Les vents, menaçants de colère,
Déforment la ligne des eaux ;
La houle s’enfle et s’accélère,
Les vagues deviennent ciseaux.
Au port, les bateaux s’entrechoquent,
Dansent la valse des courants
Et même, parfois, se disloquent,
Finissent en débris errants.
L’océan vient à la conquête
Des lieux qui furent nos abris,
Le littoral se déchiquète
Sous des embruns toujours plus gris.
Qu’adviendra-t-il de notre plage ?
Petra s’en moque éperdument,
Comme à force de dessablage
La dune tombe doucement.
Le beau tableau se défigure
Tout autour du môle blessé
Et l’oiseau de mauvais augure
Annonce un été cabossé.
Quelle triste métamorphose,
Tant de stigmates sont parlants !
Résigné, le géographe ose
Penser à corriger ses plans.