Il s’appelait Théodule, ce crabe tellement minuscule
Qui squattait une moule des bouchots de Charente.
C’était un pinnothère d’une taille vraiment ridicule
Qui se posait des questions pas du tout évidentes.

La vie, la mort, l’au-delà des bulles, pourquoi si petit ?
Pourquoi sa moule hôtesse, pourtant bien plus grande,
S’était accrochée volontairement, un samedi juste par défi,
Sur ce cétacé géant, cette baleine pas très franche ?

On lui avait raconté, mais fallait-il le croire,
Que sa taille était prodigieuse, pour tout dire inouïe.
Comme il ne pouvait l’imaginer, encore moins le savoir,
Il l’appelait mon Dieu pour simplifier sa théorie.

Il entendait souvent le chant mélodieux des anges,
Et cette fois où le bivalve entrouvert, il vit,
Que l’on n’était plus dans l’eau, c’était étrange.
On lui a dit le ciel, c’était peut-être là le paradis ?

Un jour, un tremblement formidable, l’Armageddon.
La moule qui se détache, se casse et puis se meurt.
Théodule, le minuscule se retrouve vivant au fond.
Lui, si petite particule, en est quitte pour une frayeur.

Châtiment pour tes péchés ? Colère du très-haut ?
Les promesses d’après trépas, tu parles mon n’veu,
Si tu te retrouves à poil, SDF dans l’abîme des eaux,
C’est juste ton Dieu, galopin, qui a secoué sa queue.