Une île provisoire
Sur le courant du fleuve
Leur offrait un espace
Dans l'embrasure du temps
Nouée entre les rives
Elle leur tendait la main
Comme on ouvre sa porte
À un matin tout neuf.
Le vent qui ne sait rien
Ni du poids de la crainte
Ni de l'éclat du rêve
Souffla jusqu'à la proue
De leur saison première.
D'aubes désirantes
En silences conquis
De parfums de fruits mûrs
En foudres passagères
De blessures cousues
En hivers consolés
Ils parcoururent la terre
Qui leur était prêtée.