08 novembre 2014

Défi #324

SEPT mots tirés du

"Dictionnaire des mots rares et précieux"

vous sont proposés :

- LEVANTINE (nom féminin)

- NUMMULITIQUE (adjectif)

- PUCHOIR (nom masculin)

- TRAVOUL (nom masculin)

- FRELOCHE (nom féminin)

et deux verbes :

- COURTAUDER

- MUTIR

A vous de les utiliser à votre convenance

(sans aucun lien avec leur sens)

 pour écrire le témoignage d'une personne

décrivant un VOL dans un grand magasin !

A vos plumes les amis !

Notre adresse habituelle : samedidefi@gmail.com

A tout bientôt !

 

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Message (MAP)

Clown

"Clowns agressifs. Après avoir agité le nord de la France, ce phénomène viral,

qui se propage sur Facebook, a particulièrement agité l'Hérault samedi.

Pas moins de 15 individus grimés ont été interpellés dans la soirée,

dont un après une violente agression à Montpellier."

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El bobo y la mariposa (par joye)

On dit que pour bien écouter les papillons, il faut avoir un coeur de clown. Moi, j’avais un cœur de clown, qui faisait que j’écoutais les papillons, mais c’est vrai que le mot écouter n’a jamais voulu dire entendre. Et c’est ainsi qu’il faut que les papillons et les clowns, toujours aussi mal assortis, soient destinés à ne pas s’entendre.

Elle s’appelait Gabriela, mon papillon. Moi, je m’appelais Tonio, à l’époque. Maintenant, c’est Antonio avec un nom de famille que vous reconnaîtriez si je vous le disais, mais je ne vais pas vous le dire. Ma famille ne mériterait pas que vous la trouviez ignare comme leur patriarche.

Elle avait seize ans. Moi aussi. Enfin, je ne sais pas si j’eus vraiment seize ans. Cette époque est loin et mes souvenirs deviennent flous, comme ces vieilles photos en noir et blanc. Toutefois, quand il m’arrive de penser à Gabriela, tard le soir ou quand je bois un peu trop de Pacharán,  ou quand je vois, plus rarement, passer un papillon, et je pense toujours à elle en couleurs, le blanc de son sourire, le noir de ses yeux, le bleu de ses veines qui pulsaient sous mes doigts.

Vous aurez déjà deviné que c’est Gabriela qui m’apprit à faire l’amour. Vous me direz quizás que c’est naturel, faire l’amour, que cela ne s’apprend pas. Non. Pour vraiment faire l’amour, il faut savoir sentir et réfléchir. Pour vraiment faire l’amour, il faut s’oublier. Voilà. Gabriela m’apprit à m’oublier.

C’est sans doute pour cela que je pensais davantage à moi-même quand j’étais loin d’elle, et pourquoi lorsqu’une autre niñita du village me faisait les yeux doux, j’en profitais. Mais ces autres filles ne valaient jamais Gabriela, et tôt ou tard, je passais la voir, pour prendre des nouvelles du blanc de son sourire, du noir de ses yeux, du bleu de ses veines qui pulsaient sous mes doigts.

Bien sûr que l’inévitable arriva, Gabriela tomba enceinte. Je ne vis pas le blanc de son sourire quand elle me le dit. Je regardais le ciel, je fredonnais une chanson. Je l’entendais, mais je ne l’écoutais pas. Mais, je lui tout de même dis que c’était de la mauvaise chance, je lui dis que j’avais entendu parler d’une curadora qui pouvait s’occuper d’elle. Je lui dis de ne pas s’inquiéter, que j’avais de l’argent, que tout se passerait bien, que personne ne se douterait de rien.

C’était un vendredi soir quand je l’emmenai chez la curadora. Je n’y entrai pas avec elle mais je lui dis que je passerais la chercher deux heures plus tard. Mais deux heures plus tard, j’étais dans les bras d’une autre, une fille dont j’oubliai vite le nom, déjà sans importance ce soir-là.

Eh non, je ne la revis jamais. Vous pourrez deviner ce qui put se passer. Vous savez déjà que les papillons sont fragiles. Il ne faut jamais les prendre par les ailes, ça peut les broyer. Ils ne peuvent plus voler, et quand les papillons ne peuvent plus voler, ils meurent. Malheureusement, à seize ans, je ne le savais pas.

Car j’avais un cœur de clown. J’écoutais sans entendre.

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Faire son cirque (Joe Krapov)

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 Dans mon costume de couleur
J'attends qu'ait fini l'écuyère
Pour m'élancer dans la lumière,
Dans le cercle du projecteur.

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Voilà qu'on lance la musique
Et que déboule Triboulet.
Le clown travaille sans filet
Son numéro tragi-comique.

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Le défilé des éléphants,
Une fois qu'ont barri leurs trompes
N'est rien à côté de ses pompes
Qui font bien rire les enfants.

 

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 Nez rouge, cheveux en bataille, 
Visage blanc, sourcils charbon,
Il cabriole, il fait des bonds,
Il se fait courser, il se taille

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Puis il grimpe sur une échelle,
Annonce qu'il va s'envoler.
Tout un chacun de rigoler
Mais soudain, scène exceptionnelle,

Joe Krapov pour timbre

Il devient la femme canon,
Il traverse le pavillon
Et se transforme en papillon !
Quel magicien, crénom de nom !

***

Oui, la prestation est truquée !
Il y a forcément un complice
Malle, rideau, autre artifice,
Substitution alambiquée.

Afin de lever le mystère
Visitez la ménagerie,
Découvrez la supercherie :
Une cage à lépidoptères !

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Frein à disque (Walrus)

Lassé de ses démélés avec les multiples sociétés supposées soutenir les ventes de son gramophone mais qui s'occupaient surtout de s'en foutre plein les fouilles, ce clown d'Emile Berliner coiffé d'un chapeau boule décida d'en inverser le mouvement et de transformer le moulin à musique en piège à moustiques où les bestioles aspirées via le pavillon acoustique seraient réduites en bouillie par le système mécanique.

Mais, cruelle déception, par mimétisme homophonique, l'engin n'attirait que les... papillons !

Atteint dans sa fierté, l'inventeur baissa pavillon et l'utilisa comme porte-voix pour hurler à la foule qui se payait sa tête :

"Eh ! Oh ! Lâchez-moi les baskets !"

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Un clown qui danse par bongopinot

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Un gramophone

Posé sur le sol

Une musique espagnole

Sonne et résonne

 

Et sur la glace

En costume à pois

Couleurs de joie

Un clown qui danse

 

 Des notes de musique

Comme des papillons

Rouges vermillons

Volent et s'appliquent

 

 Elles sont comme des phares

Clignotent et brillent

Le tout scintille

Dans un brouillard

 

 Et sous nos yeux

Un spectacle idyllique

Magnifique

Merveilleux

 

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Le clown (petitmoulin)


Sur chaque déchirure
De mon âme bleuie
J'ai cousu des morceaux
De rêves en couleurs.
Des blessures que les mots
Ont gravées sur mes os
J 'ai tressé la patience
D'un collier de dentelle.
Accroupi sur la brume
Où croît l'herbe sauvage
Abreuvée d'utopie
J'ai prêté mon oreille
Au silence rebelle.
Un vol de papillon
M'a chanté un refrain
Sur un air de peut-être.

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Corolle de nuit (Fairywen)

 

Corolle de nuit.

Soleil de minuit

Papillon de nuit

Qui vole paresseusement

Tout autour d'un champ

De fleurs rempli

Leurs corolles dans le vent.

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Quoi d’autre ? (EnlumériA)

Tout d’abord, la première chose que tu perçois, c’est une inexprimable brume violine noyée dans l’indigo de l’arrière-plan subliminal. Vapeur sucrée sur miroir d’eau. Une brise parfumée de vanille et d’oignon grillée ondoie calmement sur le chatoyant domaine d’une dame du lac aux accents somnolents d’égérie marmoréenne.
Tel un bouddha de Commedia dell’arte, un personnage grimé comme une drag-queen semble accorder son phonographe à l’instar de ce luthiste de Theodoor Rombouts hantant l’aile Richelieu du Louvres, certains soirs de lune pervertie.
Tu frémis. Un certain malaise s’installe en toi, mais tu ne parviens pas à saisir le sens exact de ce que tu vois. Quelque chose cloche. Cette combinaison lie de vin maculée de confiseries bariolées évoque un platiniste anachronique dépassé par son insalubrité chronique.
Et cette crinoline insensée grande ouverte sur l’azur flamboyant, refuge d’un papillon de passage. Un sylvain azuré ou un grand mars changeant ? Tu ne sais plus. Ton esprit s’égare.
Le bouffon te nargue, encore et encore. Il échafaude des plans dans les plans. Il tisse autour de ton esprit une singularité craintive et sans équivoque. Et toi, petit être sans consistance, tu consens à laisser s’effilocher ton âme au gré des vents. Au gré d’une musique absente.
Quelque chose cloche.
Tu t’éveilles dans le petit matin poisseux de ta sempiternelle solitude. Il est temps de cloner une autre journée sans rêve, ni espoir.
La pointeuse s’impatiente.


Évreux, 6 novembre 2014.

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