26 juillet 2014

Défi #309

Quatrième photo des défis de l'été  :

On attend du monde !

On attend du monde à

samedidefi@gmail.com

A tout bientôt les amis !

 

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Cartes postales : Chapitre III (par joye)

Chapitre III :  Le vélo de Nancy

[Les épisodes précédents :  Amanda Perry, américaine, reçoit un message anonyme et menaçant  pendant son séjour à Nancy. Elle téléphone chez un avocat pour des conseils, mais sans pouvoir le rejoindre. Quand nous l’avons quittée, elle venait de recevoir un deuxième message qui lui disait de fuir.]

Bon, que faire ? Amanda retourna la carte postale. Trois fers à cheval. Elle sortit le premier message de son sac. L’écriture de l'un se ressemblait à celle de l'autre. Elle ne connaissait personne à Paris, sans parler de quelqu’un ayant les moyens de descendre au Ritz.  De nouveau, elle l'examina de près. Souvenir de Lorraine. Ah ! Maître Cherval était de Nancy ! Est-ce que la carte et la lettre venaient de lui ? Après tout, un avocat établi qui travaillait pour des riches pourrait bien se payer un séjour au Ritz et aussi dans un ranch.

Telle son habitude, la rouquine regarda son calendrier et prit rapidement une décision. Elle irait à Nancy. Cherval y serait de retour dans trois jours. Elle le verrait alors face-à-face, pour la première fois.

Sur sa tablette, Amanda consulta les horaires SNCF.  Départ 12h31, passant par Paris-Est, elle serait à Nancy avant 19 h. Pas mal, pas mal du tout, et cela lui permettrait aussi un peu de temps pour réfléchir à ses prochaines démarches, une fois arrivée.

En quittant son hôtel, elle eut l’idée de demander au concierge comment l’enveloppe y était arrivée.

-          Puis-je parler à monsieur Goudin ? demanda-t-elle à la réceptionniste.

-          Il descend ici ?

-          Euh non, c’est le concierge.

-          Le concierge ? Goudin ?  Non, madame, il doit y avoir erreur. Il n’y a pas de Goudin qui travaille ici.

Amanda avala sa salive. Le nœud de panique revint à sa gorge et y resterait pendant tout son trajet vers Nancy.

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Participation de Nhand

BREDOUILLE

 

 

Chantait à cappella
La brise volubile ;

Vaincu, déchu, fila
Le gris vers outre-Manche ;

D'azur étaient gavés
Les dessus de la ville ;

Vibraient sur les pavés
Les deux roues du dimanche...

Aux abords du marché planait une douceur
Fleurant la mirabelle et le miel de lavande ;
A l'ombre des remparts, venu pour sa provende,
Flânait le matinal quand rentrait le noceur...

A l'anglaise, l'orage,
Vaincu, déchu, fila ;

Les contours de la plage
D'azur étaient gavés ;

Un merle et sa merlette
Chantaient à cappella ;

Ta vieille bicyclette
Vibrait sur les pavés...

Dérailla brusquement, sous tes coups de pédales,
Sa chaîne, et te voilà coupée en plein élan !
Par bonheur, une enseigne au logo très parlant
Se trouvait à côté d'un marchand de sandales ;

On y réparait là
Les vélos en souffrance.

Et pourtant s'étiola
Ton début d'espérance...

Car un petit panneau sur le rideau baissé
Annonçait clairement : « fermeture annuelle »
Tu rebroussas chemin, de ruelle en ruelle,
Tirant par le guidon ton compagnon cassé.

Les regards, par centaines,
D'azur étaient gavés ;

Les bouches des fontaines
Chantaient à cappella ;

Des patins à roulettes
Vibraient sur les pavés ;

Mais ton projet d'emplettes,
Vaincu, déchu, fila.

 

 

Nhand

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Participation de JAK

ja01

Comme je me suis  de nouveau fourvoyée  dans mon choix pour me déplacer pendant  mes vacances, J’en conclus qu’après cette longue année laborieuse, j’ai en définitif plus besoin de relaxation que de voyages aux plus ou moins longs cours.

Je prends le parti de réintégrer  mes pénates pour mettre en pratique  d’interminables  siestes dans mon transat près du bassin  rayonnant de nénuphars épanouis (un « MONET- Nymphéas » réelle),

 

ja02

   L’esprit  bercé  par le murmure de la source et le croâ  affectueux  de ma grenouille paresseuse.

ja03

 

 

Mais Le Destin en avait décidé autrement.

 

Arrivée dans mon ‘Chez Moi ‘ (By RER poussif) j’ai trouvé une carte postale   de mon amie et colocataire J L L  qui me suppliait de venir à son secours.

En quelques mots écrits à la hâte elle m’annonçait qu’elle était en ‘panne sèche’ car dans une descente vertigineuse et caillouteuse elle avait perdu son sac  à dos, elle n’avait plus de monnaie-papiers – CB, et son Vtt   était en pièces détachées.

Elle avait trouvé refuge à l’enseigne de la carte postale, me disait-elle.

 Je fulminais, en moi même :-« panne sèche !, un comble pour un véhicule  sans carburant !

 J’étais furieuse, car  malgré mes (toujours bons) conseils, Il y a une semaine elle avait eu la savante idée de partir seule,  faire une  randonnée VTT  dans la Région Lorraine, réputée pour de fameux sentiers, le rêve des  deux roues sans moteur.

Et,  le hic, sa carte non oblitérée par le postier (c’est les vacances, les coups de tampons laborieux, souvent absents sur les  missives) ne mentionnait pas la ville  de l’envoi. ???

 

Il m’a fallut surfer sur internet- (entre deux achats aux Trois Suisses).

J’ai  enfin réussi à identifier  l’endroit, grâce a une amie sam’défiante as photographe.

C’était à Nancy que ma J L L avait trouvé refuge !

Un atelier de réparation pour vélo dans la Grand-rue…. J’ai supposé qu’ils faisaient chambre d’hôtes ?

Adieu mon hamac, je me dévouais - mon bon cœur me perdra-  et je cogitais comment la rejoindre.

Comme je ne voulais pas gâcher complètement mes vacances, je n’avais pas envie  de faire la route seule cette fois.

J’ai prié mon tendre tourtereau (qui ronronnait au soleil) de venir avec moi, et bien équipés, pour rester dans le style, c’est à  vélocipède, que nous sommes partis à sa rescousse

Cependant, 

 

Elle nous attendra bien un peu, le patron à l’air sympa, la ville belle à visiter,

Le temps que l’on arrive ….

 

 

 Capture

 Vu sur pinterest

 

 

N’empêche que mes vacances  cette année s’annoncent laborieuses et la semaine prochaine je ne demande ce que le sort va encore me réserver.

Ne me conseillez pas des barbituriques pour dormir de lundi à samedi, j’ai malgré tous ces déboires, encore plein de projets

A plus  les amis

Jak békas’in

 

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pédalons (titisoorts)

Je n'en peux plus, encore une fois de plus. Je m'arrête de pédaler, je suis essoufflé. Je me demande même ce que je fous là, je n'ai plus de force, de force en moi, de force pour continuer, avec l'envie de tout abandonner. Avachi là, sur le bord de la route, je regarde les autres pédaler, me dépasser. Je me rappelle des bons moments où je les doublais tous, où, même éreinté, je trouvais en moi une force, un second souffle.Je l'entends pourtant cette voix" allez remonte, allez montre leur, tu ne vas pas en rester là, et de toute façon, il faut bien que tu rentres". Bon, ok, je remonte non sans mal sur la bécane, la tête baissée. Je commence à appuyer sur les pédales et je me dis que plutôt que de rester sur le bord de la route à regarder les autres. Je continue en danseuse, je me mets à danser sur mon vélo. Une fois arrivé enfin en haut de cette côte, je profite, de la vue et de la descente qui me tend les bras. Wahou! Je me laisse aller, je laisse défiler les arbres. J'oublie les difficultés passées, je vole, je dévore les bons moments. Je sais bien que plus loin la route changera, et même si elle reste plane, ce sera déjà pas si mal. Profitons plutôt du moment présent, malgré les ennuis et quelques réparations que ce vélo m'amène aussi loin que possible et que la route soit jonchée d'amis et peut être que j'achèterai un tandem. Qui sait.

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EVA et le vélo solex (KatyL)

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Eva n’était restée que 5 jours chez Joachim le maréchal–ferrant bloquée par la neige, elle avait résisté à la tentation qu’elle avait eue envers lui, il s’en était d’abord attristé, et s’était rendu à ses raisons, ils en avaient parlé beaucoup, mais son activité à lui du début du printemps à la fin de l’automne ne lui permettait presque aucun loisir, ni une vie amoureuse digne de ce nom, les randonnées, plus les soins aux chevaux, les fers à poser il n’avait pas beaucoup de temps libre, elle au contraire en avait, elle aimait beaucoup le cinéma, les restaurants, le théâtre et les expos diverses, tout ce qui était culturel , elle pouvait tour à tour aller sur Epinal, Gérardmer etc… pour se donner à ses plaisirs, se lancer dans une aventure avec Joachim aurait été inutile, leurs modes de vie ne coïncidaient pas, de plus sa rupture si douloureuse avec Max lui avait laissé des séquelles encore mal guéries, et du coup elle se méfiait de la passion qui emporte tout et qui n’est pas rationnelle… Finalement la raison l’avait emporté , ils étaient restés amis , avaient fait leurs sculptures tout l’hiver, et se voyaient régulièrement mais chacun chez soi ! Ils s’invitaient et préparaient une expo pour l’été prochain.

Le printemps magnifique et chaud était là, tout revivait autour d’elle, les oiseaux piaillaient gaiement, le climat avait de l’avance.

Eva décida de sortir son vélo solex du garage afin de pouvoir se balader avec dans les environs, et de découvrir de jolis villages, mais elle devait aller le faire réparer et changer la bougie, elle décida donc de demander à Joachim de venir le chercher avec sa remorque et de le déposer en ville où elle avait vu une enseigne, elle passerait le reprendre en  fin de semaine en roulant jusque chez elle avec le vélo solex remis en état, il lui rendit ce service, et il repartit bien vite à ses occupations.

Le samedi en fin d’après-midi juste un peu avant la fermeture des magasins,  elle décida d’aller rechercher son vélo solex à l’enseigne où Joachim l’avait déposé. La porte devant était fermée un panneau indiquait d’aller dans l’arrière-cour de l’établissement, bien que les jours commençaient à rallonger la tombée de la nuit arrivait doucement, cette ruelle était particulièrement sombre, Eva n’était pas tentée, mais elle prit son courage à deux mains et se lança dans la ruelle coupe-gorge !

ka02 Pas âme qui vive ! Pas un chat ne trainait par ici  et la porte de l’arrière-boutique était totalement déglinguée, mais elle la poussa du pied !

-« y-a-t-il quelqu’un ? »

Elle entendit un pas trainant arriver à sa rencontre, et elle le vit !!!!  Un homme hirsute, sale, la mine renfrognée, le regard sournois, un type mal dégrossi !! Elle eut un sursaut malgré elle.

-« bonjour dit-elle je suis EVA  IVAN, Joachim le maréchal ferrant  a déposé mon vélo solex chez vous mardi matin et je devais venir le rechercher et il devrait être prêt? »

-« oui dit la brute en la regardant de pied en cap avec un sourire peu amène, suivez-moi jusqu’au fond de ce couloir ! »

Elle regarda autour d’elle ! Personne ! Tout semblait bien sombre quelle idée elle avait eue de ne pas venir en premier visiter cette boutique et visualiser le proprio, mais elle n’avait pas eu le choix et apparemment c’était le seul réparateur des environs, elle le suivit donc malgré elle, se dit que de toutes façons il ne pouvait rien lui arriver de grave…Cependant chemin faisant elle vit sur les murs de cet individu des photos de pin-up qui en disaient long sur le genre du type ! Certaines femmes punaisées venaient sans doute de revues plus que douteuses et des poses très « spéciales et dénudées », les autres étaient des pin-up des années 50 celles-ci étaient jolies même si un peu coquines !

ka03

Il se retourna vers elle avec un regard amusé, et s’approcha si près qu’elle sentit son haleine fétide ! Ce type avait bu !

-« vous êtes jolie ma petite dame, vous êtes nouvelle par ici sans doute, c’est vous qui allez chevaucher ce vélo solex dit-il en appuyant sur le mot chevaucher avec un sourire plein de sous-entendus, il fonctionne très bien, j’ai regonflé les pneus changé une l’ampoule avant et la bougie et j’ai remis du mélange deux–temps dedans ça vous va ? »

-« merci dit-elle -elle pressée d’en finir, puis je le prendre et vous régler de suite ? »

-« pas si vite jolie madame on a du temps pour parler un peu ma journée est finie »

-« non je n’ai pas le temps du tout moi, un ami m’attend et je lui ai dit que j’étais chez vous »

menti Eva qui n’en menait pas large avec ce type sournois et alcoolo, elle ne voulait pas traîner dans cette boutique. Elle paya la facture assez salée et elle sortit enfin de cette maudite boutique, en enfourchant son solex qui en effet démarra au quart de tour !

 

Comme d’un seul coup elle était heureuse de cette liberté,  enfin de l’air, du vent dans ses cheveux blonds, elle se sentit comme en état de grâce et eut le sentiment que le mensonge chez le réparateur lui avait évité quelque tracas, elle en parlerait à Joachim de ce type, en attendant elle roula une demi-heure épanouie et heureuse et arriva chez elle à 19h, l’église sonnait l’heure.

En arrivant à sa porte elle trouva un magnifique bouquet de roses-thé déposées au sol devant chez elle, ça alors !! Quelqu’un qui devait bien la connaitre car ces roses-thé étaient si délicates et si parfumées qu’elles étaient ses préférées.

 

La suite au prochain épisode……………………………………………..KatyLka04

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Au vieux clou (Vegas sur sarthe)

J'ai la selle qui chancelle, le guidon qu'a l'bourdon
j'ai la fourche qui se cherche, la poignée castagnée
j'ai l'moyeu limailleux, les rayons en haillons
j'ai les jantes convergentes, les pédales... un scandale
j'ai la chaîne incertaine, le hauban titubant
j'ai les freins sous-marins, l'dérailleur bousilleur
les plateaux sont marteau et la tige... un vestige
l'pédalier est plié et les pneus farineux
 
Ah! Bon Dieu! que c'est embêtant
un vieux vélocipède,
Ah Bon Dieu! que c'est embêtant

un clou incompétent

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Chez Mazuyer (Pascal)

 

« Dépêche-toi ! Mais dépêche-toi, on va se faire attraper !... »

« Chut… »

On ne savait plus trop s’il fallait rigoler ou bien craindre le pire avec notre entreprise de démolition… C’est sûr, si cette bêtise était arrivée jusqu’aux oreilles de nos parents, on était bon pour le pensionnat ou les galères…

« Passe-moi le marteau !... »

« Chut… »

« Attention, il arrive une bagnole… »

On avait planqué les vélos derrière la maison mais un rien nous faisait sursauter…  

« Prends la scie !... Allez, active… »

« Chut… »

On avait remarqué une maison à peu près isolée et on s’était mis dans l’idée de la délester de toute sa tuyauterie… Nous étions des jeunes plombiers démonteurs… Au prix du kilo de plomb chez « Bonvalet », on allait toucherla fortune ! Mais il y avait des risques…

Fallait voir comme on tirait sur les canalisations ! Des évacuations jusqu’aux adductions, on y mettait tout notre cœur ! Cette baraque abandonnée était une véritable aubaine pour réussir notre larcin. On avait cassé un carreau pour entrer et c’était un jeu d’enfant pour ouvrir la porte. Ca tombait bien parce qu’on était des enfants… C’était nous, les soldats de plomb…

La maison sentait le rance et l’ennui, l’isolement et la vie s’en était échappée avec le dernier propriétaire. Mais nous, loin de nous préoccuper de ces fariboles, on oeuvrait à notre récolte de subtilisation frauduleuse… Même les chenaux, les gouttières étaient en plomb ! Une aubaine !

« Aide-moi à tirer sur ce tuyau ! A lui seul, il vaut au moins trois paquets de clopes !... »

« Chut !... »

On avait repéré l’arrivée d’eau juste après le compteur et on démantibulait méthodiquement tout ce qui pouvait rapporter sur la balance du repreneur de métaux. De la cave au grenier, on avait tout fouillé. Toute l’installation d’eau était en plomb comme cela se pratiquait à l’époque.
Fallait nous voir en train de manœuvrer anarchiquement le tuyau pour le plier énergiquement, à gauche,à droite et, jusqu’à le couper dans sa cassure lourde et juteuse… On était riches ! On allait ruiner Bonvalet ! A nous les gros billets !...

Si j’avais été attrapé pour toutes les bêtises que j’ai faites quand j’étais gamin, je serais encore en prison à cette heure…

« Aide-moi !... »

« Chut… »

Toutes les conduites de la maison disparaissaient  à la vitesse de notre précipitation.
Je m’imagine bien mon père en train de recevoir la facture pour la remise en état de notre chapardage dévastateur. J’avais mal aux fesses des coups de pieds au cul que je pourrais recevoir…

« Là, regarde sous l’évier ! Une véritable mine de plomb !... »

« Chut… »

On est inconscient quand on est gamin et c’est ce qui fait toute la beauté de la jeunesse. Plus que l’argent, c’est cette influence de groupe qui nous menait. C’était cette menace planante et, en même temps, cette récompense connivente à la finition de notre folle aventure. On avait l’adrénaline bourgeonnante et on s’exerçait à la faire bouillir pendant nos enfantillages polissons…

On commence toujours polisson et on finit policé, j’ai remarqué…

« Attention, des passants !... »

« Chut… »

On se figeait dans des postures de casseurs de coffre-fort en suspension d’efforts pendant ces minutes interminables. On baignait dans une euphorie complice et déjà légendaire. Nous étions tous des monte-en-l’air, des Mandrin, des malandrins de volerie occupés à notre besogne inconsidérée

« Mais chut… »

J’avais emprunté la carriole du petit Casino du bout de notre petit chemin.
Sans entrer dans les détails, j’avais pu l’emberlificoter avec mes bobards à quatre sous et puis, mes parents allaient faire leurs courses chez lui. Il ne pouvait pas refuser cette location gratuite ! Avec ses prix prohibitifs, ilvolait outrageusement ses clients, je pouvais utiliser sa remorque sans gêne.

Je me souviens quand il l’accrochait au cadenas contre le poteau en bois du bout de la rue. Le vendredi après-midi, le jour du poisson, il laissait fondre des pains de glace à son pied et on essayait d’en faire des boules de neige… Chez nous, il y avait deux poteaux : ce fameux poteau en bois, du bout de la rue, avec la grande route passante et dangereuse de ses quelques voitures et puis, notre poteau béton blanc ; c’est celui qui nous autorisait la limite pour promener le chien et le faire pisser. Il avait la capacité extraordinaire de pouvoir dire à table qu’on était arrivé à pédaler sans mettre le pied à terre jusqu’à cette frontière si lointaine… (une vingtaine de mètres) quand on était gamins…

Les distances ne se mesurent pas en mètres, en fin de compte, mais à l’idée qu’on se fait de leur éloignement et des prouesses courageuses qu’il faut entreprendre pour y arriver… Ha, ce fameux poteau blanc…

« Chut… »

Nous avions découvert une mine de plomb dans le garage.
C’est comme si toute l’alimentation de la maison se retrouvait là.  Une veine…
On piochait comme des ouvriers clandestins en heures sup… Et la carriole se remplissait. Je l’avais amarrée (déformation marine…) derrière mon vélo avec des sandows ajustés à sa préhension roulante.

« Chut… »

Au premier étage, on avait décortiqué méthodiquement les canalisations de la baignoire. On était comme des abeilles butinant une fleur jusqu’à son dernier pollen. Nous avions  fait le plein en vidant la maison… C’était amusant de penser à la tête de celui qui allait remettre en eau… Versailles, un quatorze juillet !...

La carriole débordait si je puis dire…

Notre rocambolesque équipée terminée, nous avons enfourché nos vélos avec des ailes comme célérité de débinage ! Je n’arrivais pas à pédaler tellement c’était lourd ! Notre fortune était faite… Mes deux comparses m’ouvraient la route comme si je transportais la cagnotte de la Banque de France ! La charrette tapait brutalement à l’arrière du vélo quand je ralentissais et je sentais des contorsions de ferrailles inquiétantes dans ma fuite… C’est comme si on avait toutes les polices de France à nos trousses ! Je pédalais tel un forcené et la roue de la fortune tournait, tournait…

Sous bonne escorte, celle de mes potes, nous sommes arrivés chez Bonvalet. On allait toucher la récompense ! Le gros lot ! La cagnotte ! Le jackpot ! On n’était pas sûrs que le boss de la casse auraitassez de liquide pour nous payer !... Et moi, j’entendais des craquements pénibles derrière le vélo… Cette maudite carriole allait laisser tomber notre butin juste avant la pesée ? J’avais l’impression qu’elle allait se désintégrer sous la charge. Ses pneus étaient à plat et chaque coup de pédale était un difficile coup de rame de galérien… (déjà…)

Sans état d’âme, le récupérateur de métaux m’a indiqué la balance et j’ai laissé mon vélo et sa charge à la pesée. Des gros bras ont tout déchargé puis il a repesé ma carriole et ma bécane. La différence, c’était notre pactole ! On était riches !... Soixante francs ! Vingt francs chacun !  Autant dire, la fortune !

Je n’avais jamais eu de billets de dix francs à moi. J’avais un Voltaire et deux Pasteur ! C’était étrange de palper tout ce papier-monnaie… Et dire que j’avais un franc d’argent de poche par mois… Quand je passais la peau de chamois sur la voiture de mon père, c’était une petite pièce de vingt centimes ! Et pour une bonne note à l’école j’avais… je n’avais jamais de bonnes notes…

Bizarrement, mes acolytes et moi, nous nous sommes dissociés comme si nous ne nous étions jamais connus.

Chaque seconde, je touchais mes poches pour être sûr de leur présence rapprochée… Ma liste d’achat était incalculable ! Je pouvais dévaliser le magasin de bonbons et il me resterait encore assez d’argent pour plusieurs débauches sucrées ! C’était jour de paie ! J’étais riche ! Je pouvais faire des cadeaux et me faire aimer autrement que par le fait d’être simplement vivant. J’étais puissant !...

Entreprise Durand : Tous travaux de filouterie, maraudage et barbotage !...

J’avais gagné mon salaire de la peur et je rapportais la carriole au petit casino. J’étais léger avec les poches pleines ! Je fonçais avec mon vélo dans les rues de Romans à l’assaut du futur en pédalant comme un dératé…

J’ai rendu le chariot au patron du magasin et c’est là que je me suis aperçu des gros dégâts sur mon vélo. Le garde-boue était enfoncé et il frottait contre le pneu en lui dessinant une belle estafilade à haut pouvoir de crevaison, le porte-bagages avait une torsade biscornue des plus malencontreuses, le feu arrière et le catadioptre avaient disparu dans un des nombreux chocs de notre course.

Jamais mon père ne comprendrait ce sinistre évident ! S’il voyait ça, j’étais bon pour les travaux forcés… Le soir, en rentrant à la maison, il me demanderait des explications détaillées, si j’avais eu un accident, si j’avais prêté mon vélo, si j’avais fait des bêtises, etc, etc…

En début d’après-midi, j’ai porté mon vélo chez Mazuyer, le réparateur de cycles.

J’ai récupéré mon fier Peugeot à dix-sept heures. Il était nickel, comme neuf ! J’étais sauvé des tracasseries paternelles !

« Hé gamin ? La note, c’est ton père qui viendra la régler ?... »

Il s’entortillait la moustache d’un geste machinal dans une forme approximative de guidon de vélo et le cambouis autorisait une boucle gominée du plus bel effet…

« Non m’sieur, c’est moi !... »

« Mais y en a pour cher, gamin !... »

« Je paie ! Je paie !... »

Pris au dépourvu et en mimant une grimace blasée, du genre « je cherche pas à comprendre », il a commencé à faire ses énumérations d’additions chroniques sur son calepin estampillé « Mazuyer réparateur de pédaliers en tous genres…»
Il n’en finissait plus d’écrire, un vrai poète… Je voyais fondre ma fortune à vue d’œil…
Je la serrais dans ma poche mais elle glissait entre mes doigts… Il a tombé la casquette pour se gratter une mèche qui n’était plus rebelle depuis longtemps à cause du cambouis de tout à l’heure…

« Alors, nous avons le pneu, la chambre à air, le garde-boue, le porte-bagages, le feu arrière complet, le câble du frein et la dynamo qui était tordue… Alors, avec la main-d’œuvre, les réglages, les essais, ça nous fait… »
Il en avait de bonnes de dire « ça nous fait » comme si on allait partager…
« Ha oui, la TVA… »


Des yeux, je cherchais dans son atelier s’il n’avait pas des tuyaux en plomb…
Enfin, il a porté son crayon à son oreille, toutaussi auréolée de graisse que le reste et il m’a annoncé victorieusement :

« Vingt francs… Vingt francs tout ronds… et je ne compte pas les rayons tordus… »

C’est idiot, mais je m’en doutais… Vous aussi ?...  J’ai sorti mes billets tièdes comme un prince floué qui récupère son destrier après un ferrage et je les ai tendus vers sa main tellement sale… J’ai empoché la note en échange et j’ai enfourché mon vélo sans panache… 

« Allez ! Salut p’tit !... »

Bien mal acquis ne profite jamais, me direz-vous ? J’étais quitte avec la leçon de morale. Mon père n’a rien remarqué, ha si…

« Tu as enfin nettoyé ton vélo, c’est bien, il en avait vraiment besoin… »

Mais alors, pourquoi ma mère en vidant mes poches, avant de mettre mon short à la machine, est tombée sur la note ? Et pourquoi, elle a crié si fort :

« Hé Pascal, c’est quoi cette note exorbitante de chez Mazuyer dans ta poche ?!... »

J’avais du plomb dans l’aile, l’orage allait tomber…

Epitaphe non, épilogue : Je fus privé de vélo, de sortie, de télé et de copains pendant un mois plein, tout ça pour tenter de me mettre un peu de plomb dans la cervelle…

 

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Chez Jojo par bongopinot

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Je vois au loin une vielle et belle enseigne

Indiquant un endroit ou l'on répare les vélos

On peux y voir aussi, des bicyclettes anciennes

Le réparateur est un passionné qui se nomme JOJO

 

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Je découvre à ma grande surprise la draisienne

Un vélo tout en bois qui roulait grâce à l'action des pieds

avec une poutre reliant deux roues, une machine saine

Qui permettait d'avancer plus vite et de moins se fatiguer

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Et sur ma gauche j'aperçois un vélo un peu fou

Une énorme roue devant et une petite derrière

un siège sur le dessus de la grande roue

Au milleu de celle-ci des pédales légères

 

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Et je regarde les photos du premier tour de France,

Juillet 1903 les cyclistes sur leur petite reine

Ce tour est toujours populaire quelle chance

Car il fait découvrir de beaux paysages, des vues aériennes. 

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Voilà grâce à ce Monsieur féru de bicyclettes

j'ai passé un bon moment convivial

Et ce soir je profiterai de la guinguette

Pour finir ce doux week-end jovial

 

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