13 décembre 2014

Défi #329

 

Et si vous nous racontiez

un GROS MENSONGE !!!!

 

pinocchio_

Rien que pour voir si on vous croit !!! :-)

Pour samedidefi@gmail.com

A tout bientôt !!!

 

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Argos (EnlumériA)


L’homme s’avança jusqu’au pupitre sous les applaudissements timides de l’assistance. Il était vêtu d’une cape et son visage était partiellement dissimulé par une capuche qui lui donnait l’air d’un pénitent. Lorsque le projecteur le captura dans son cercle de lumière, l’homme eut un mouvement de recul et, d’un geste prompt, il rabattit un peu plus la capuche sur son visage. D’une main gantée, il tapota le micro et toussota pour s’éclaircir la voix.
— Bonjour, je vois que vous êtes venus nombreux ce soir. Comme vous le savez, je m’appelle Arnaud Lepaon et la plupart d’entre vous on entendu parler de moi par l’intermédiaire des médias.
Quelques applaudissements supplémentaires crépitèrent çà et là. L’homme reprit :
— D’abord, je voudrais remercier les organisateurs de cette causerie, monsieur Jean Madorier, le maire de notre bonne ville de Verneuil-sur-Avre et son équipe, l’abbé Touron, curé de notre paroisse ainsi que les docteurs Condamine et Mességuier.
Nouvelle salve d’applaudissements. Hochements de tête entendus et sourires de circonstances des notables. Personne ne remarqua l’homme au visage grave, vêtu d’un costume sombre, qui siégeait au premier rang.
— J’aimerais commencer mon exposé par un rapide historique qui, je l’espère, mettra en lumière ce problème qui désormais fait le buzz sur les réseaux sociaux, comme on dit.
« Comme certains d’entre vous le savent déjà, je suis né avec une malformation congénitale appelée anophtalmie. C’est-à-dire que je suis venu au monde sans globes oculaires, autant dire sans yeux. L'anophtalmie est une malformation qui ne concerne qu'une naissance sur 100 000. Soit un ou deux cas par an en France. Il parait que mon père a répondu au médecin qui lui a annoncé la triste nouvelle que cela lui faisait une belle jambe que cette saloperie soit une rareté. C’était à son gamin que ça arrivait. Ma mère, elle, pleurait toutes les larmes de son corps. D’où l’avantage d’avoir des yeux. Les médecins ont dit qu’elle avait probablement contracté une rubéole congénitale, infection virale qui perturbe le développement normal de l’œil. D’autres ont avancé que mes parents seraient porteurs d’un gène défaillant. La réalité s’avéra toute autre. Dans les mois qui suivirent, des cas similaires au mien se sont multipliés au-delà de toute mesure dans la région d’Évreux. Une enquête assez confidentielle, il faut le reconnaître, démontra à l’époque, que la responsabilité de ce déplorable événement en incombait au centre de recherche sur le génie génétique, j’ai nommé L’U.G.I, Universal Genetic Institute, filiale à peine dissimulée de Google Magic Leap. Ces gens expérimentaient de nouvelles méthodes de culture céréalière en milieu humide. Bref ! »
Des murmures désapprobateurs retentirent un peu partout et il y eu même une puissante voix d’homme qui proféra une insulte bien sentie à l’égard des scientifiques. L’homme au costume sombre eut un mouvement d’impatience.
— J’ai grandi sans yeux jusqu’à l’âge de seize ans. Comme tout aveugle de naissance, je m’en sortais très bien avec les moyens que j’avais. Je réussissais dans mes études, et, bénéficiant de l’oreille absolue, je venais d’obtenir aisément un premier prix de violon au conservatoire de Rouen. Pour la petite histoire, j’avais même une petite amie, elle aussi non-voyante, mais pour d’autres raisons.
« Et puis les hommes en noir sont venus trouver mes parents. Ils représentaient la société Google Magic Leap qui, quelques années plus tard, souhaitait réparer un préjudice causé par une expérience ayant mal tourné par une autre expérience destinée à rétablir mon intégrité physique. Un dérivé du clonage humain encore à l’état expérimental, mais que ces gens affirmaient contrôler sans problèmes.
— Tu parles Charles, fit la voix d’homme sur un ton narquois. Quelques ricanements virevoltèrent dans l’assistance.
— Mes parents ont accepté le deal avec enthousiasme et naïveté. Pour ma part, j’étais assez réticent. N’ayant jamais connu le sens de la vue, je me sentais très à l’aise dans ma vie et je ne voyais pas — si vous me passez l’expression — l’intérêt d’y changer quoi que ce soit. Papa a toutefois su trouver les mots. Il y est encore allé de sa fameuse belle jambe et maman pleurait toutes les larmes de son corps à la perspective qu’il me pousse des yeux. Bleus ! Elle voulait qu’ils soient bleus. Les hommes en noir ont affirmaient que ce n’était absolument pas un problème. Avec les techniques modernes, ils pouvaient obtenir tous les coloris possibles et imaginables. »
Un oh d’étonnement s’éleva de l’assistance.
— Je me suis rendu à Montréal fin avril 2018. Juste avant les grandes manifestations de Nanterre. Je me souviens que lorsque j’ai entendu la description de ces terribles événements faisant suite à la suppression du RSA et des aides sociales — la police tirant à balles réelles sur une foule désespérée — je me suis demandé si un tel monde méritait vraiment d’être vu.
À l’évocation de ces événements, le maire toussa dans son poing d’un air gêné. Le curé pointait son nez sur ses chaussures de croque-mort. Le trublion du fond n’osa même pas intervenir.
Pas mécontent de son petit effet, Arnaud Lepaon continua son exposé.
— Le projet Argos, entendez, « Acquisition Résurgente Génique Ophtalmo-Subrogatoire », avait été mis au point au centre transhumaniste de recherches expérimentales de Smiths Falls, dans la région d’Ottawa. La préparation a duré six semaines. Je ne saurais trop vous décrire les techniques employées. Tout ce que je sais, c’est qu’au bout d’une pléthore d’examens et d’analyses en tout genre, ils m’ont trépané pour prélever un échantillon de mon cerveau, — Lepaon pointa son index sur son crâne — Ici. Dans le cortex visuel du côté du lobe occipital. Ils ont ensuite bouturé cet échantillon avec je ne sais quelle procédé nanotechnologique et ils ont réimplanté le tout dans mon organisme.
Le crépitement des appareils photos ne cessait pas. Lepaon eut une fois de plus un mouvement de recul.
— Euh ! S’il vous plait, arrêtez de prendre des photos, les flashes sont très durs à supporter malgré la capuche.
Il se prit le visage dans les mains pendant quelques secondes puis se ressaisit.
« Bon ! Revenons à nos moutons. Les résultats ne se sont pas fait attendre. Dix jours plus tard, je ressentais des démangeaisons au niveau des orbites. Cela devint rapidement intolérables au point que l’on dû m’administrer de fortes doses de morphine. J’ai ensuite ressenti une sorte de pression derrière le front et mon cerveau ne comprenait pas les nouvelles sensations qu’il expérimentait. La lumière, mesdames et messieurs ! Je prenais conscience de quelque chose d’inhabituel dans ma perception du monde. Quelque chose qui n’était ni un son, ni un contact ni un parfum. Quelque chose qui s’appelait la lumière.
« Mes progrès furent rapides. En quelques semaines, j’appréhendais le monde, et mon environnement immédiat. Je découvris que cette télévision qui me cassait les oreilles était aussi une agression pour les yeux. Les miens étaient d’un très beau bleu azur. Grâce à eux, je vis enfin que la jambe de mon père n’était pas si belle que ça et que le visage de ma mère ruisselant de toutes les larmes de son corps était celui d’un ange.
« Ce fut l’état de grâce. J’utilisais les semaines suivantes à étudier toutes les facettes de l’univers que jusque là, je n’avais perçu que sous forme de sons et de sensations. J’en profitai pour négocier une opération similaire sur Virginie, celle qui était ma petite amie d’alors — et qui m’a depuis quitté pour les raisons que tout le monde sait — et je visionnai en boucle la saga Star Wars.
« Je suis revenu en France, le 18 janvier 2019. Les démangeaisons ont repris le 27 du même mois. Cela me grattait sur tout le corps et mon père affirma sans ambages que j’avais attrapé la gale. Diagnostic qui n’eut pas l’heur de convenir à notre médecin de famille, le docteur Condamine ici présent, qui m’orienta vers un dermatologue, le docteur Mességuier, qui y perdit lui aussi son latin. Bientôt, apparurent sur ma poitrine, dans mon dos et sur mes bras des sortes de grosses pustules violacées qui se rétractaient au touché. Cela n’était pas douloureux mais devint rapidement sensible à la lumière… »    
Un journaliste se leva et demanda si ces choses avaient un rapport avec l’intervention destinée à lui faire repousser des yeux. Des mains se levèrent un peu partout. Au premier rang, l’homme en costume sombre se leva. Personne ne remarqua l’objet qui prolongeait son bras droit qu’il tenait le long du corps.
Arnaud Lepaon fit un signe rapide de la main. Aussitôt, la scène fut inondée d’une intense lumière blanche. Il rejeta sa capuche en arrière. Un cri de surprise et d’effroi mélangés retentit dans la foule. Il se dépouilla rapidement de sa cape et apparut nu en pleine lumière. Au deuxième rang, une femme s’évanouit tandis qu’un jeune enfant hurlait de terreur. L’homme en costume sombre parcouru les quelques mètres qui le séparaient du pupitre en une fraction de seconde, braqua son pistolet sur Lepaon et lui tira une balle en pleine tête. L’orateur s’écroula comme un sac. L’homme en costume sombre profita de la panique pour s’éclipser toute affaire cessante.
Sur le sol gisait le cadavre d’un homme dont le corps était constellé de petits yeux cruels et vitreux.
Personne ne remarqua la vieille femme qui, dans les coulisses, pleurait toutes les larmes de son corps.


Évreux, le 12 décembre 2014.

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Surveillé par bongopinot

bo01

 

Surveillés, épiés, à tout jamais,

Dans les bus, les métros, les tramways

Le jour, la nuit, lune rousse

Le temps à nos trousses

 

 Et nos petites cartes de fidélité

Où tous nos achats sont collectés

Ces données sont analysées, triées c’est ballot

Nos vies espionnées, attention complot

 

 Et dans les rues de la ville

Des policiers, des vigiles

Ici et là des caméras

Suivent le moindre de nos pas

 

 Les autoroutes, les nationales

Vigilance attention au moral

Si on se relâche ça nous flashe

Contredanse point en moins ça fâche

 

 Observés jusque dans nos murs

Mais comment sera le futur

En attendant de comparaitre

Fermons volets et fenêtres

 

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Granfrero (JAK)

GRANFRERO

 

On lui avait dit, méfie toi. : Evite de trop te dévoiler,  d’écrire mille sornettes sur le réseau,

Non, il n’en a fait  qu’à sa tête, et maintenant il est piégé.

Indicgogole   aux 100 yeux  en a fait son petit poucet…et il a  beau faire, même si il  sème des petites pierres protectrices  pour garder sa liberté c’est fini, bien fini ; il est pris dans la toile,  et l’araignée  sournoisement tisse autour de lui  un entrelacs indélébile.

Même son libre arbitre est chamboulé, il ne sait plus qui croire, les certitudes se contredisent.  La gestion de son temps devient difficile, il ne sait où donner de la tête entre les courriels  et les infos en rafale. Il ne peut plus faire un pas sans être twitté, surveillé, examiné localisé même vendu.

Un livre ou autre chose le tente,  il commande via la toile, aussitôt il reçoit mille propositions, ses goûts, ses habitudes  sont  à découverts, Granfréro  est là, il le fiche à vue et à vie !

 Que faire pour une  marche arrière salvatrice ?  Arrêter ce brouhaha. Cesser ce surf’zapping permanent qui enchaine cette intrusion dans sa vie...  Comment ne plus être zieuté, redevenir incognito ?

Soudain,  il  pense avoir  une idée de génie pour sortir de cet asservissement.

 Il se désabonne du Web pendant une semaine…

Il est désappointé, perdu.  Finis les samedis où il aimait étaler ses idées avec ses potes, terminé les images du monde, clôturé canalblog, disparu  l’outil de la connaissance…

 Alors penaud, le lundi suivant  il a réintégré son adresse mail,  son compte Google, et même  sa Facedetrombine.

Il a un peu honte de cette dépendance, mais en lot de  consolation,  il peut, lui aussi  à loisir, espionner, voir  ce qui se passe   autour de lui, savoir qui est Ki,  et ce que  ki fait en temps et en heure

Alors chassant l’hypocrisie,  il s’est crée un nouveau pseudonyme :

geekacro@j♥.org.

Et il s’est gifé  une belle carte de visite. 

defi 328

 

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Agente Dweeza ~ chat secret ~ (par joye)

 

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La Liberté éclairant le monde (Walrus)

nsa02

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Prêtez l'oreille, braves gens ! (Joe Krapov)

Octobre touchait à sa fin. Les arbres perdaient déjà leurs feuilles. C’est alors qu’un étrange phénomène se produisit. Un mimétisme végétal gagna les livres et les hommes. Des feuilles de livres jaunirent puis se détachèrent, des oreilles aussi.

Pendant que les hommes s’occupaient à ramasser les feuilles mortes à la pelle les oreilles allèrent traîner ici et là de par le monde.

Certaines, très discrètes, intégrèrent des murs pour qu’aucune information ne se perde.

D’autres qu’on appela ennemies entreprirent de devenir espionnes : elles exercèrent ce métier avec la rage et le désespoir de la vieillesse.

Certaines grandes décidèrent de vadrouiller par paires. Elles se glissèrent sous les oreillers pour recueillir des secrets d’alcôves plus ou moins goûteux. Elles en furent pour leur frais : les gens qui dormaient sur elles ne pipaient plus aucun mot : ils s’endormaient illico, ronflaient et sciaient du bois dans un sommeil des plus profonds.

Des oreilles trop indiscrètes mais trop peu discrètes se firent repérer et furent taillées en pointe.

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D’autres retournèrent à l’école, se souvenant qu’elles avaient mal écouté les leçons des maîtresses. Mais le naturel revenant au galop elles oublièrent à nouveau de qui était le silence de Ludwig Van Mozart qui suit les œuvres de Wolfgang Amadeus Beethoven et elles se greffèrent à des bonnets d’ânes. Elles allèrent au coin coiffer les mauvais élèves, ceux qui disaient non avec la tête, rêvaient des oiseaux porte-plumes, du grand chemin de fer en sortant de l’école et des oiseaux qui ne saluent plus le képi dans la cage et les ratons-laveurs.

Pendant ce temps, l’hiver était arrivé. Plus un seul petit morceau de Scaramouche ou de Georges Feydeau ! Dans le théâtre de verdure, il faisait sombre sous la ramure. Sans oreilles les gens ne s’entendaient plus, ils tapaient comme des sourds sur le sol gelé pour qu’on leur rende l’ouïe, n’importe lequel des seize ou dix-sept, les grenouilles adorent demander un roi. Elles le font en coassant, comme la Lune. Et c’était cocasse vraiment toute cette angoisse de gens qui coassent et réclament à l’agence Tass que l’hiver se casse.

Cela dura jusqu’au printemps qui pour revenir cette année-là se fit tirer l’oreille. Gorgées de sève, de fèves, de galettes, de galéjades, de boutades, de salades, de fadaises, de coquecigrues et de carabistouilles les oreilles s’en revinrent vivre à la colle avec leur propriétaire.

Les miennes m’ont raconté l’histoire à peine croyable d’un gars qui était heureux parce que sa femme avait des amants. Elles étaient remontées là-dessus et avaient vu Bernard Dimey à Montmartre. Fariboles, leur ai-je dit, il est mort en 1981 !

De leur fable, je n’en ai rien cru ! Je n’en ai pas cru mes oreilles !

Mais plus tard j’ai descendu dans mon jardin et j’ai constaté avec elles que dans le John Le Carré de légendes où j’avais enterré ma bibliothèque avait poussé une chansonnette. 

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Un millier de regards ( petitmoulin )


Un millier de regards
Se piquent dans le flanc
Des passants de la ville
Un millier de miroirs
Empilent des visages
À gestes découverts.
Tandis que nous marchons
L'errance sur le dos
Ou les lèvres goûtant
La promesse du fruit
Un millier de bras secs
Moissonnent nos hasards.

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Espionnite aigüe (Vegas sur sarthe)

C'est bien connu tous les espions bouffent des micro-films, aussi quand j'ai constaté la disparition de ma cassette VHS de Goldfinger le doute n'était plus permis: une espionne vivait sous mon toit!
J'avais déjà repéré son manège quand elle comptait le nombre de morceaux de sucre que je mets le matin dans mon bol de chocolat... cinq.
J'ai découvert que si je faisais mine de n'en mettre que quatre, elle restait en apnée jusqu'à ce que je mette le cinquième... alors elle détournait le regard avec un profond soupir en faisant mine de s'occuper à autre chose.
S'occuper à autre chose! Elle en est bien incapable, trop occupée à vérifier dans la corbeille de linge sale si mes chaussettes vont par paire, si la lunette des toilettes est indemne de toute projection de mes propres urinations, si j'ai bien rebouché à fond le tube de dentifrice, si je n'ai pas jeté un sac plastique dans la poubelle à couvercle jaune, si je n'ai pas chamboulé sa collection de Barbies qui occupe tout le lit, et coetera et coetera!
Si je remarque tout ça c'est qu'elle m'oblige malgré moi à espionner tous ses agissements, alors qu'avant je m'en foutais royalement.
Du coup je l'espionne pour être sûr qu'elle est bien en train de m'espionner. C'est le serpent qui se mord la queue sauf qu'il n'y en a qu'une dans notre couple hétéro, la mienne... et de nos rares moments d'intimité, je sais bien qu'elle ne perd pas une miette, la fureteuse.
J'aimerais bien savoir à qui elle “rapporte” mes faits et gestes, car qui ça peut bien intéresser de savoir que je mets cinq sucres dans mon chocolat?
Pas mon patron, ni le fisc. Un amant, peut-être?
A force de l'observer et de fil en aiguille, j'ai découvert qu'elle prend des cours de filature... j'ai trouvé des courriers en langage codé qu'elle reçoit d'un certain Joseph Jacquard à Lyon, mais j'ai réussi à casser le code: c'est du parler lyonnais!
Si elle croit que je ne la vois pas faire la navette en guettant le facteur; je sens bien qu'il se trame quelque chose.
Humm... et si elle avait un amant?
Hier soir alors que je visionnais “Rien que pour vos yeux” et surtout la sublime Carole Bouquet, ne choisit-elle pas le moment crucial de la course-poursuite à ski sur le domaine de la station de Cortina d'Ampezzo pour m'interroger sur une certaine Mélina-qui-laisse-tant-de-sms-sur-mon-portable?
Oui, parfaitement ma psychothérapeute s'appelle Mélina No, et alors?
Les autres disent Docteur No, mais je préfère dire Mélina.
Oui elle m'envoie dix sms par jour mais ça fait partie de mon suivi thérapeutique; ça s'appelle la e-thérapie et ça me coûte assez cher comme ça pour ne pas avoir en plus à supporter ses interrogatoires.
Onze sms, pas dix! Elle les a comptés la fouineuse mais je ne polémiquerai pas là dessus.
Si j'avais su qu'un jour, moi Jacques Bonde j'accepterais de prendre pour épouse Mattea Harry ici présente pour qu'elle bouffe mes cassettes VHS et me cherche des embrouilles à propos de ma psy...
Elle s'imagine que je n'ai pas repéré la petite webcam incrustée en haut de l'écran de l'ordinateur portable qu'elle m'a offert pour mon anniversaire! J'ai beau y mettre du feutre noir dessus, la vicieuse y passe l'éponge tous les jours.
Je sais que vous ne le croirez pas mais de temps en temps elle met des yeux dans mon potage et ça me coupe l'appétit.
Notre siamois, Octopussy me regarde faire la gueule devant mon assiette... je sais qu'il est dans la combine, l'espion aux pattes de velours.
Si je pouvais le “retourner” celui-là, j'en apprendrais de belles, mais j'aime pas faire mal aux chats, d'autant qu'elle l'a payé une fortune: pensez-donc, un chat équipé de lunettes de vision nocturne à illuminateur infrarouge!
Heureusement Mélina sait tout ça et sans elle, je ne sais pas ce que je ferais face à cette barbouze qui vit sous mon toit.
Tiens justement, un nouveau sms de Mélina: “Vivre et laisser mourir pour 400 euros”.
Ça doit être mon nouveau programme en dix séances et vu ce que ça coûte, je sens bien que ça va marcher!

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