UN CERTAIN MIROIR

 

 

D'abord, tes yeux comme un miroir
Dans lequel je me vois sourire...
Sans un mot, tu sais me décrire
La fin de tout mon désespoir.
Je me découvre et m'envisage
Heureux pour le reste des jours,
J'entends s'accorder nos tambours ;
Nous parlent-ils d'un bon présage ?

Le temps court, les saisons se font
Au soleil leur petite place,
La pluie éreinte, le vent lasse,
Mais l'été revient vite, au fond.

D'ailleurs, je ne hais point l'automne,
Jusqu'à ce maudit lundi noir
Où je ne vois dans le miroir
Que l'ombre d'une autre personne...
Je m'étais presque trouvé beau,
Voici mes charmes obsolètes,
Ce n'est plus moi que tu reflètes ;
Ta flamme change de flambeau !

Les saisons vont, le temps décampe,
Un cafard infernal, bavard,
Saigne et prend mon cœur pour buvard ;
Autant que j'éteigne la lampe !

Et puis, soudain, le désespoir,
Par enchantement, se défile
À nouveau lorsque se profile
L'éclat retrouvé du miroir...

 

 

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