03 mai 2014

Participation de Mamido

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Petite fille, ce qu’elle adore, c’était la musique classique.
Elle s’enthousiasme pour les chants grégoriens.
Le Requiem de Mozart lui tire des larmes et les variations de Bach la mettent en transe.

A quinze ans, jeune fille romantique, enfermée dans sa chambre, elle est allongée sur son lit, revêtue d’une fine chemise de dentelle. Alanguie, elle rêve, les yeux au plafond, une joue sur sa main. Pendant tout ce temps-là, sur son tourne-disque Teppaz, Edith Piaf  essaie vainement de consoler « Milord », Georgette Plana roucoule « Riquita » et Berthe Silva sanglote « les roses blanches ».

Ce n’est qu’aux quinze ans de son fils qu’elle rencontre enfin les musiciens de sa propre adolescence. C’est au cours d’un long parcours en voiture en direction de l’Italie qu’elle découvre en sa compagnie Les Beatles et les Rolling Stones, Pink Floyd et Credence Clearwater Revival. Durant ces vacances, à trente-huit ans passés, elle danse enfin sur « Belles, belles, belles » de Claude François et pleure en écoutant « Mon amie la rose » de Françoise Hardy dont elle n’avait jamais entendu parler vingt-cinq ans plus tôt. Ils étaient pourtant, à la fin des années soixante, au plus fort de leur popularité, parait-il.

Maintenant, à près de soixante ans, ce qui la passionne, c’est la musique techno, le hip-hop, la soul music. Elle passe des heures sur sa radio préférée, NRJ, qu’elle met à fond dans sa voiture.
Elle s’amuse beaucoup des airs ahuris que prennent les ados boutonneux affalés à l’arrêt de bus quand ils la voient passer, les yeux dissimulés sous ses Ray-ban mais arborant fièrement son épaisse chevelure blanche et une marinière Armor Lux, tout en conduisant sa C3, trépidant sous les vibrations des basses.
Répondant à leurs quolibets plutôt admiratifs : « - Ouais, t’as vu la mamie, comme elle déchire ! Ça c’est d’la zik, d’la vraie ! Vas-y mamie, ouaichhhh ! », elle leur envoie son plus charmant sourire en pensant : « Ben oui, les petits gars, faut vivre avec son temps et mieux vaut tard que jamais !  »

Pourtant le soir, quand elle rentre chez elle, seule dans sa chambre, allongée sur son lit, en chemise de nuit de pilou et robe de chambre en polaire, sirotant une tasse de thé dans laquelle flotte une rondelle de citron, elle rêve, les yeux au plafond.
Sur sa chaîne hi-fi dernier cri tourne un CD.
Certains soirs, elle s’enthousiasme à l’écoute d’un chant grégorien.
A d’autres moments, c’est le Requiem de Mozart qui lui tire des larmes.
Mais ce qui la rend la plus heureuse, ce sont encore et toujours les variations de Jean Sébastien Bach. Elles parviennent comme autrefois à la mettre en transe.

En les écoutant, bien au chaud sous sa couette, elle se dit que, même s’il est nécessaire de rester en phase avec son époque, on doit malgré tout rester fidèle à l’enfant que l’on a été et savoir lui rendre hommage de temps en temps.

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Participation de Venise

 

Quelle extravagance saison que  la symphonie humaine

Allez MAESTRO en  place pour le concert du siècle.

 

Les braves, les travailleurs, les puérils, les superbes

 

Tous à vos pupitres.

Un champ  de foire ,un bordel , une clameur toute fraternelle montaient de la vallée.

Jusqu’au au chant du coq qui se mêlait  volontiers  à la vague musicale.

Puis  on tendait  l’oreille pour surprendre la mélodie de l’amour naissant qui ruse et s’emploie à se faire entendre dans un chaos assourdissant.

Pourtant la baguette tendue je sais que quelque chose ne tourne pas rond ,il y a de l’orage dans l’air ça je le sens !!

Tir de missile sifflement de roquette, c’est la Syrie qui s’enflamme ,et qui tamise de sang

La partition sur nos pupitres.

Les yeux mouillés de fièvres  les trompettes hurlent dans la nuit. c’est un cri déchirant qui frappe les flutes  endormies.

Aussi rapide que la course d’un daim les guitares s’emploient  à rafraichir les têtes des blessés

C’est un orchestre d’orphelins aux yeux de bleus des prophètes aux instruments  en fil de fer

Qui s’amusent à ré enchanter le monde. .

L’allégresse paradoxale de leur jeu musical inonde le monde, mais des atomes de désespoirs

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Comme ‘je crois que c’est fichu ‘ traversent  l’orchestre pour venir mourir dans un jardin turquoise.

 

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Chef, oui Chef ! (Walrus)

Jeudi, déjà !

Pas trouvé l' temps d'écrire une lettre !

C'est qu' ma moitié me fait marcher à la baguette...

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Mais quand son signe dit "Fais le beau !"

Ben là, je reste confondu...

À l'impossible, nul n'est tenu !

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La chorale (Pascal)

…Quand j’étais tout gamin, maman m’envoyait à la chorale de notre petite paroisse.

J’aimais bien me retrouver au milieu des jeunes interprètes novices. Turbulents, on chahutait gentiment en attendant les premières mesures et nos échos enfants s’envolaient aussi haut que les arcades entrecroisées dans les plafonds voûtés.

Les Saints des statues, attentifs, nous faisaient les gros yeux jusque dans les vitraux incandescents. Alors les silences revenaient avec des intentions de langueur d’éternité mais, frétillants de vie, on ne pouvait pas s’empêcher de rire en sourdine pour tromper cette sorte de solennité inépuisable.

J’aimais bien cette forme enveloppante de protection divine, invisible mais tangible, sourde mais retentissante, fragile et éternelle à la fois. Le curé tentait de restaurer l’ordre à notre gentille cacophonie innocente en tapotant son pupitre avec des airs contrits de chef d’orchestre dépassé. Ou bien, sa  baguette sifflait dans l’air des tempos énervés jusqu’à ce que le calme revienne entre les bancs. Mais enfin, avec quelques commandements péremptoires, il ramenait la discipline dans son troupeau comme un pâtre, avec son bâton, ses brebis égarées.

Même les Saints des statues remettaient leurs auréoles en place et dépoussiéraient leurs robes de bure pour écouter nos cantates ! Du moins, c’est ce que je croyais en regardant les ardeurs fléchissantes ou révoltées des flammes sur les quelques cierges allumés pour remodeler leurs ombres suspendues, furtives et incertaines, celles enchâssées dans leur niche.
J’avais l’impression que Dieu nous écoutait pendant ces cérémonies chantées. Il devait bien se trouver sur un des bancs pour superviser en souriant notre petit ensemble vocal. Même notre Jésus planté sur sa croix ouvrait un œil intéressé quand nous entonnions des cantiques à sa gloire ! Je n’osais jamais me retourner de peur qu’il me regarde en particulier.

Oui, j’aimais bien notre attroupement harmonieux dans le chœur. Il y avait quelque chose de bouleversant, une forme de symbiose éclatante, une complicité musicale comme si toutes nos voix, accordées au même diapason, envoyaient jusqu’au Ciel nos partitions célébrantes. A la baguette, le curé envoûté nous encensait avec des sourires ravis de communion solennelle heureuse.

Parfois quand le grand silence revenait après un couplet terminé, j’avais des frissons incroyables sans avoir froid. Nous étions encore connectés avec l’Unisson pendant de longs instants ! C’est comme si l’écho de nos voix n’avait pas encore envie de se taire.
On se regardait avec une grande fierté modeste, celle d’avoir participé à cette migration radieuse en se félicitant intérieurement de notre collaboration intime.

C’est sûr, notre Jésus de l’église, en d’autres temps, aurait applaudi notre symphonie !... Les statues des Saints se redressaient, en bousculant leurs ombres, en se félicitant d’être encore présentes à notre rendez-vous musical ! Dieu battait dans mon cœur survolté des chamades réjouissantes aux résonances troublées !

J’avais l’impression d’être tout petit et immense à la fois. J’étais béat, présent et absent, dans un Tout, malaxé par des ondes bienfaisantes, ballotté par des sensations euphoriques indéfinissables, emporté par un enchantement divin. C’était dans les alentours du Paradis ?... J’en étais sûr…

J’aimais bien cette situation étrange et féerique, bien au-delà de mes prières les plus assidues, celles que je récitais à l’abri du crucifix de ma chambre. Je flottais dans la nef et je visitais, en les tutoyant, les Saints des vitraux ; j’avais le pouvoir de ressentir le parfum authentique des fleurs posées sur l’autel rien qu’en les regardant ! Je rayonnais, ceint d’une aura brillante, au milieu de tous les Saints ! Le curé toussait, faussement malade, pour qu’on remette les pieds sur terre mais je voyais bien qu’il avait aussi touché les Cieux ! Sa baguette inutile balayait l’air pour donner encore de l’importance à la portée chantée. Sur sa gamme extasiée, la clé était bien celle de la Porte du Paradis…

J’avais un bon copain dans cette chorale. J’aimais bien quand il exécutait son solo.
Sa voix partait, bien ailleurs, bien plus loin que les arcades séculaires de la nef miroir. On l’écoutait ébahis par tant de tonalités, si haut perchées. C’est sûr ! Lui, il ouvrait les portes du Paradis avec autant de limpidité, autant de sincérité lyrique et autant d’allégresse enthousiaste !

Les Saints des statues se penchaient en avant pour savourer ces déferlantes de sonorités si pures ! Jésus se reposait enfin sur sa croix en acceptant sa vilaine posture et Dieu, notre Dieu du Ciel, regardait ses petites créatures en appréciant les trémolos assidus de cette sublime tessiture ! Et notre curé ! Ha, notre curé… Souvent, il lâchait sa baguette magique, transporté par tant d’exaltation, et la chute du petit instrument sur le carrelage froid n’était qu’un simple soupir le long des arpèges délivrés.

Ce petit gars, c’était un véritable ange quand il nous embarquait sur les flots de sa voix si limpide. Chaviré, j’avais toujours les yeux embrumés quand il chantait. Son timbre exceptionnel était la réponse à mes prières d’enfant, le souffle Divin de la réalité probante tellement présente avec ses multiples inspirations surdouées, la fin heureuse de mes questionnements d’angoisse, ma seule croyance éternelle...  

… Je cherchais le meilleur souvenir dans mon âme en sursis et c’est à lui que je pense en courant à l’assaut mortel de la prochaine tranchée. Pendant ces dernières secondes emballées, j’entends sa voix intemporelle ; elle accompagne mes pas si fragiles au milieu de l’hécatombe ambiante.
Même si je trébuche à la balle assassine, maintenant  aux abords immédiats de ma tête enfiévrée, même si je pars en morceaux dans les éclats d’un obus pervers, même si je suis empalé par une baïonnette massacrante ou un sabre au clair, je vois distinctement la porte du Paradis droit devant comme ma seule issue charitable. En mourant avec cette dernière belle pensée, mon passeport pour l’Eternité sera validé…

 

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Magicien (Vegas sur sarthe)

C'est en pleine cacophonie
Paganini
Qu'il a surgi d'un paravent

Van Beethoven
un peu rital, macaroni
Albinoni
Une queue de pie, un vieux frac
Sebastien Bach
Qu'il louait tous les mercredi
Chez Vivaldi
Et une baguette de... pain
Frédo Chopin
 
L'orchestre rigolait en douce
Amadeus
Il leur sembla très ordinaire
Richard Wagner
pas comme ces gars qui innovent
Rachmaninov
mais c'était un grand mélomane
Robert Schumann
qui en avait dans la cervelle
Maurice Ravel
Il subjugua le soprano
Charles Gounod
tout l'orchestre encore en frissonne
du Mendelssohn
d'une chienlit fit la symbiose
Hector Berlioz
 

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Participation de bongopinot

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Chanson de la malcontente ! (EVP)

Musique Maestro !
Tu vas nous la rejouer souvent,
Ta symphonie du joli printemps
Cette guimauve de trop bons sentiments,
De princesses et de princes charmants
De violons tout sanglotant !
            Moi, je préfère le tango.
Musique Maestro !
Encore et toujours le même solo,
Sur les trilles de ton gentil pipeau,
La ritournelle du bon z’héros,
Venu sauver les sombres idiots,
Clarinette et trémolos !
            Moi, je préfère le tango.
Musique Maestro !
Ça rutile toute ta clique,
De jolis mots bien sympathiques,
De politesses mécaniques,
Celles qui tant encaustiquent,
Unisson et harmonique !
            Moi, je préfère le tango.
Musique Maestro !
Fais chialer ton bandonéon,
Fais gueuler les accordéons,
La milonga où les jupes tel des torchons,
Viennent essuyer les déceptions,
En exaltant la déraison !
            Moi, je préfère le tango.
Musique Maestro !
Les corps collés et puis la sueur,
Amour à mort et puis ta peur,
Qui titube les pas et chahute ton cœur,
Tu t’en fous tu danses tes propres couleurs,
Ça te chavire, tout ce bonheur !
            Moi, je préfère le tango la java
            Et voilà !!

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Le vieil homme et la guitare (EnlumériA))

L’homme se tenait debout devant l’instrument. Les mains jointes devant lui, comme pour une prière silencieuse, il regardait la guitare de ses rêves et il ne savait pas quelle contenance prendre.

Quelqu’un l’avait posée là, contre la tenture persane, juste à côté du pupitre. Une Benoit de Bretagne*. Modèle à pan coupé, cordage nylon, palissandre du Brésil.

Derrière lui, une voix féminine, altière et somptueuse, prononça une injonction douce.

L’homme avança d’un pas. Il tendit le bras, hésitant comme un enfant affamé devant une pâtisserie orientale.

L’injonction, plus accentuée, se fit pressante.

Alors, il se jeta à l’eau. Il s’empara de la guitare comme un guerrier dont l’unique chance de survie aurait été d’étreindre une intime Excalibur.

Il prit place sur un pouf marocain, posa l’instrument sur sa cuisse et effleura les cordes d’une main fiévreuse. Son esprit soudain vidé de toute substance frémit. Son cœur s’emballait. Elle était là enfin, cette guitare qu’il désirait plus que la plus belle des hétaïres. Elle s’offrait à lui comme une épouse amoureuse et lui, ballot et contrit, ne savait que faire. Son âme s’impatienta.

Il plaqua un Sol mineur, enchaina avec un Ré majeur, un souffle d’hésitation, Si mineur et résolution en Fa dièse majeur par Fa 7e diminué. La trame était posée. Étrange et envoûtante.

Cela faisait combien de temps qu’il n’avait pas joué ? Cela remontait à… il ne savait plus. Pourtant, les doigts redécouvraient les chemins et les détours chromatiques des gammes altérées ou pentatoniques. Tandis que les médiums, édiles et archiprêtres de ce mystérieux royaume qui naissait sous ses doigts, administraient les mélopées et les élégies, les basses violoncellaient en cadence et les chanterelles zinzinulaient de surprenantes appogiatures. Pincées, flattées, frappées ou brossées, les cordes dansaient sous les doigts du Maestro.

Brusquement, au cœur de cet univers enchanté d’arpèges et de contrepoints, une sonnerie retentit.

L’homme sursauta. Où était passé la tenture persane ? Pourquoi faisait-il si sombre soudain ?

Sur la table de chevet, le réveil s’étouffait comme à regret en murmurant qu’il était l’heure de prendre les médicaments.

Assis dans son lit, le vieil homme contemplait ses mains nouées par l’arthrite en pleurant doucement.

 

* Benoit de Bretagne est artisan-luthier à Bernieulles, dans le Pas-de-Calais.

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MUSIQUE MAESTRO (Lorraine)

        Dans la salle de concert, j’écoute de tout mon cœur et je regarde de tous mes yeux. Je vais vivre un moment venu d’ailleurs  et je m’apprête à recevoir les effluves d’autrefois. 

        Dès l’ouverture, je suis portée par la baguette du chef, dont les expressions autant que les jeux de manches guident les instrumentistes : violons, violoncelles,  la harpe, la flûte rieuse, le trombone font dans leur harmonie,  une inoubliable farandole. Leur déploiement me bascule dans une autre époque dont j’entends les galops et imagine les danses.

        Mon enthousiasme peut paraître puéril. Mais le souffle des trompettes, le romantisme des violons, les sons effilés de la harpiste, l’intervention de la cymbale ou du triangle, la nostalgie de la cythare m’imprègnent de cette musique légère comme le bonheur.

        Et je m’envole, face à cette harmonie que partage un public subjugué, plongé dans l’intense silence de l’écoute…

 

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Participation de Nhand

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