comme un refroidissement, alors je me mis à pleurer dans ma tête barricadée. je me disais que mes larmes auraient à force le pouvoir de me guérir

Je me suis enfuie de l’hôpital je marchais pied nu avec mon grand teeshirt qui m’arrivait au milieu des cuisses. Et je me suis endormie au pied du grand escalier de la gare St CHARLES.

En consultant mon passeport caché dans mon soutien gorge je me suis soudain aperçu que j’étais née en réalité beaucoup plus tôt que je l’avais imaginé

Je me suis mise à recompter les marches de ce grand escalier et j’ai eu l’idée de présenter tous ces nouveaux gens à mon nouveau grand escalier.

ESCALIER je te les confie prends en soin

Que vous fussiez belle maman  sur cette photo berçant ce beau bébé avant de tomber de cet escalier et de vous fendre le crâne

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En avant, marche! (Vegas sur sarthe)


On se souvient que Blanche qu'on appelait Cappuccetto Rosso était partie chercher ingrédient ou deux pour sa marâtre afin de confectionner ce fameux masque de beauté de Cesare Frangipani à base de frangipane et de beurre en pot.
Chemin faisant et après bien des péripéties - ces histoires abracadabrantes qu'on raconte aux enfants pour les empêcher de dormir - elle arrive en vue d'un bien étrange patelin.

Avisant une femme assise là, elle s'approche, bien décidée à se rancarder sur ledit patelin quand la vieille l'apostrophe (avec deux points et des guillemets) :  “Commence par t'essuyer les pieds avant de monter au village, petite!”
Blanche examine ses pantoufles - cadeau de sa great-mother dont la droite est en verre et la gauche en vair pour ne pas les confondre - mais la vieille insiste: “J'ai fait les marches hier au dépoussiérant Please et je ferai pas ça tous les jours!!”
“Qui es-tu, la vieille pour m'apostropher ainsi?” s'étonne Blanche.
“Apprends que je suis concierge de mon état, petite... en quelque sorte en état de marches. Je sais tout, je raconte tout car mon domaine c'est ce patelin en escalier”.
Blanche est rassurée d'avoir rencontré celle qui va enfin l'aider à trouver ingrédient ou deux pour sa marâtre.
“Et comment fait-on pour arpenter le patelin?” demande Blanche.
“C'est facile” ricane la vieille “dès que tu auras pris la première marche, tu verras la marche à suivre”.
“Euh... c'est bien gentil mais la première marche est trop haute pour une petite fille” fait remarquer Blanche.
“C'est toujours comme ça la première fois, petite et puis tu n'as pas les bonnes chaussures” gronde la vieille “quitte tes pantoufles de verre pour des chaussures de marche!”
“Et où trouverai-je des chaussures de marche?”  s'inquiète Blanche.
“Chez le marchand de chaussures de marche” répond la vieille sans se démonter.
Dans les contes, ceux qui se démontent ne se remontent pas et c'est pourquoi les contes finissent par disparaître.

“Et où trouverai-je un tel marchand?” insiste Blanche.
“Je vais te montrer” chuchote la vieille concierge sur le ton de la confidence “laisse moi ouvrir la marche”.
Précédant Blanche, la vieille ouvre en effet la marche - la première comme il se doit - celle munie d'une petite porte de magasin de chaussures de marche.
“Y'a quelqu'un dans le giron?” crie la vieille.
Pour les novices, le giron est employé dans la formule de Blondel pour déterminer le confort d'un patelin en escalier, ce dont on se fiche royalement pour tous les patelins à plat.
Un petit homme - suffisamment petit pour se tenir debout dans la contremarche - sort du giron.
 “C'est pour quoi?” marmonne t-il d'une voix lasse.
“A ton avis?” répond la vieille “Tu t'es encore levé du mauvais pied, petit homme?”.
“Non...” dit-il en soupirant” c'est à cause de cette marche funèbre... ce matin on enterrait ma femme”.
“Première nouvelle” s'étonne la vieille concierge qui d'ordinaire n'ignore rien des évènements du patelin.

Déformation professionnelle oblige, le petit homme dévisage les pantoufles de Blanche.
“J'ai encore jamais vu ça” dit-il, ébahi “des pantoufles de verre et de vair”.
“Ce ne sont que des loups-bouquetins” précise Blanche.
“Si tu lisais un peu les contes, petit homme tu ne serais pas surpris” reprend la vieille” Trouve donc des chaussures de marche pour cette petite”.



Blanche est fin prête:”Et maintenant, que vais-je faire... de tout ce temps que...”
“Qu'est-ce que tu nous chantes?” coupe la vieille “paie et partons d'ici”.
Comme Blanche n'a rien pour payer elle refile un Bécaud au petit homme, au risque d'enfreindre les bonnes manières propres aux contes.
“Et maintenant?” reprend-elle, un peu vénale et bien plantée devant les marches.
La vieille soupire:”C'est pourtant fastoche. Il suffit que tu montes en marche!”

Blanche a un mouvement de recul: “Monter en marche? Mais c'est interdit”
La vieille la regarde, incrédule:”Ca fait quarante ans que je fais ça. Et vu qu'on n'a pas encore inventé l'escalator je ne vois pas comment on pourrait faire autrement, à part monter en marche dans un sens et  descendre en marche dans l'autre sens!”.
Blanche lève les yeux vers l'improbable sommet. Les cheminées des maisonnettes vapotent tranquillement. Une belle végétation rampe le long du limon en une large courbe qui vire à droite, comme dans tous les patelins de droite.

« Tu es à une heure de marche, en marchant bien » lui chuchote la vieille sur ce fameux ton de la confidence qui caractérise les vieilles concierges.
“Et je trouverai la frangipane et le beurre en pot?” s'inquiète Blanche.

Dans les contes, on réserve souvent un espace pour le soupir d'espoir des enfants.
(Espace)

“Sans doute” répond la vieille sur un ton rassurant avant d'ajouter: ”sinon, ce sera pour une autre fois... ou une autre Il était une fois”
 

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Participation de Fairywen

Orage de bois.

 

Falko ferma la porte avec précipitation, en luttant contre le vent qui forcissait. Il était trempé des pieds à la tête et dégoulinait sur le plancher, ce qui eut visiblement le don d’amuser les deux chatons-fées, qui s’arrêtèrent de jouer pour le regarder d’un air positivement ravi.

« Suffit, vous deux, grogna-t-il en leur jetant un regard peu amène, je ne veux pas entendre une seule petite pensée !

— Déshabille-toi, sourit Ysaline en lui tendant une serviette, tu te rappelles ? J’ai un charme contre les cheveux mouillés. J’ai aussi un sortilège pour sécher les vêtements trempés, et une potion magique pour réchauffer les personnes gelées.

— C’est quand même incroyable, ce que tu me fais faire…, soupira le jeune homme en souriant à son tour devant ce rappel de leur première rencontre, je peux savoir pourquoi tu as insisté pour que je sorte ce vieil escalier sous cette pluie battante ?

— Parce que c’est le premier orage du printemps, le taquina-t-elle en commençant à lui sécher le dos.

— Ah, mais c’est bien sûr, que suis-je bête… Tout le monde sait qu’on sort les vieux escaliers dans la cour au premier orage de printemps… »

Ysaline riait franchement, cette fois. Elle se dressa sur la pointe des pieds pour embrasser doucement les lèvres de son compagnon :

« Tu comprendras bientôt, je te le promets. Et puisqu’est-ce qu’un tout petit escalier pour un grand costaud comme toi, mmm… ? »

Falko envisagea un instant de répliquer, puis préféra renoncer sagement, se contentant d’enfiler un jean sec et de s’accouder à la fenêtre pour attendre la fin de l’orage.

 

Enfin la dernière goutte de pluie tomba. Sur les indications d’Ysaline, il ramena l’escalier à l’intérieur et le posa dans un coin du salon, à l’angle d’un mur.

« Et maintenant ? fit-il en regardant l’escalier qui ne menait nulle part.

— Regarde… »

Cela commença doucement. Tout doucement. D’abord un petit bourgeon, puis un autre, et un autre encore. Puis un petit arbre dans un coin, et un autre, et une colline couverte d’herbe. Suivie d’une autre sur une autre marche. Et encore d’une autre. Et soudain le claquement d’un petit volet qui s’ouvrait dans une marche. Une porte dans une autre. Et des maisons. De jolies petites maisons avec une cheminée qui fumait poussaient l’une après l’autre contre le mur sur lequel s’appuyait l’escalier qui ne menait nulle part.

Fasciné, Falko détaillait le village miniature qui prenait naissance sous ses yeux. Il entendait des rires semblables à des clochettes venir des maisonnettes et des chansons sortir de l’intérieur des marches. Le vieil escalier de bois devenait vivant sous ses yeux ébahis…

« C’est… c’est quoi ? finit-il par bafouiller à voix basse.

— Un escalier de fées. Il n’en existe que très peu de par le monde, car ils sont très difficiles à fabriquer. Il faut trouver un frêne qui meurt au moment où l’aube se lève et prendre un morceau de la plus grosse branche en partant de l’endroit qui est attaché au tronc, et ensuite tailler l’escalier avec des outils magiques. Puis il faut attendre le premier orage du printemps pour que la pluie baigne l’escalier et l’éveille à la vie. Alors seulement il fabriquera un village de fées.

— Mais… et les fées ? D’où viennent-elles ?

— De partout. Des fleurs, des arbres, des rivières… Lorsque tu as sorti l’escalier, tout à l’heure, et que les premières gouttes de pluie l’ont touché, il les a prévenues et elles sont arrivées. Elles étaient là, tout autour de nous. Elles attendaient.

— Je n’ai rien vu…

— Elles étaient là, pourtant. Tu n’as pas regardé. Vois, à présent. »

Falko passa son bras autour des épaules d’Ysaline pour la ramener contre lui. Il voyait, à présent. Il voyait les lueurs vives qui dansaient autour d’eux, il entendait les “mercis” tintinnabulés par les fées, et une grande paix descendit sur son cœur.

Dans le soir qui tombait, les petites maisons des fées s’illuminèrent une à une…

Où retrouver Falko et Ysaline.

Défi 342 du samedi 14 mars 2015

 

 

 

 

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