Dans la salle de concert, j’écoute de tout mon cœur et je regarde de tous mes yeux. Je vais vivre un moment venu d’ailleurs  et je m’apprête à recevoir les effluves d’autrefois. 

        Dès l’ouverture, je suis portée par la baguette du chef, dont les expressions autant que les jeux de manches guident les instrumentistes : violons, violoncelles,  la harpe, la flûte rieuse, le trombone font dans leur harmonie,  une inoubliable farandole. Leur déploiement me bascule dans une autre époque dont j’entends les galops et imagine les danses.

        Mon enthousiasme peut paraître puéril. Mais le souffle des trompettes, le romantisme des violons, les sons effilés de la harpiste, l’intervention de la cymbale ou du triangle, la nostalgie de la cythare m’imprègnent de cette musique légère comme le bonheur.

        Et je m’envole, face à cette harmonie que partage un public subjugué, plongé dans l’intense silence de l’écoute…