Le TEMPS m’avait dit

« je ne te donnerai pas une minute de plus »

Avec ton encre fraiche tu auras beau chanter mon haleine d’acacia

Pas une heure, pas un jour même pas une seconde tu ne négocieras avec moi.

Ma petite âme odorante légère montait déjà dans ce ciel grand ouvert. 

Quand un nuage dans sa course folle fut pris de pitié pour moi

Tu es trop crédule lui rétorqua le TEMPS

C’est son heure, elle est déjà inscrite au bas du tableau

Mes paupières de poupées éclairaient le petit matin

J’étais si minuscule dans ce grand univers, un nid d’hirondelle dans une galaxie chauffée à blanc

Je ne disposais alors que d’une seconde pour voler à la vie ces bracelets d’étoiles, ces fou-rire d’enfants, une seconde pour entendre derrière ce mur d’hôpital la voix du nourrisson qui venait à la vie.

Et dans un dernier égarement j’ai crayonné ma nouvelle adresse : sous l’amandier en fleur