Tourne et vole
L'invisible des mots
Tourne et vole
Le silence imprononçable
De la mémoire
Nulle parole n'est assez juste
Pour dire la beauté de la mer
Ses colères et ses parfums
Sa respiration
Nul cri assez révolté
Pour hurler la souffrance
La cruelle brûlure
Dans la main qui recueille
Sur un champ de bataille
Le temps pulvérisé
De l'enfance
Nulle voix n'est assez nue
Pour danser sur le corps
Des amants.

Il  arpente
Bouche muette
Ses chemins de solitude
Semés d'épines ou de lilas
Tourne et vole
L'invisible de ses mots
Tourne et vole
Le silence de sa mémoire.