24 janvier 2015

Défi #335

Pour ce nouveau défi

 dix mots vous sont proposés :

Espace - Bruit - Frisson - Rythme

- Couleurs- Langage- Caprice - Lire -

Déchirer - Pont

à utiliser dans l'ordre que vous désirez

pour nous raconter une

rencontre improbable!

 

MOTS

A vos plumes !!!

Nous attendons vos trouvailles à

samedidefi@gmail.com 

A tout bientôt !

 

 

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la molécule de l'oubli (Pivoine)

« Quel était votre visage avant que votre père et votre mère se fussent rencontrés ? »

KOAN ZEN, cité par Marguerite Yourcenar, dans « Souvenirs pieux ».

 

Impossible de me souvenir de la cellule apparue alentour de Noël 1956. De deux cellules. Encore moins de l'autre cellule. De leurs bagages respectifs. De la rencontre. Involontaire. Du long voyage dans les tunnels obscurs, de l'arrimage, d'une « activité cardiaque », d'abord et avant tout. Coeur qui s'arrêtera un jour de battre, après avoir donné naissance à un autre coeur qui bat. 

Impossible de me souvenir du début de la vie. Impossible d'augurer de la fin de la vie. Je ne connais que le présent.

Je ne me souviens pas de la salle d'hôpital où je suis née

Je ne me souviens pas des cris qui remplissent l'atmosphère et des vêtements aseptisés du médecin de la sage femme des infirmières.

Je ne me souviens pas de ce que j'ai pu ressentir quand ma tête est apparue dans ce monde de bruit et de fureur

(Mais je me souviens de l'époque où j'ai lu ce livre).

Je ne me souviens pas de mes dernières heures de tranquillité, même si je puis les imaginer quand je me réfugie au fond de mon lit, couvertures sur la tête, avec juste un petit espace frais pour la respiration. Je ne me souviens pas de cette chaleur, mais je sais que j'aime cette chaleur et que j'en ai besoin. 

Et que je l'ai parfois retrouvée au creux d'une épaule.

Et je glissais alors, doucement, dans le sommeil le plus lumineux de la vie.

Je ne me souviens pas de ce moment de combat, pour venir au jour - même si c'était la nuit, je ne me souviens de rien, comme c'est normal. J'ai tout vécu, nous avons tout vécu, sans savoir, sans comprendre, et nos yeux fermés s'ouvraient au monde. De quelle couleur étaient nos yeux ? La femme aux cheveux verts avait-elle des prunelles vertes et cette lumière insondable, venue des profondeurs? 

Quelles fées se penchaient donc sur ce berceau? 

Je ne me souviens pas des paroles anxieuses de ma mère, "Docteur, est-elle viable?"

Je ne me souviens pas de ma grand-mère, qui avait l'âge que j'ai aujourd'hui, et qui est venue me voir.

Ni du froid de la première nuit, ni des paroles rassurantes et douces ni d'un doigt, sur mon front. Je ne me souviens pas de la chambre déserte ni du berceau ni du biberon oublié ni d'avoir souri aux anges ni des rangées de langes propres séchant dans le jardin.

Je ne me souviens pas du premier hiver ni de l'Expo 58 ni des trams 1, 2, 3 et 4, ni du premier anniversaire ni des biberons ni du lait acide que j'aimais, paraît-il, je ne me souviens pas des chansons de ma mère ni de ses larmes ni de ce que je pouvais ressentir, en contemplant sa chambre.

Ni même des pots de confiture qui moisissaient lentement, sur la cheminée.

Cet inconnu commun à toute l'humanité s'arrête pour moi au moment où, malade, l'on m'a conduite dans un hôpital, pour y être soignée. Au moment où dans un lit blanc, en face d'une haute fenêtre de l'hôpital d'Ixelles, j'avais trois compagnes de chambre et un jus d'orange pour goûter.

L'inconnu s'achève au moment où le taxi, une Mercedes, me ramène à la maison, où il gare devant la maison, je sais que c'est ma maison, je me tranquillise, je suis chez moi.

Et j'oublie tout... A nouveau. Jusqu'à bientôt.

Et pourtant, j'ai une vie, une plume, un éternel roman, dans la tête et une chanson et un jardin, et même l'avenue Louise, pour me souvenir... 

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Bruxelles, avenue Louise, 11 juillet 1957 (c) J. Dallons

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OUBLIS (JAK)

Depuis quelque temps Memny avait des oublis continuels (de mémoire)   -Je précise, car je vous vois sourire-.

Ses clés disparaissaient régulièrement, sa brosse à cheveux  se retrouvait dans le frigo,  les factures et autres paperasses,  n’étaient jamais au bon  endroit…

 Un grand désarroi s’emparait d’elle..

 Quoi, elle la championne de QPUNC, la belle sportive sexagénaire  qui prenait si soin de sa santé, serait-elle attente d’un début d’ALZ ????

L’HIER se cachait sournoisement. Elle ne savait plus ce qu’elle y avait fait ou dit. Alors,  s’il fallait remonter plus haut, c’était le vide sidéral.

Elle consulta son médecin, fit des tests neuropsychologiques..

 Conclusion, c’était passager. Une simple fatigue psychique -son cerveau ne pouvait plus fournir un effort de concentration-, ajoutée à un  surmenage  physique de retraitée surbookée.

Une prescription de complément vitaminique remettrait tout dans l’ordre.

Un mois passa. Aucune amélioration.

Entre deux absences de mémoire, elle décida de prendre les choses en mains.

Elle ne stressa  plus, ne paniqua plus lorsqu’un incident fâcheux arrivait consécutif à ses oublis, elle accepta cette nouvelle façon d’être.

En résumé elle prit le partie d’oublier qu’elle avait des oublis.

Et ma foi, elle y arriva bien.

Depuis elle applique cette maxime :

« Les deux grands secrets du bonheur : le plaisir et l'oubli. »

(Alfred de Musset)

 

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pilules de l'oubli par bongopinot

 

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Une pilule de l’oubli

Pour tout effacer

Tout bien gommer

Les images de l’esprit

 

Molécule de l’oubli

Balayer le stockage

Posé sur l’étalage

Des souvenirs vieillis

 

Vivre sans oubli

N’est pas chose aisée

Douleurs du passées

Aime les amnésies

 

J'accepte les oublis

Mais garde ma mémoire

le mauvais si dérisoire

le bon qui éblouit et réjouit

 

Je ne prendrai pas cette molécule

je veux garder intactes mes souvenirs

même les moins jolis et les pires

Qui ont permis que ma vie s'articule.

 

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Atchoum (Joye)

atchoum

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Participation de Nhand

JE NE SAIS PLUS

 

 

Je ne sais plus
Ni son nom, ni son rire,
Je ne sais plus
Ni mon mal, ni mes larmes,
Je ne sais plus !
Ma mémoire, à vrai dire,
A coupé les alarmes
Des réveils du passé ;
Tout doit être effacé,
Enterré sous la cendre !

Je ne sais plus
Quel démon ou quel ange,
Je ne sais plus
Qui partageait mon rêve,
Je ne sais plus !
Mais je le trouve étrange,
Ce soleil qui se lève...
Pourquoi me fixe-t-il ?
Que me murmure-t-il ?
Que me faut-il comprendre ?

Promesse d'amour ? C'est trop tôt,
Je ne suis encore qu'un leurre
Que l'oubli façonne au couteau ;
Je ne sais plus aimer, pour l'heure...

 

 

LOGO NH-PF

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L'offre et la demande (Walrus)

Pourchassée par de mauvais souvenirs, elle s'était précipitée chez le marchand d'oublies, y avait dépensé, en vain, sa galette, ayant oublié que la racine du mot renvoyait non pas à l'oubli mais à l'offre*. Je vous demande un peu !

Qui qu'a dit que l'étymologie ne servait à rien ?

 

* du latin Oblatio, action d'offrir

oublis

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Amné-drôle de mu-sique ? (Joe Krapov)

02 A Oncle armand 02 1

Comment ai-je pu oublier l’oncle Hubert ? Aurais-je trop bu de vodka polonaise au petit-déjeuner ? Je n’ai pourtant jamais forcé sur le Beaujolais avec le camembert !

Qu’est-ce que c’est que cette histoire de cours d’anglais ? J’ai fait allemand 1ère langue, russe en deuxième et latin sans messe en supplément !

J’aurais eu un oncle Armand ? Et il se serait produit à l’Olympia ? Moi qui pensais être le seul artiste de la famille avec mon frère William ! Et encore pour gagner ma vie j’ai été obligé de bosser sous pseudonyme dans un restaurant mexicain !

Oubliée aussi la tante Louise ! Mais par contre je me souviens bien des Loiseau. Non, pas ceux qui oeuvrent dans Tintin – Le Secret de la Licorne – mais ceux bien plus sympas qu’on a connus en Auvergne quand on allait là-bas pour des vacances forcées – on peut oublier Palerme mais pas La Bourboule ! Ils étaient apparentés avec Bernard Loiseau, le célèbre restaurateur de Saulieu. Mais pourquoi aurait-il donné à son restaurant parisien le nom d’une tante mienne ? Oui, je sais, Louise est un prénom de plus en plus répandu.

Quant à tante Jeanne, aucune trace dans ma mémoire d’un mélange de macédoine et de tiramisu. Ou alors j’ai oublié, ou j’étais parti à l’opéra voir les p’tits rats, mi soûl, Mitsou, Missouri un soir où ça sentait le roussi.

 

DDS 334 Hélène

J’ose à peine me souvenir que je suis descendu dans le gouffre de Padirac. La photo de la famille dans la barque a longtemps trôné sur le buffet dans la cuisine de mes grands-parents. Qu’est-elle devenue ? Maintenant qu’ils ne sont plus là, elle est peut-être chez Tonton Georges ? Mais à part ça, je n’ai rien fait d’autre en matière de spéléologie. Et surtout pas en galante et russe compagnie ! J’eusse été bien en peine de folâtrer avec une Natacha car je n’en ai jamais connu aucune ! Tout juste ai-je retenu le patronyme de Natacha Lindinger qui jouait le rôle d’Hélène Châtelain dans les premiers épisodes de Nestor Burma.

Alors ? Pourquoi ai-je les prénoms de cette famille inconnue dans la tête ? Pourquoi aurais-je rendu visite à ces ancêtres à l’époque où j’étais au lycée Franklin à Lille ? J’habitais à vingt kilomètres de là et je n’y connaissais personne chez qui aller aux intercours, à part le Furet du Nord vers qui je courais-courais pour y lire des bédés.

M’aurait-on implanté, comme dans un roman de Philip K. Dick, des faux souvenirs ? Pour obtenir quoi ?

Ou alors… Ne devrais-je pas me rendormir pour oublier ce drôle de rêve ? Il est six heures du matin. J’ai encore droit à une heure de sommeil. Oui c’est ça. Je suis au lit, c’est mon inconscient qui délire. Je replonge.

Et puis le réveil a sonné. Je me suis levé, l’air maussade. J’ai posé le pied sur la feuille aux six paragraphes de texte avec à droite les accords de guitare et de ukulélé.
Avant que je parte au boulot, Marina Bourgeoizovna m’a dit :
- Tu ne t’es pas foulé, pour le prochain Défi du samedi, avec ta chanson hôn !

Le matin elle est comme ça, pur jus, la vérité crachée en face, franche du collier, comme toujours.

- Attends, que je lui ai dit, j’ai quand même composé la musique ! Et puis vous avez bien rigolé avec Anita hier soir quand je vous ai fait écouter l’enregistrement, non ?

FillonC’est vrai, les paroles sont de Vegas-sur-Sarthe. Et, oui, c’est un mélange de mémorisation triviale et de poursuite de nostalgie, mais quoi ? C’est drolatique, on est dans la même veine, quelque part, lui et moi, à aller au charbon chaque jour en écrivant et moi ça me fait bien marrer cette polyphonie d’un jour pondue à l’instigation de tiniak. Un vrai défi, bien relevé, bien piquant, non ?

- Tu ne vas quand même pas prétendre que c’est François Fillon le plus grand comique de la Sarthe ? ai-je demandé.
- Je n’ai pas dit ça ! a-t-elle répondu. Allez va bosser ! Oublie !

Oublier ? Je ne peux pas ! Je suis hypermnésique ! Et c’est de pire en pire ! La preuve : maintenant je me souviens même de la famille des autres ! Je la connais par cœur la chanson !  

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Sculpture (MAP)

De ma vie passée

 

tout oublié

 

Sculpture de Christophe Charbonnel

Sculpture de Christophe Charbonnel

au Château du Pailly (Haute-Marne)

 

 

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