05 avril 2014

Défi #293

Métamorphose

autrement dit :

Métamorphose !

 

Photo de Thomas Barbèy

Photo de Thomas Barberèy

Une seule adresse pour envoyer

votre participation :

samedidefi@gmail.com

A tout bientôt !

 

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Participation d' Adrienne perdue dans les méandres du Web (la participation, pas Adrienne)

1897105380[1]

 

Autrefois,
on mettait le képi dans la cage
et on sortait avec l’oiseau sur la tête.

Aujourd’hui
on tient les oiseaux enfermés
sous le chapeau.

 

Liberté
je crie ton nom.

***

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Avec un chapeau (Minuitdixhuit)

Je ne  m’en souviens pas bien, mais je suis né comme ça, parait-il,  avec un chapeau.

L’obstétricien avait prévenu ma mère.

-Y’a un chapeau.

Sans doute était-il plus habitué aux casquettes ou aux bonnets, mais là, c’était un chapeau, incontestablement.

-Je peux l’ôter, si vous voulez, c’est assez simple si on le fait tout de suite, avait-il dit, regardez…

Il avait creusé un orifice à la base du chapeau,

-Le crane est bien formé.

Mais ma mère avait dit,

-Non, je l’ai fait comme ça, avec un chapeau.

Et puis le temps a passé, c’est juste pour mon dixième anniversaire que j’ai enfin pu sortir de la ville pour aller passer quelques vacances, de Pâques, à la campagne, chez une sœur de ma mère.

-On va chercher les œufs avait braillé ma tante.

Mais on ne les avait pas trouvés.

Moi je m’en fichais, je savais bien où ils étaient, les œufs.

On est rentré en ville, et j’ai bien fait attention à pas dire non avec la tête, ni oui non plus.

Fallait que je fasse attention à ma nichée.

 

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Libres et poètes (Célestine)

Cet homme en pardessus, qui marche, cet homme qui vole parfois

Tel Diego libre dans sa tête, ce pourrait être toi ou moi.

Il est tout de gris revêtu, mais dans sa tête mille éclairs,

 Des millions d’oiseaux et de fleurs forment un arc en ciel d’étoiles.

 

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Bien sûr il court après son rêve, un rêve flou, un rêve grand

Mais il est libre et il dérobe son absurdité au destin

Comme un gamin grandi trop vite

 

 

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Il traverse des univers d’une bizarre poésie

Et nous bouscule le regard par son propos étourdissant

cé03

 

 

Il nous apporte du bonheur, ce drôle de bonhomme étrange

Sous son chapeau que trame-t-il ? Met-il le monde dans sa manche 

Comme un prestidigitateur qui  nous embrume de colombes ?

 

 

cé04

 

Ne sont-ils un peu magiciens ? Ne sont-ils donc un peu cousins,

Ces trois-là que rien ne sépare ? Je vous confonds depuis toujours

Vous êtes mes oncles de cœur et votre grain de poésie

L’air de ne pas y toucher va réveiller mon cœur d’enfant

Tout en réinventant le monde à sa façon.

 

 

  1.        Gilbert Garcin, photographe génial
  2.        Jean-Michel Folon peintre poète et sculpteur
  3.        Jacques Tati, éternel vacancier qui fait du pédalo sur la
  4.        vague de nos rêves…

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Chez l'ornithologue (Joe Krapov)

- Je ne sais pas ce que j’ai, docteur, mais j’ai l’impression d’avoir des oiseaux dans la tête.
- Des oiseaux dans la tête ? Et ils font quoi ? Ils volent ?
- Non, ils chantent !
- C’est quel genre d’oiseaux ? Un rouge-gorge ? Un merle moqueur ? Quelque chose comme un moineau ? Un aigle noir ? Un épervier ? Un rossignol anglais ? Un rossignol de mésamour ? Un oiseau sur un fil ? Un oiseau rouge du buisson ? Un goéland ? Un albatros ? Un perroquet ? Un pigeon ? Un petit oiseau de toutes les couleurs ? Une pie dans un poirier ? Une alouette sur un miroir ? Un condor qui vous demande « Qué pasa ? » ?
- Non, c’est plutôt un oiseau de nuit. Un de ceux qui ont des grands yeux et qui… hululent !
- Les hiboux ?
- Oui, c’est ça, les hiboux !
- Et qu’est-ce qu’ils vous chantent, les hiboux ?
- Un truc bizarre !


- Oui je vois. Ca n’est pas du tout ça, Monsieur !
- ???
- Vous n’entendez pas des chants d’oiseaux, vous avez un air de piaf !
- Soyez poli, Docteur !
- Ce que je voulais dire c’est que vous avez un air de Piaf dans la tête !
- Et… Et dites... Qu’est-ce que je dois faire pour m’en débarrasser ?
- Mettez des boules Quiès pour dormir la nuit et dès que vous en avez l’occasion, ouvrez la cage aux oiseaux ! Regardez-les s’envoler, c’est beau !
- Merci Docteur. Je vous dois combien ?
- Ca fera 72 euros.
- 72 euros ? Mais vous êtes un vrai rapace, vous alors !
- Tss ! Tss ! Tss ! S’il vous plaît ! Pas de nom d’oiseaux dans mon cabinet ! J’en ai déjà plein la tête !

DDS 292 Folon

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Cigogne (par joye)

Voici des souvenirs qui n’ont pas envie de se laisser raconter. Dès que je mets un mot, il s’enfuit. Dès que je réussis à en aligner deux ou trois, ils se bagarrent et je dois les séparer et puis les remettre dans leurs cages pour les punir.

Je voulais me servir des mots pour raconter ma maman, une femme qui vivait entre la lumière et l’ombre. Elle avait un sourire grand comme un oiseau s’envolant vers l’horizon. Son sourire exhilarant nous permettait d’oublier parfois la cruelle réalité de notre situation – le papa disparu, le toit qui fuyait,  les nuits froides où nous nous couchions dans le noir sans avoir eu plus qu’une croûte à grignoter lors du repas du soir.

C’est dur, ça, et les mots refusent de faire ce que je veux. Ils disent que c’est trop douloureux, et je suis bien d’accord. Nerveux, ils ne veulent pas rester. Ils ont envie d’aller se cacher aux arbres. Et moi aussi.

Ma mère et moi vivions de fil en aiguille, disait-elle, et surtout de ses ciseaux d’argent en forme de cigogne qui avaient appartenu à son arrière-grand-mère. Maman reprisait les vêtements du voisinage, mais quand un voisin pouvait se permettre un bout de tissu, elle confectionnait des robes de mariage et de baptême, resplendissantes de broderie Richelieu. Quand il y avait un peu d’argent, maman m’achetait des livres, du papier, des stylos, de l’encre. Elle n’achetait jamais rien pour elle-même. Elle disait qu’elle n’avait besoin de rien sauf le sourire de son fils.

C’est ça, maintenant, les mots s’envolent comme des pigeons dans un square, je ne les vois même plus, les larmes se jettent de mes joues, se mettent à danser dans les flaques d’encre sur la page.

Un soir, en rentrant de mon petit boulot d’apprenti, je vis dans la vitrine du chapelier un magnifique chapeau, le genre de chapeau que portaient les hommes importants, comme mon patron. Le chapeau me parlait, il fallait que je le possède, je savais exactement ce que je pouvais ramener au mont-de-piété pour avoir la somme nécessaire.

De nouveau, les mots se sauvent, effarouchés, ils ne veulent pas vous raconter ce qui arriva après, ils ne veulent pas admettre qu’en rentrant avec mon beau chapeau, je découvris le cadavre allongé dans l’ombre devant les derniers tisons de la cheminée, ils n’ont pas envie que je vous raconte les obsèques de la dame souriante, enterrée par son fils volage.

Eh bien, voilà, les souvenirs que mes mots sauvages ne souhaitaient pas raconter. Depuis ce jour-là, je porte encore mon beau chapeau bleu, ce chapeau dans lequel quelqu’un, pendant que je rêvais, avait découpé quelques oiseaux qui s’envolent encore vers l’horizon.

folon

 

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Des idées au pinceau (Djoe L'Indien)

J'ai dans la tête, en liberté, un tas d'idées :
Idée en l'air de voyager tel un oiseau,
Idée en mer de patauger comme un roseau,
Elles sont là, soir et matin, dévergondées.

J'ai dans la tête, et sans nuage, un ciel tout bleu,
Un ciel si bleu que le soleil me le jalouse
Tant que le soir de rouge sang pare sa blouse ;
Pourtant pour moi joie est ce feu devant mes yeux...

Il y a là tant de couleurs qu'un jour un peintre
A décidé de les fixer sur un tableau,
Du bleu de l'encre entre les mots au bleu de l'eau
Qui se reflète au fond des cieux comme une une étreinte.

Quand je m'endors la tête vide au noir du soir
Parfois la nuit au fond d'un rêve il en naît une
Qu'aurait bien pu souffler sans bruit le dieu Neptune :
Mes rêves sont des esprits fous le déversoir !

Elles sont toutes j'en ai peur si farfelues,
Pour les cacher le rigolo a rajouté
Un grand chapeau au fond duquel sans hésiter
Y ont dansé les folles et les saugrenues.

Dedans ma tête, et ce gibus, soudainement,
Par le pinceau les voici là toutes figées
Mais je ne sais si un beau jour de s'envoler
Elles ne vont pas essayer, espièglement...

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Chapeau de Folon (Enlumeria)

Ce jour-là, malgré cette démarche de sénateur qui faisait dire de lui qu’il chaussait des souliers en peau de limace, Népomucène se sentait des fourmis dans les chaussettes.

Dès potron-minet, il s’était administré une toilette requinquante propre à lui éviter des putois sous les manches. Puis, négligeant son petit-déjeuner nonobstant le loup affamé qu’il abritait sous le gilet, il descendit quatre à quatre le perron comme s’il avait une guêpe dans le pantalon, traversa la rue avec l’impression d’avoir un papillon sur l’épaulette et un chat derrière la cravate.

Ce jour-là était un grand jour. Celui où il ferait sa demande en mariage et il se sentait comme un homme chapeauté d’un haut-de-forme peuplé d’oiseaux.

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Des oiseaux dans la tête (Stella NO.)

On disait souvent d’elle qu’elle était étourdie et tête en l’air.

Elle se répliquait que sa tête était en fait pleine d’oiseaux colorés qui piaillaient des sons doux et féériques.

Ses oiseaux l’emmenaient dans des contrées magiques où elle pouvait côtoyer le mystère et le merveilleux. Elle y vivait des histoires fantastiques et se nourrissait de ses rencontres avec des êtres sacrés.

Ils lui apportaient bien-être et sérénité. Et quand les autres lui disaient qu’elle était ailleurs, elle ne pouvait s’empêcher de répondre « je suis ».

Ils ne la comprenaient pas mais force leur était de constater qu’elle semblait vraiment heureuse. Ce qui leur semblait n’être qu’illusion lui importait tellement qu’elle envisageait de partager son intimité secrète afin de leur apporter autant de bien-être qu’elle en éprouvait.

Alors dès quatorze ans, elle se mit à écrire. Jour et nuit, dans une frénésie de mots maladroits, elle coucha sur le papier ses mondes intérieurs et ses voyages avec les oiseaux. Il y eut ainsi Paula, la journaliste1. Premier essai non concluant, lui laissant un gout amer et le désir de murir. Les cambrioleuses de haut-vol, Alie et Angie2, ne la satisfirent pas plus. Il y eut ensuite la talentueuse Hannah3 qui la bouleversa. Quinze ans plus tard, elle écrivit Ilyana et son pacte avec Hadès4. Puis vinrent les deux sœurs Ella et Adèle5, la sorcière Eléa6, l’impulsive Jane7, ou encore Esaelle8, la métamorphe.

Toutes ces femmes sont des parties d’elle-même. Toutes ces femmes sont elle. Paula, l’intrépide. Alie et Angie, les machiavéliques. Hannah, la gentille dont tout le monde abuse. Ilyana et Eléa, dont la magie survient dans leur vie si paisible. Ella et Adele, les jumelles qui vont vivre la même situation si différemment. Jane, la sage cédant à une impulsion qui va bouleverser sa vie. Esaelle, celle qui rêve de sortir du rôle que sa tribu lui a imposé par sa lignée.

Toutes ces femmes se sont elle. Ce sont celles qu’elle rêverait d’être, ce sont celles que les oiseaux colorés lui montrent jour après jour, nuit après nuit. Autant de vies qu’elle aurait voulu vivre. Autant d’histoires qui la font tenir le coup. Parce que dans la vraie vie, il y a ceux qui lui font du mal, les désillusions, et puis cette fichue maladie qui lui ronge les organes.

Les rêveries l’apaisent mais ils lui laissent aussi parfois un sentiment de désolation. Doit-elle cesser de rêver ? Doit-elle dire aux oiseaux de partir ?

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1 Trafic en méditerranée, par Stella No. 1997
2 Duo en sursis, par Stella No. 1998.
3 Pour le pardon d’Hannah, par Stella No. 1999
4 Les enfants de l’enfer – Tome 1 : Le pacte. par Stella No. 2012
5 Penragons, par Stella No. 2012
6 Coven, par Stella No. 2012
7 Impulsion, par Stella No. 2013
8 Berkesaï, par Stella No. 2013

Edition : Dans mon ordi.

 

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