17 janvier 2015

Participation de Venise

Un soleil fou fouettait le sang de l’arbre.

L’univers tout entier s’inquiétait que cet arbre ne sache rien.

De la mort de Charlie.

Il n’y avait pas de minute à perdre pas de seconde à retenir.

Pour que l’ombre  de Charlie travaille son ventre d’arbre.

On fond du jardin je les ai vu arriver avec leur pharmacopée religieuse.

Charlie entendit le froissement de la lame au dessus de sa tête.

Et puis plus rien.

 La nuit a alors commencé à tomber  et dans nos cœurs l’anxiété s’est faite souveraine.

La lune  laissa tomber une larme et quand la larme s’assécha les gentils chassés du temple sont venus par milliers.

Ces gentils qui n’ont jamais rencontré  DIEU et qui vont quand même fleurir les cimetières

Enjoués, rieurs, plaisants ,  les gentils portaient sous l’arbre le rire de Charlie enveloppé d’une lumière printanière .

On ne veut rien  cisailler de la pointe d’encre disaient-ils  On veut continuer à dessiner comme on taille une branche pour extraire la flèche qu’elle promettait.

J’ai surpris alors le marchand de DIEU dans l’épine des roses dans le rire étain des enfants de Syries

Alors a commencé  la veille des gentils qui affluaient par milliers pour conduire la langue française à sa pointe d’aubépine.

Toute la fabuleuse force de la vie est dans l’aiguillon de nos irrévérences, de nos désobéissances à ce DIEU des marchands.

Nous ne savons pas vivre mais qui le sait ?

Nous ne savons pas écrire, mais qui le sait ?

Nous ne savons pas où aller, mais qui le sait ?

Les gentils ne sont pas à un centimes prés d’erreur, d’ébauches et d’errance.

Il serait cocasse qu’‘un dieu mendiant ait pu demander la mort de Charlie.

 

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Les crayons de couleur (Pascal)

 

« Descends de cet arbre !... »

« Mais ma Raison, c’est le bois dont on fait les crayons de couleur ! Regarde les cimes taillées des branches ! Regarde ! On y voit du noir, du jaune, du blanc !... »

« Si le bois est à la feuille immaculée, le sang des arbres : c’est devenu l’encre des dessinateurs… »

« Mais ma Raison, en première ligne, l’esquisse de la Liberté est à la pointe de nos mines !... Qu’importe les épines, les coups bas, les châtiments ! L’intimidation exacerbe l’imagination, la torture affermit les dorures, les menaces avivent les dédicaces ! La satire a fait de nous des martyrs ! Si aujourd’hui, on nous assassine, le prix de notre sacrifice est l’Obole à la corbeille d’un monde meilleur !... »

« Toutes les couleurs ne se mélangent pas… »

« Mais ma Raison, alors regarde les reflets ! Dans les frissons de l’onde, on y voit les expressions des Sentiments les plus forts !... N’est-ce pas déjà les prémisses de l’Amour ?... »

« Tu vas tomber !... »

« Ma Raison, je suis déjà mort… Mais le printemps reviendra toujours avec d’autres crayons de couleur… »

 

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A travers les rameaux… (Lorraine)

Quand la harpe du vent agite les rameaux

Qui tintinnabulent

Se lève le fantôme altier des jouvenceaux

Dont le chant hulule

 

Ils s’en vont aériens et tout le corps voilé

Dans le crépuscule

Armée d’anciens héros, Pages et chevaliers

Là-bas se bousculent

 

Quand je les aperçois au loin dans la futaie

Mon âme bascule

Comme si, sous mes yeux, l’écuyer que j’aimais

Soudain s’articule

 

Les ombres peu à peu se fondent dans la nuit

Tremblants funambules

Et le vent qui se tait soudain de moi se rit :

Suis-je ridicule !...

 

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Participation de tiniak

Des branches et le jus

 

 

 

J'avais trois vers, là, sous la manche
l'un de travers et l'autre étanche
et le troisième un rien de biais
pour ne pas gâcher son effet
en fin de strophe
et clamer sous le Grand Dais Niais son apostrophe

Un regard plus loin a suffi
à flamboyer l'étrange cri
jailli de son puits vespéral :
"Où siège ton sentimental ?"
"Ici : ailleurs !
à ces endroits vraiment perdus pour les vains chœurs"

Sobre avarie de Vieille Branche
ployant sous d'octobreux dimanches
que fait ton nom dans mon sommeil ?
dans le capricieux appareil
de cet oubli
qui me donne à goûter au plus Bel Aujourd'hui

Ding ! Ding ! Ding ! Dong !

Oh, non ! Mais non, pas cette cloche...
Pas à moi... Rien ne s'effiloche !
que les graves amours humaines
faites pour endurcir la couenne
à en crever
la dernière toiture avant le plafonnier

Retour à la case des parts
prélevées sur le moindre hasard
que nous offre, au petit bonheur
la chance d'être à la même heure
la même joie
de cheminer, étonnés, sur la même voie

Alors qu'il n'est que leurre étrange
tout soudain, la vie nous démange
et nous recrache sur le lit
où se confondent nos oublis
nos molles chairs
pour qu'il soit plus aisé de les marquer au fer

N'est-ce pas ? N'est-ce pas, mon Cru
qui jetas tout ton dévolu
ton ardeur et mon dernier cent
dans le désintéressement
qu'elles en eurent
ces Voraces parées comme des créatures

Gloutonnerie des possessions
vidant les intimes passions
de leurs substances intrinsèques
Finis tous les salamalecs
on passe à table
et cette fois au titre de met périssable

En veux-tu des raisons d'aimer ?
choisis d'abord le bassinet
où rassembler tes vomissures
Carguée au mat toute voilure
attends que passe
à jamais l'envie de glisser à la surface

Sirote un jus d'orange amère en attendant
Appelle à toi quelque fluvial émolument
Nage sans bruit, que la vague même t'ignore
Gage les fruits de tes ordinaires débords
Une rythmique rogne éructe à son taquet
Il ne sera pas dit qu'elle fut sans objet
Nomme-la dans un fin et liquoreux murmure
Elle viendra, sanguine au ponant, l'épissure

 

 

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L'arbre aux gouttelettes (Vegas sur sarthe)

Hé Mathieu! Si j'te dis que le gouttelier a pleuré ce matin...”

(Il faut préciser aux citadins que l'arbre aux gouttelettes s'appelle un gouttelier)

 

C'est de saison, l'Henri... c'est d'saison... comme on dit chez nous: Rosée du matin, rosée du matin”

Non non non! C'était point d'la rosée! J'te dis que l'gouttelier a fait des perles”

Tiens? Félicie aussi”

Je sais que c'est à peine croyable. D'habitude les goutteliers sont tranquilles jusqu'à début mars, et ben les miens ont déjà fait des perles!”

Ouais... Félicie aussi, ça tombe début mars”

Oublie Félicie une seconde! Deux mois d'avance, vindiou... c'est pas normal. Tu m'enlèveras pas d'l'idée qu'y détraquent nos goutteliers avec leurs fusées, leurs pots cataleptiques et leurs rézosociaux!!”

Ça dépend l'Henri... ça dépend. Tes goutteliers, c'est d'la variété Chagrins du matin ou Espoirs du soir?”

J'ai que des Chagrins du matin, ceux qu'ont la peau rugueuse enfin des peaux d'chagrin quoi”

Des Chagrins du matin? C'est comme Félicie, elle est pas du matin... ni du soir d'ailleurs”

En plus - d'après l'Grégoire qu'est pépiniériste à Marsannay - c'est des “vinum clarum”, une variété qui gêle pas au point de rosée!”

Ouais... Félicie aussi... point de rosé. Que de l'alligator”

Tu veux dire de l'aligoté?”

Ouais mais elle dit alligator passque quand y te tient, y te lâche plus”

Fais pas la tronche, Mathieu! C'est juste que cette année on est pas gâtés par la nature”

Hum... Félicie non plus”

Tu crois pas que si j'leur mettais un grand coup de chaud au cul, ça les requinquerait??”

Ouais... tu m'donnes une idée, là... c'est pas con”

J'te leur colle le brasero bien chargé pendant une heure ou deux... et en voiture Simone”

Une heure ou deux... t'y vas fort l'Henri! Et elle en dit quoi la Simone?”

Hein? Comprend pas. C'est que j'y tiens à mes goutteliers... y m'coûtent assez cher toute l'année”

Ouais... Félicie pareil”

Vindiou! Tu m'gaves avec ta Félicie. T'as t'y seulement été voir les tiens si y z'avaient goutté?”

Pas la peine. Moi j'ai des Espoirs du soir, alors tu penses ben que j'vais pas m'emmerder à aller les voir le matin... même si j'ai rien à foutre le matin vu qu'la Félic...”

Ahh! Maint'nant, y en a soupé de ta Félicie!! Un Espoir du soir, ça pleure pas... au contraire ça rigole, alors tu f'rais bien d'faire pareil au lieu de chouiner tout l'temps!”

Ça rigole, ça rigole... ça dépend! Y a des Espoirs du soir qui rigolent pas, par exemple ceux qui sont attaqués par l'araignée du matin”

Ah ben ouais... une attaque d'araignée, forcément. Et pourquoi pas une explosion eunucléaire? Si t'imagines le pire...”

Ben le pire... j'lai sous les yeux du matin au soir, alors...”

 

Bon ben c'est pas tout ça mais j'vais aller bourrer l'brasero, à c't'heure!”

Attends moi! Y a longtemps que j'ai pas vu ça!”

 

 

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bourgeon de vie (Fairywen)

Bourgeon de vie.

De l’extérieur, on ne voit rien. Rien que des écailles bien fermées qui composent un petit bourgeon accroché à la branche d’un arbre. Donnera-t-il une feuille, une fleur ou un chaton ? Pour l’instant, on ne peut rien dire. C’est l’hiver, le petit bourgeon dort sous la neige. Les scientifiques parlent de dormance, d’hormones végétales et autres balivernes, mais comme souvent, ils sont loin, bien loin de la réalité.

Car si les petits bourgeons dorment en hiver, c’est pour protéger la petite fée qui leur donnera vie le printemps venu. Le voilà, le secret des bourgeons. Chacun d’eux abrite une petite fée qui l’a construit patiemment à la fin de l’été, avant de se nicher en son cœur et de s’endormir au chaud pour se reposer. C'est pourquoi les bourgeons sont si bien fermés : pour protéger leur petite fée.

Mais voici que le printemps arrive. Les jours rallongent, il fait plus doux. Les petites fées s’éveillent doucement, s’étirent, et commencent à dorloter leur petit bourgeon. Elles le font tout beau, tout frais, tout pimpant, et lorsqu’elles jugent le moment venu, elles ouvrent délicatement les écailles protectrices.

Alors on voit sortir une feuille, un chaton, un pétale de fleur… Lorsque le bourgeon est complètement ouvert, la petite fée s’envole dans les cieux et va jouer avec ses amis durant tout le printemps et tout l’été. Mais lorsque l’automne s’annonce, elle revient vers son arbre pour commencer à construire un autre petit bourgeon dans lequel elle passera l’hiver.

 

Alors si vous voyez un bourgeon fermé, n’y touchez pas, laissez-le dormir avec sa petite fée. Car si chaque fois qu’un enfant dit “je ne crois pas aux fées”  il y a quelque part une petite fée une meurt, les petites fées meurent aussi lorsqu’on détruit leur maison…

Illustration défi 333 du samedi 10 janvier 2015

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Salut, vieilles branches (Joe Krapov)

DDS 333 branches

Dans le hamac le soleil te caresse
Tu t’ la coules douce tu te tournes les pouces
Tu y cultives le droit à la paresse
La flemme aiguë t’en fiche pas une secousse

Qu’il est donc doux de rester sans rien foutre
Tandis que tous s’agitent autour de vous
Davy Crockett affronte les hommes-loutres
Tandis que tous s’agitent comme des fous


Poil dans la main incroyab’ comme tu glandes
L’hiver dehors envahit les jardins
Il y a du givre et d’la brume sur nos landes
Dans la ch’minée tu remets un rondin

Dans l’rocking chair c’est vrai que tu t’en balances
Du froid dehors du gel sur le chemin
Poil dans la main, tu l’ regardes en silence
Et tu t’étonnes : c’est plus du poil c’est du crin ! 

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10 janvier 2015

Défi #333

Laissez vous inspirer par cette photo :

Gouttelettes

Vos envois seront accueillis à

samedidefi@gmail.com

A tout bientôt !

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Miroir (Djoe l'Indien)

Que cache le miroir des affres de la vie
Quand tout est morne et gris sous le couchant du soir,
Lorsque ne brille plus l'étincelle d'espoir
Et que le désespoir prend la place à l'envie ?

Que montre le miroir des âmes asservies
Par leur propre reflet, comme le repoussoir
De rêves trop parfaits, sinistre déversoir
du sombre dépotoir où sombre la survie ?

Mais voilons-le enfin, ce satané miroir
Qui le monde corrompt de son triste pouvoir
Projetant devant lui l'image poursuivie,

Aseptisée, sans grain, passée au polissoir
De songes d'idéal, chimère inassouvie
A ranger, inutile, au tréfonds d'un tiroir.

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