Maintes fois j’ai cherché à savoir l’avenir, jusqu’à ouvrir ma main et la scruter d’une loupe pour repérer par où était passé ton amour… Ma ligne de cœur est coupée en deux, serais-tu celui qui a fait main mise sur une des moitiés ? La deuxième est en cours, un autre t’a remplacé en passant par le mont de vénus il a tout emporté… M’a serré fort la main, j’ai arrêté de pleurer, mais dans un coin, tout en haut, près du Mont de Saturne, je sais que tu existes encore… La ligne de cœur continue de pousser les heures, les jours, les années pour rejoindre la ligne de vie qui sur ma main n’en finit plus. Et quand je plisse un peu cette paume qui me sourit, ça fait ressortir ce trait de caractère qu’on appelle ligne de tête. Du coup, je fronce les yeux, me persuade de ma force, je relève la tête, je ne veux plus jamais avoir peur de perdre l’essence même qui me tient, cet amour dont j’ai besoin. A force de regarder l’intérieur de ma main, je finis par y perdre mon latin… Alors, je saute les lignes, je cours sur les Monts, je rentre dans les interdits, je fonce dans les « allons-y », je veux me donner la chance de  tout vivre moi aussi… comme un triangle des Bermudes qui se cacherait là au creux de ces dessins qui dessinent ma vie… Et puis je ferme les yeux, je relâche la main, je baisse un peu la tête, je rêve que  toutes ces lignes passeront un jour par chez toi, je maintiens l’idée que nos mains se croiseront de nouveau, que nos lignes s’emmêleront de plus belle, que l’amour renaitra en un tournemain… Aurons-nous la chance de nous revoir demain ?

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