24 janvier 2015

Participation de Venise

 

Vous ne pouvez pas vous imaginer combien ils sont  nombreux à perdre la  mémoire.

Ils ont pourtant les yeux brillants d’intelligence mais l’amnésie qui les frappe peut causer de graves ennuis.

Vous pourrez tailler le bout de gras avec eux accroupis devant un feu de bois, mais ne vous y méprenez pas dans une heure ils auront oublié jusqu’à votre existence.

Leurs conversations tournent souvent autour de la manière dont tuer le canard sauvage .

Ils s’expriment très bien et on pourrait penser que leur langue maternelle en soit altérée.

Pourtant, Ils savent très bien réclamer  au maitre d’hôtel la sauce à l’orange qui accompagne le canard.

Mais l’’amanésie est sélective elle  ne porte que sur  leur déclaration de revenus.

A chaque fois on dirait qu’ils montent à l’échafaud suivi d’un moine qui cherche à les empoisonner.

Ils ne sont pas de grands amateurs du vivre ensemble et flairent  vite le danger de ce qu’on pourrait leur prendre.. Alors ils ont opté pour la grande amnésie dans d’étranges paradis. L’éventualité qu’ils cassent la croute avec ceux  qui n’ont que leur mémoire  pour remplir leur devoir est la  cause d’une douleur atroce dans le lobe droit des amnésiques.

Je sais il vous faudra une longue pose avant de digérer ce que vous venez d’entendre.

On a tout essayé pour les guérir, les infusions d’eucalyptus, les steaks de fourmis blanches

Rien y a fait jusqu’à ce matin. On a trouvé

Leur mise en orbite.

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17 janvier 2015

Défi #334

OUBLI(S)

Oubli

N'oubliez pas d'envoyer votre participation à

samedidefi@gmail.com

A tout bientôt !

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Cicatrices (par joye)

L’attaque fut brutale mais sommaire.

À moment donné, il y a vingt mois, deux semaines, et trois jours, entre 17h45 et 18h, un soir pendant qu’elle rentrait du boulot, ma femme fut attaquée. Battue. Violée. Meurtrie. Défigurée.

Autant qu'on puisse savoir, son assaillant réussit d’abord à lui casser le bras gauche et la cheville droite en la jetant par terre. Ensuite, il dut piétiner sa tête, écrasant la moitié droite de son visage contre le trottoir. Grâce à un miracle quelconque, il ne lui brisa pas le cou.

Et, pendant qu’elle saignait, pendant qu’elle souffrait, pendant que sa mâchoire ruinée l’empêchait d’appeler au secours, il lui fit une dernière violation.

Il dut lui cracher à la figure avant de se sauver. J’espère qu’elle était inconsciente, qu’elle ne se rendait pas compte que tous ces passants, rentrant à la même heure qu’elle, sur le même chemin qu’elle, ne virent rien. N’entendirent rien. Jusqu’ici, elle et moi nous n’en parlâmes pas.

Enfin, quelqu’un la remarqua dans l’obscurité, pas très loin de la sortie du métro et appela la police. Les secouristes, en arrivant, retrouvèrent  ma femme au bord du trottoir,  froissée et moite, comme un bout de papier de soie écarlate foncé et jeté au caniveau.

Je me souviens de nos retrouvailles, à l’hosto, après. Je ne regardai pas les plâtres. Je ne regardai son corps, qui paraissait bizarrement tordu sous le drap. Je n’osai pas trop regarder son visage, ni ses yeux enflés.

Muet, je ne vis que sa joue droite,  suintant comme une part de steak tartare sous la lumière d’examen cruelle au-dessus de son lit.

Vous savez, elle ne s'en souvient pas, et moi, je ne me souviens plus du tout de notre couple d’avant. Maintenant, notre quotidien est un cauchemar rouge criant, peuplé de toubibs et d'infirmières, de consultations, de marathons d’interventions chirurgicales, de médocs, de thérapie physique et psychiatrique, et encore - comme vous pouvez bien vous imaginer.

Parmi d’autres marques profondes qui resteront à tout jamais, le chirurgien ne sut pas réparer cette cicatrice énorme qui recouvre encore sa joue droite comme une toile d’araignée de filigrane,  comme des branches nues d’un arbre en hiver. Au commencement, la blessure était la couleur de la colère. D’abord rouge, puis pourpre, puis cramoisie.

Hier, pour la première fois depuis une éternité, nous allâmes nous promener au bord du lac. Assise sur un banc, elle regarda l’eau.

Moi, j’étudiai les branches de l’arbre contre le bleu clair de l’eau.

illustration

 

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Ciel Gris par bongopinot

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Un arbre en pleurs

Mais qui fait face

Retrouvera sa grandeur

Après l'hiver de glace

 

Il pleut et il vente

 Et passe des larmes

Et dans cette tempête

Siffle ton drame

 

 Devant ce ciel gris

Cet arbre dénudé

Ne fait aucun bruit

Amaigri et gelé

 

 Arbre sans feuilles

Ton écorce se voûte

Et le temps s’effeuille

Mais est-il honnête

 

Et le gel fond

En gouttelettes

Une autre saison

Arrive en vedette

 

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L’empreinte (EnlumériA)


C’est un robot-groom à la voix chuintante et au pas menu qui introduisit l’archéo-docteur Sorlens dans l’antichambre. Angoissé et vaguement fébrile, il tenait contre sa poitrine la petite mallette dans laquelle il conservait sa découverte. C’était la première fois qu’il rencontrait le Sondeur-Commodore Lëondradt ; et le voyage interminable et pour tout dire angoissant l’avait épuisé.
« Son excellence le Sondeur-Commodore Lëondradt va vous recevoir dans un instant, dit le robot-groom. Souhaitez-vous un rafraichissement pour patienter ? »
L’archéo-docteur Sorlens déclina l’offre et prit place sur un élégant fauteuil furtif aux formes incertaines. Il posa délicatement sa mallette sur ses genoux serrés et attendit. Les accords lancinants d’une musique venue de nulle part conférait à la pièce une atmosphère feutrée. Les minutes s’égrenaient comme à regret. Dans le vaste miroir qui ornait l’antichambre, Sorlens discernait un petit homme fluet aux épaules rentrées, à la silhouette étriquée, presque insignifiant. Cependant le regard clair et dur que lui renvoyait son reflet exprimait un indéfinissable sentiment de ruse mêlée d’opiniâtreté.  
La porte s’ouvrit enfin sur un homme de haute stature vêtu de l’uniforme pourpre propre à son rang. Sorlens reconnut immédiatement le chambellan Mercy, premier conseiller du Sondeur-Commodore.
— Docteur Sorlens. Salut et fraternité. Vous avez fait bon voyage ? Venez. Le Sondeur-Commodore vous attend avec impatience. Il a hâte d’apprécier votre découverte à sa juste mesure.
Sorlens se leva pour serrer la main du conseiller qui s’effaça aussitôt pour lui permettre d’entrer dans le bureau du Sondeur-Commodore. Ce dernier se tenait debout près de la baie vitrée. Un large sourire éclairait la barbe de jais qu’il portait à la mode du moment. Il était habillé avec la simplicité des moines Shonsay. Une bague d’onyx à sa main droite témoignait d’une touche de fantaisie.
— Ainsi, voilà notre éminent archéo-docteur. Merci d’avoir répondu à mon invitation. Je vous en prie, veuillez prendre place, dit le Sondeur-Commodore de cette voix ample et grave qui trahissait la présence d’implants vocodeurs.
Sorlens, plus intimidé qu’effrayé au final, s’installa du bout des fesses sur le siège, sa mallette toujours blottie contre sa poitrine. Lëondradt prit place en vis-à-vis. Il observait l’archéo-docteur d’un œil curieux. Il se rencogna dans son siège et croisant les bras demanda si Sorlens avait eu le temps d’apprécier Furianow, la capitale de Terra Austria. L’archéo-docteur se plia de bonne grâce à cette futile entrée en matière, puis fit mine de présenter sa mallette.
— Je crois que le temps de votre excellence est précieux. Me permettez-vous de…
— Mais, justement, j’allais y venir, coupa Lëondradt. Ainsi, il semble que vous ayez mis la main sur une découverte exceptionnelle. Mercy m’a parlé d’une sorte de référence à de vieux mythes. Pourriez-vous éclaircir ma modeste lanterne.
Pour toute réponse, Sorlens ouvrit la mallette et en présenta le contenu au Sondeur-Commodore. Celui-ci se pencha un peu, intrigué et perplexe.
— Je ne comprends pas très bien ce que c’est, fit-il sur le ton de la confidence. Pouvez-vous m’expliquer.
L’archéo-docteur se racla la gorge pour s’éclaircir la voix, puis sortit avec d’extrêmes précautions une plaque de syncristal dans laquelle était sertie une forme oblongue assez incompréhensible parcourue par de fins réseaux grisâtres ponctués de minuscules taches blanches.
— Qu’est-ce que c’est ? demanda Lëondradt. On dirait une image à deux dimensions. C’est absurde.
— C’est une empreinte graphique, expliqua Sorlens. C’est très ancien. D’après les analyses, cet objet aurait aux alentours de 6 ou 700 années standards.
Lëondradt émis un sifflement admiratif.
— Tant que ça. Mais docteur, on dirait que cette chose a été manufacturée. Or chacun sait que le monde de cette lointaine époque n’était qu’un désert de poussière tout juste peuplé de lichens et de bêtes.
— Il semblerait que non. J’ai découvert cette empreinte dans une bizarre configuration rocheuse géométriquement parfaite. Un peu comme les vestiges d’une habitation. Mon équipe a également extrait du sédiment divers artefacts.
— Mais… Selon l’Académie d’Histoire Sainte, la raison a été révélée aux Hommes par Notre Sublime Sondeur, il y a seulement trois siècles. Toute autre explication relève…
— du mythe ?
— Ou du blasphème. La frontière est mince, docteur.
Un frisson parcourut les épaules de Sorlens. Il n’aimait pas ce qu’il venait de lire dans le regard de son interlocuteur.
— C’est vraiment ce que vous pensez ? Moi, je ne vous parle que de science, excellence. Regardez mieux cette empreinte et dites-moi ce que vous voyez.
Le Sondeur-Commodore se caressait le menton d’un air absent. Il adressa un bref signe de tête au chambellan pour l’inviter à regarder aussi. Ce dernier posa familièrement sa main sur l’épaule de Lëondradt et examina attentivement l’empreinte. Une expression de profond scepticisme mêlé d’incompréhension se lisait sur le visage des deux hommes.
— Voyez, Excellence. Observez bien les réseaux qui parcourent l’empreinte. Remarquez que cela ressemble à des tiges irrégulières.
— Oui. Comme si elles avaient été tordues et redressées. Mais, docteur, sur quoi sont-elles posées ces tiges ?
— Elles ne sont posées sur rien, expliqua Sorlens. La surface grise que vous voyez autour, c’est le ciel.
— Le ciel ? De cette couleur ? s’écria le Chambellan. Mais c’est absurde. Le ciel n’a jamais été gris. Il est jaune. Il a toujours été jaune depuis le premier jour de la création.
— Et pourtant, ce ne peut-être que le ciel parce que…
— Parce que ?
Sorlens attendit un instant. Le Sondeur-Commodore l’observait avec cet air étrange qui laisse présager quelque ennui à venir. Le Chambellan était blanc comme un linge. Un silence de mauvais aloi encrassait l’atmosphère. Au-dehors, le vrombissement aigre d’un orthoptère apporta une touche de bizarrerie supplémentaire.
— J’attends votre théorie avec impatience, dit Lëondradt d’une voix blanche.
— Ce que vous voyez sur cette empreinte était un… arbre, excellence.
Le Sondeur-Commodore se leva d’un bond, faisant sursauter du même coup Mercy et Sorlens. Les mains jointes dans le dos, il se dirigea vers la baie vitrée et regarda au dehors. Il semblait soudain extrêmement préoccupé. Le chambellan Mercy s’approcha du bar et se servit un verre de liqueur sans en proposer à Sorlens.
D’interminables minutes s’écoulèrent, chacun demeurant sur son quant-à-soi. On percevait la respiration oppressé du docteur et celle plus profonde du Chambellan. Lëondradt semblait de marbre.
Enfin, il se retourna vers l’archéo-docteur.
— Il semble que vous ayez soulevé un point de divergence. Je ne vous savez pas partisan de l’ancienne croyance. Docteur, si les savants de l’Académie d’Histoire Sainte disent que le monde a été peuplé par l’Homme il y a trois siècles grâce à Notre Sublime Sondeur, je le crois et si je dis que les arbres sont des créatures mythiques qui n’ont jamais existé, j’aime qu’on me croie. Ne suis-je pas, par mon statut, le commandeur des croyants ? Oseriez-vous mettre ma parole en doute ?
— Certes non, votre excellence. Mon but n’est que d’enrichir nos connaissances. Je…
— Nous allons conserver votre… empreinte afin de la faire étudier par nos savants. Je vous souhaite un bon séjour dans notre capitale, cher docteur. Je vous ferai part de mes conclusions dans quelques jours.
Ainsi, l’entretien était terminé. L’archéo-docteur Sorlens prit donc congé selon le protocole, accompagné par le robot-majordome qui prononça les formules d’usage.
Aussitôt seuls, les deux hommes se regardèrent avec un air de connivence. Le Sondeur-Commodore décrocha le téléphone.
— Capitaine Chonsoert. L’archéo-docteur Sorlens s’apprête à quitter le palais. C’est un homme dangereux. Stoppez-le !

Évreux, le 16 janvier 2015

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Illusion (Walrus)

Embrassant la photo d'un seul regard, je n'y ai vu que des branchages se détachant sur un ciel gris.

Mais à y regarder de plus près, j'ai repéré les quelques ondulations qui m'ont fait revoir mon interprétation : les rameaux se découpent sur fond d'eau où se reflète le ciel sombre. Et la position des goutelettes s'intègre mieux à la vue.

 

Comme un peu d'attention peut nous aider à mieux comprendre !

(Quelle leçon ? Je parle de l'image...)

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Jamais (JAK)

ja

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Après la pluie (MAP)

 

Après la pluie

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Le portait d'un oiseau (Emma)

Forcément certains de vous, amis défiants, aurez l'idée de faire le portrait d'un oiseau, mais pour l'émotion de retrouver la voix de l'ami Serge, c'est ici (clic) (ne pas manquer cette écoute)

 

…//Faire le portrait de l'arbre
en choisissant la plus belle de ses branches
pour l'oiseau
peindre aussi le vert feuillage et la fraîcheur du vent
la poussière du soleil
et le bruit des bêtes de l'herbe dans la chaleur de l'été
et puis attendre que l'oiseau se décide à chanter
Si l'oiseau ne chante pas
c'est mauvais signe
signe que le tableau est mauvais
mais s'il chante c'est bon signe
signe que vous pouvez signer
Alors vous arrachez tout doucement
une des plumes de l'oiseau
et vous écrivez votre nom dans un coin du tableau.

 

J'ai suivi les conseils de Prévert, et il est venu, l'oiseau, mais je ne l'ai pas encore entendu chanter....alors j'attends un signe pour signer

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