Tard après une dernière partie de tarot, je rentrais chez moi en longeant  la rue de l’Eternité. L’hiver sinistre n’en finissait plus et plombait  le coté funèbre du lieu

Près du pont,  je le  vis.  Les socques usés,   il glissait sans bruit  sur les pavés, il semblait être gouverné par son  caprice de l’instant, avançant au rythme  d’  un bâton noueux  pointé d’une ferraille à trois dents, avec lequel il faisait des pirouettes qui déchiraient son ombre.

Sa tignasse couverte d’une toque aux couleurs zinzolin (violet tirant sur le pourpre)   était illuminée  par les éclairs qui venaient lacérer  l’espace d’un instant, son visage inquiétant

 

J’avais des frissons en l’entendant  prononcer  un langage inconnu, avec des mots martelés  qui décuplaient  mon effroi et mon angoisse.

Il approchait promptement de moi et je pouvais  lire dans ses yeux phosphorescents, une  convoitise, qui n’avait rien de romantique !

 Ce soir aux cartes, j’avais trop souvent sorti l’arcane XV,

 

Maintenant, me faisant face, était le diable en personne.