Je n'en peux plus, encore une fois de plus. Je m'arrête de pédaler, je suis essoufflé. Je me demande même ce que je fous là, je n'ai plus de force, de force en moi, de force pour continuer, avec l'envie de tout abandonner. Avachi là, sur le bord de la route, je regarde les autres pédaler, me dépasser. Je me rappelle des bons moments où je les doublais tous, où, même éreinté, je trouvais en moi une force, un second souffle.Je l'entends pourtant cette voix" allez remonte, allez montre leur, tu ne vas pas en rester là, et de toute façon, il faut bien que tu rentres". Bon, ok, je remonte non sans mal sur la bécane, la tête baissée. Je commence à appuyer sur les pédales et je me dis que plutôt que de rester sur le bord de la route à regarder les autres. Je continue en danseuse, je me mets à danser sur mon vélo. Une fois arrivé enfin en haut de cette côte, je profite, de la vue et de la descente qui me tend les bras. Wahou! Je me laisse aller, je laisse défiler les arbres. J'oublie les difficultés passées, je vole, je dévore les bons moments. Je sais bien que plus loin la route changera, et même si elle reste plane, ce sera déjà pas si mal. Profitons plutôt du moment présent, malgré les ennuis et quelques réparations que ce vélo m'amène aussi loin que possible et que la route soit jonchée d'amis et peut être que j'achèterai un tandem. Qui sait.